Pour une juste estimation du coût du « tout renouvelable »

François Lévêque et Dominique Finon

François Lévêque, Professeur d’économie, Mines ParisTech et Dominique Finon, Driecteur de recherche CNRS, Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Professeur d’économie, Mines ParisTech.
Dominique Finon, Directeur de recherches, Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

En France, comme dans le monde, beaucoup envisagent désormais un futur reposant sur les énergies renouvelables et excluant le nucléaire. La cause serait entendue car la production d’électricité grâce à l’atome serait définitivement devenue non compétitive en coût. Ce point de vue a été notamment défendu dans The Conversation avec un article de l’Ademe s’appuyant sur une étude récente. À tort.

Comme le résume David Marchal dans cet article publié en décembre 2018(1) : « la place très prépondérante des énergies renouvelables (EnR) dans le système électrique français (85 % en 2050, 95 % en 2060) est sans appel […] et le nucléaire de nouvelle génération (type EPR) n’apparaît pas compétitif ».

Cette affirmation repose sur les résultats d’un exercice technico-économique basé sur le modèle « Crystal Super Grid »(2) de la société de conseil Artelys. Très complet et détaillé, il optimise au moindre coût les choix d’investissement et d’exploitation heure par heure du système électrique français entre 2020 et 2060.

Pourtant, quatre modèles comparables convergent pour trouver des résultats très différents. Appliqués sur un cas similaire au système français, dans son contexte européen et avec des hypothèses de coût voisines, ils ont été développés par différentes équipes de chercheurs : au DIW de Berlin(3), à l’OCDE(4), au MIT(5) et à l’Université Dauphine(6).

Dans leurs travaux, le nouveau nucléaire (EPR), même cher, bat économiquement les EnR qui n’occuperaient alors à terme qu’une part très limitée du mix électrique.

Comment s’explique cette divergence ?

Ce que disent d’autres modèles robustes

Les quatre modèles cités testent chacun un scénario dans lequel les énergies renouvelables se développent uniquement par le marché, c’est-à-dire sans dispositifs d’appui et d’aide assurés par l’État et garantissant les revenus des investisseurs, et dont le coût est financé par une taxe sur les consommations d’électricité. Elles restent dans un tel cas confinées à une part de production modeste, de l’ordre de 10%.

En effet, à partir de ce niveau, la rémunération des EnR à apports variables retirée des marchés électriques ne permet plus de couvrir les coûts d’investissement. Cette part ne grimpe que de moitié, soit à environ 15%, en prenant en compte le développement des stockages et du pilotage de la demande, moyens qui permettent de rehausser la valeur économique par des arbitrages entre périodes de prix bas dus à des productions abondantes d’EnR et périodes de prix élevés dus à des faibles productions.

Il s’ensuit que le nouveau nucléaire (EPR), même à un coût de 4 000 €/kW et un prix de revient de 75-80 €/MWh, domine le mix électrique à l’horizon 2050 : de 70 à 75% dans le modèle de Dauphine ; 60 à 65% dans le modèle de l’OCDE et celui du MIT quand la part des ENR est de 10%.

La valeur économique de l’électricité est déterminée par la tension entre l’offre et la demande à chaque heure…

La raison en est simple : la rémunération que toute nouvelle centrale dite « pilotable » – comprendre qui peut fonctionner au moment où on le commande et quelle que soit l’heure de l’année – retire des marchés est suffisamment haute pour permettre de recouvrir des coûts fixes très élevés et d’assurer ainsi la rentabilité des investissements.

Dit autrement, les EnR que sont le vent et le soleil ne parviennent pas à évincer le nouveau nucléaire, même cher, car la valeur économique de l’énergie et des services qu’elles produisent ne supporte pas la compétition avec celle de centrales pilotables qui peuvent produire à pleine puissance toute l’année.

Le phénomène est facile à comprendre : puisque leur production varie en fonction des variations météorologiques, les productions des EnR ne suivent pas celles de la demande horaire. Or, comme l’électricité ne se stocke pas à grande échelle, la valeur économique de l’électricité est justement déterminée par la tension entre l’offre et la demande à chaque heure.

Si, par la force des choses, les producteurs d’ENR ont beaucoup d’électricité à vendre en période faste par rapport à la demande horaire, leurs offres combinées font inévitablement baisser le prix des marchés horaires qui les rémunèrent et donc la valeur économique de leurs équipements. C’est un phénomène désormais bien connu(7) des économistes de l’énergie.

