Une nouvelle salve centrée sur les infrastructures maritimes
Le département américain du Trésor vise des personnes, des sociétés et des actifs associés au réseau de Mohammad Hossein Shamkhani, présenté par Washington comme un magnat du transport pétrolier. Les mesures annoncées mardi concernent en particulier les infrastructures utilisées pour acheminer du pétrole iranien malgré les restrictions américaines.
Les personnes ciblées comprennent notamment des ressortissants iraniens également détenteurs de passeports dominiquais, des acteurs installés à Dubaï, ainsi qu'un citoyen danois et une ressortissante italienne, selon le Trésor. Une dizaine de navires supplémentaires liés à Mohammad Hossein Shamkhani entrent aussi dans le périmètre des sanctions, après une première série ayant déjà concerné une dizaine d'autres bâtiments.
Washington décrit un dispositif de sociétés écrans
Selon l'administration américaine, le réseau opère entre l'Iran et les Émirats arabes unis au moyen de sociétés de conseil, de gestion et de transport maritime présentées comme légitimes. Ces structures assureraient la gestion de la flotte, les opérations commerciales et les circuits financiers permettant de contourner les sanctions.
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a accusé ce réseau de soutenir les revenus du pouvoir iranien. « Le régime iranien survit grâce à la tromperie et le réseau Shamkhani est l'un de ses moteurs les plus rentables. Le département du Trésor ferme les infrastructures financières qui permettent au régime de continuer à menacer la sécurité nationale américaine et le transport mondial », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le Trésor avait déjà visé en juillet 2025 plus de 50 personnes et entités ainsi que plus de 50 navires associés à Mohammad Hossein Shamkhani, lors d'une action présentée alors comme la plus importante mesure américaine liée à l'Iran depuis 2018. En avril 2026, l'OFAC, l'Office of Foreign Assets Control du Trésor américain, avait ajouté plus de deux douzaines d'individus, sociétés et navires liés au même réseau.
Gel des avoirs et risque de sanctions secondaires
Les sanctions américaines entraînent le blocage de tous les biens et intérêts détenus directement ou indirectement aux États-Unis par les personnes et entreprises désignées. Elles interdisent aussi aux citoyens et sociétés américaines de réaliser des transactions avec les cibles inscrites sur les listes de l'OFAC.
Le dispositif a également une portée extraterritoriale pour les entreprises étrangères exposées au système financier américain. Les groupes disposant de filiales aux États-Unis ou utilisant le dollar dans leurs échanges peuvent être concernés s'ils commercent avec les personnes, sociétés ou navires sanctionnés.
D'après le Trésor américain, le réseau Shamkhani a servi à vendre du pétrole brut iranien et russe ainsi que des produits pétroliers à des acheteurs internationaux. L'administration américaine affirme que ces flux ont généré des revenus importants au bénéfice du régime iranien et de la famille Shamkhani.
Un réseau lié à la flotte fantôme russe
Mohammad Hossein Shamkhani est le fils d'Ali Shamkhani, proche conseiller de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei. Les deux hommes ont été tués en février, au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
Le nom de Mohammad Hossein Shamkhani apparaît aussi dans le suivi des navires associés à la flotte fantôme russe. Le site Opensanctions.org le relie au Tagor, un pétrolier arraisonné début juin dans l'Atlantique par la marine française.
Le Tagor, dont le numéro IMO est 9282481, avait déjà été mentionné en juillet 2025 dans les listes américaines de navires bloqués rattachés à des sociétés du réseau Shamkhani. L'arraisonnement en Atlantique a placé ce bâtiment dans le champ des contrôles européens visant les navires soupçonnés de transporter du brut ou des produits pétroliers russes sous sanctions.