Un double levier financier et maritime
Le secrétaire américain au Trésor a décrit sur Newsmax une stratégie combinant sanctions économiques et blocage physique des flux liés aux ports iraniens. Selon Scott Bessent, cette pression doit empêcher « quoi que ce soit d’entrer ou de sortir des ports iraniens ».
Le responsable américain a affirmé que Washington préparait d’autres annonces pour la semaine du 17 août, sans détailler les instruments envisagés. Il a présenté Cuba et le Venezuela comme des précédents de pression économique, en déclarant que « le Venezuela s’est immédiatement effondré quand nous avons imposé le blocus ».
Le pétrole reste au centre de la position américaine
Le vice-président américain JD Vance a placé jeudi le prix des carburants au premier rang des priorités de Washington face à Téhéran. Sur Fox News, il a déclaré que « l’objectif numéro un » des États-Unis était de « faire en sorte que le pétrole et l’essence restent bon marché pour les Américains », avant de citer l’objectif d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire.
Le détroit d’Ormuz demeure un point de passage critique pour les marchés pétroliers et gaziers. Selon l’Energy Information Administration américaine, les flux pétroliers transitant par Ormuz sont tombés à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025.
La même source évalue les flux de GNL par Ormuz à 0,8 milliard de pieds cubes par jour au deuxième trimestre 2026, après 10,5 milliards de pieds cubes par jour au quatrième trimestre 2025. Cette contraction donne un poids direct aux déclarations américaines sur la sécurité d’approvisionnement et les prix à la pompe.
Un net revirement après l’hypothèse d’un accord
Le durcissement affiché par Scott Bessent contraste avec ses propos du 4 août, lorsqu’il évoquait sur CNBC la possibilité d’un accord rapide avec Téhéran pour rouvrir le détroit. Ces déclarations avaient alors soutenu Wall Street et pesé sur les cours du pétrole.
La voie diplomatique apparaît désormais bloquée, les États-Unis et l’Iran maintenant leurs conditions pour une réouverture du passage maritime. Le recours accru à la pression économique intervient alors que le blocus reste présenté par Washington comme un levier complémentaire aux sanctions financières.
Selon le Trésor américain, les chargements moyens de pétrole iranien sont passés de 1,8 million de barils par jour avant la guerre à moins de 500 000 barils par jour sur le dernier mois disponible.