Le prix de revient des EnR peut être bas, et même de plus en plus bas à l’avenir, sans qu’elles soient pour autant rentables…

Cette baisse de la valeur de l’électricité produite devient spectaculaire quand on « pousse » le développement des ENR par des dispositifs de soutien et quand les capacités installées en éoliennes et en panneaux photovoltaïques dépassent la puissance demandée en pointe. Prenons l’exemple des capacités allemandes actuelles en éoliennes et panneaux photovoltaïques (40,7 GW d’éolien et 49,6 GW de solaire). Elles se rapprochent de la demande de pointe qui est de 100 GW environ. Et bien, on observe en Allemagne des épisodes de prix nul, voire négatif, de plus en plus fréquents.

Ce phénomène de baisse de valeur des capacités EnR est bien présent dans les simulations réalisées par les modèles précités. Ainsi, dans celui de l’OCDE, le prix moyen annuel diminue au fur et à mesure du renforcement de l’objectif de cible de parts d’énergies renouvelables à atteindre. Les prix sont nuls sur un nombre d’heures croissant : 1 000 h/an quand la part de production d’EnR variables (EnRv) atteint 50%, et de 3 000 à 3 800h/an avec 80% de production d’EnRv (rappelons qu’il y a 8 760 heures dans une année).

C’est cette chute de la valeur économique de chaque nouvelle centrale EnR qui explique l’arrêt des investissements dans les technologies à apports variables quand leur part dans la production totale atteint les 10 et 15% mentionnés plus haut. En corollaire, les capacités non intermittentes se développent à des niveaux élevés, par exemple, selon le modèle de l’OCDE, 65% de nucléaire avec 49 GW de capacité pour une demande stable.

En d’autres termes, il ne faut pas confondre prix de revient et prix de marché. Le prix de revient des EnR peut être bas, et même de plus en plus bas à l’avenir, sans qu’elles soient pour autant rentables, leur déploiement massif se soldant par des prix de marché de plus en plus faibles.

Les consommateurs paieront

Pour qu’elles se développent au-delà de la dizaine de pour cent, il convient donc de subventionner les EnR par des dispositifs d’aide garantissant le revenu par MWh produit (ce qui se fait par les tarifs d’achat ou par des contrats versant une prime ajoutée à la rémunération par le marché horaire) ; et ce alors même que leur prix de revient moyen par MWh est bas. Dès lors que l’on maintient ces dispositifs pour permettre aux EnR de monter de 85 à 95 % de la production totale du système, le nucléaire voit logiquement sa part décroître. Dans l’exercice de l’OCDE et dans celui du MIT, sa production s’annule lorsque les EnR atteignent 55 %.

Ce type de politique se traduira pour les consommateurs par un surcoût croissant en comparaison d’un scénario sans forçage. Dans les modèles de l’OCDE et du MIT, le surcoût est de l’ordre de 25 à 35% pour un système avec 50% de part de production d’EnR par rapport au mix économiquement optimal ; puis il monte à 75% environ pour une part de 75 à 80% d’EnR.

Il faudra bien que les consommateurs paient ces dispositifs d’appui, par exemple par le paiement d’une surtaxe par MWh vendu. Celle-ci devient vite très élevée au point qu’elle pourrait ne pas laisser insensibles de nouveaux « gilets jaunes » dans quelques années… En Allemagne, où la part de production pour les EnR se situe à 28%, elle est déjà de 70 €/MWh, soit un montant plus élevé que le prix de marché auquel elle s’ajoute. En France, la partie de la taxe qui est consacrée au financement des EnR n’est encore que de 10 €/MWh pour une part d’EnR hors hydroélectricité de 9% dans le mix électrique national.

La recette critiquable de l’Ademe

Dans les scénarios de l’Ademe, les EnR atteignent pourtant sans forçage 85% de part de production en 2050 et 95% en 2060 et le nouveau nucléaire ne se développe aucunement. Ce alors même que le modèle prévoit que le parc électrique français en 2050 compte 95 GW d’éolien et 80 GW de photovoltaïque en face d’une demande de pointe de 100 à 110 GW en 2050-2060, des niveaux qui devraient donc faire effondrer les prix, comme expliqué plus haut.

Comment est-ce possible ?

Ces résultats surprenants de l’Ademe s’expliquent par des hypothèses extrêmes concernant plusieurs éléments du système électrique et son environnement. Elles permettent que soit maintenue la valeur économique des productions variables des EnR au fur et à mesure de leur développement. Dans les autres modèles, cette valeur plonge très vite car ils ne contiennent pas ces hypothèses hétérodoxes.

