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Avis de l’Ademe sur la méthanisation

  • Source : Ademe

La France comptait plus de 450 installations de méthanisation en janvier 2016, une majorité d’entre elles étant situées « à la ferme » (236 sites). Près de 70 nouvelles installations apparaissent(1) notamment chaque année en milieu agricole, un rythme de croissance toutefois insuffisant pour atteindre l’objectif de « 1 000 méthaniseurs à la ferme en 2020 », fixé par le plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA) en 2013(2).

Dans cette publication, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) dresse un état des lieux de la méthanisation en France(3), rappelle les avantages et contraintes des procédés existants et présente les perspectives de la filière ainsi que ses recommandations aux porteurs de projets.

Pour rappel, la méthanisation consiste à produire du biogaz et du digestat à partir de la dégradation de matière organique (« substrat »). Elle peut présenter de nombreux débouchés : selon les cas, le biogaz peut être valorisé pour la production de chaleur ou d’électricité (ou les deux par cogénération), être injecté après purification dans des réseaux gaziers (« biométhane ») ou utilisé comme carburant pour véhicules tandis que le digestat peut se substituer partiellement à des engrais minéraux dont la production d’énergie consomme beaucoup d’énergie.

Cette filière est « émergente en France » selon l’Ademe et est encore exposée à certains risques associés, en particulier financiers et techniques (maîtrise du gisement de substrat, adéquation de l’installation à celui-ci(4), etc.). L’Ademe rappelle que les projets de méthanisation nécessitent des investissements lourds (de l’ordre de 300 000 euros à 15 millions d’euros(5)). Le risque financier lié à ces installations est encore jugé important par les financeurs et le soutien des pouvoirs publics s’avère essentiel. Cette participation publique s’élève actuellement en France à près de 300 millions d’euros par an(6) sous forme de subventions à l’investissement et de bonification des tarifs d’achat(7).

Cette note insiste sur l’importance pour les porteurs de projet de faire preuve d’une « grande rigueur au niveau de la conception »(8), notamment pour planifier et sécuriser en amont les volumes de substrat et identifier clairement les débouchés énergétiques(9). L’Ademe appelle par ailleurs à veiller aux « gains » environnementaux liés au recours à la méthanisation en optimisant notamment les distances de transport liées à l’approvisionnement en substrat ou à l’épandage des digestats. L’Agence souligne enfin la méconnaissance du grand public liée à la méthanisation et la nécessité de mieux informer la population pour favoriser l’acceptabilité de nouveaux projets.

Installations de méthanisation à la ferme

En janvier 2016, l'Ademe dénombrait en France 236 installations de méthanisation à la ferme et 31 installations supplémentaires « centralisées » en milieu agricole.(©Ademe)

Lire l'étude :
Méthanisation en France
Sources / Notes
  1. Ces installations sont répertoriées et carthographiées ici sur le site internet Sinoé de l’Ademe
  2. Le Plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA).
  3. Le développement de la méthanisation est bien plus avancé dans plusieurs pays européens, aux premiers rangs desquels l’Allemagne (plus de 9 000 installations en 2015, principalement à des fins de production électrique) mais aussi la Suède (qui privilégie le développement de biométhane carburant dans les transports).
  4. La principale technologie développée en Allemagne (« infiniment mélangé mésophile ») convient très bien à un substrat homogène avec un faible taux de matière sèche, explique l’Ademe. Or, la France dispose de nombreux substrats à fort taux de matière sèche (résidus de culture, fumier, etc.) qui nécessitent d’autres procédés.
  5. Selon une étude économique de 2016 sur 80 installations.
  6. Dont près de 100 millions d’euros via l’Ademe.
  7. Le tarif d’achat garanti de l’électricité produite par la méthanisation est compris entre 11,19 et 13,37 c€/kWh selon la puissance auquel s’ajoutent une prime à l’efficacité énergétique comprise entre 0 et 4 c€/kWh et une prime pour le traitement d’effluent d’élevage comprise entre 0 et 2,6 c€/kWh
  8. Études préalables, dimensionnement de l’installation, etc.
  9. L’Ademe recommande en priorité l’injection de biométhane dans le réseau ou son utilisation directe sous forme de chaleur lorsque c’est possible en raison du meilleur rendement énergétique.

 

Site de l’Ademe