Ce sont ces hypothèses extrêmes et quelques autres qui permettent de « sauver » le soldat EnR de la noyade économique…

Parmi elles, citons :

  • une flexibilité gigantesque dans le système : des demandes effaçables à très grande échelle, c’est-à-dire d’interruption immédiate de la consommation dans tous les usages. Elles conduisent à un total de 60 GW, au bas mot, sur une demande totale de 100-110 GW en pointe ;

  • des importations/exportations miraculeusement alignées sur les besoins d’équilibrage du système français, avec comme levier un triplement des lignes d’interconnexion avec les pays voisins ; un essor qui ne tient aucun compte des énormes contraintes d’acceptabilité des lignes à haute tension(9) ;

  • le développement téléguidé d’usages baroques de l’électricité pour absorber les surplus : production de chaleur industrielle, d’hydrogène industriel et d’hydrogène pour des véhicules spécialisés, ou encore d’hydrogène pour produire du méthane concurrent du gaz naturel et du biométhane promu par ailleurs.

Ce sont ces hypothèses extrêmes et quelques autres qui permettent de « sauver » le soldat EnR de la noyade économique et de dégager du même coup le nucléaire. Il faut beaucoup de « si » pour que tout l’environnement du système de production électrique se façonne comme le souhaite l’Ademe. En réalité, il faudrait un planificateur d’une d’autorité considérable pour l’imposer. Il faudrait également que se développe un système numérique de surveillance orwellienne de tous les consommateurs qui, tel Big Brother, commanderait à distance et chaque heure les consommations de presque tous les agents en fonction des variations météorologiques et des variations de prix associés.

Au bout du compte, on ne peut que regretter le mauvais usage du raisonnement économique par l’équipe de l’Ademe. Une démarche rigoureuse et non partisane aurait au moins impliqué que soit testé l’effet de ces hypothèses originales seules ou combinées sur les résultats. On peut le regretter car si on décide de faire toute la place aux renouvelables intermittentes comme le propose l’Ademe, cela devrait coûter cher à la France par rapport à un futur raisonnable où toutes les options bas carbone, nouveau nucléaire y compris, auraient concouru sur un pied d’égalité économique.The Conversation

Commentaire

DELALEE Vincent
Bernard Fourcade

Bonjour,
Auriez-vous une infographie illustrant ce très interessant article?
Merci.

EnergEye

Citation: "Or, comme l’électricité ne se stocke pas à grande échelle, la valeur économique de l’électricité est justement déterminée par la tension entre l’offre et la demande à chaque heure."

Réponse:
>> Grande échelle, batterie de 900 MWh:
Florida utility to close natural gas plants, build massive solar-powered battery
https://arstechnica.com/information-technology/2019/03/florida-utility-…
>> A Giant Tesla Battery in Australia Has Saved $40 Million in Its First Year
https://www.ign.com/articles/2019/01/01/a-giant-tesla-battery-in-austra…

studer

La grande échelle, ce sont des capacités de stockage qui se mesurent en TWh !! (1 million de fois plus !)
Sinon comment ferez-vous en période de météo défavorable (pas de vent, faible soleil pendant plusieurs jours consécutifs) pour soutenir l'activité économique ?
Les batteries ne sont utilisables que pour des applications très limitées (logement isolé sans électroménager...) ou pour filtrer les fluctuations à haute fréquence d'une production en période météo agitée.

EnergEye

Le point fondamental à comprendre c'est que seulement quelques heures de stockage suffisent pour passer à 90-95% d'EnR.
Pour que le monde passe au 100% EnR (pour tous les usages), 8 TW x 6 heures de batterie suffiront.
Plus d'informations grâce à cette étude majeure (2019):
>> "Battery storage will reach about 8 TW power capacity and 48 TWhcap of energy storage capacity"
https://www.nature.com/articles/s41467-019-08855-1
Et aussi:
>> http://energywatchgroup.org/wp-content/uploads/EWG_LUT_100RE_All_Sector…

Bruno Lalouette

Comme toujours, pas de solaire thermique, alors que c'est la clé de tout!
Les lobbies imposent encore leur vue d'un tout électrique pour satisfaire leur unique intérêt!
Pourtant, en 25 ans, le monde entier peut faire sa révolution!
Le stockage par dalle de chaleur et la transformation de l'énergie fatale, avec la géothermie et l'énergie bois comme complément, suppriment totalement l'épineux problème du stockage par batteries!
Cette piste n'est absolument pas explorer!

Claude Choppin

Bien vu pour l'energie bois, mais à condition de l'utiliser en cogénération et qu'obligation soit faite aux centrales adoptant le bois ou la biomasse à fonctionner en production simultanée d'électricité sous un rdt tres haut ce qui aura pour conséquence de délivrer une énergie électrique pilotable et une chaleur à bon marché et de tirer la taille des centrales vers le bas (très bon signe pour une exploitation des forêts raisonnable). Il existe des solutions tres performantes et vieilles comme le monde, mais dont la pertinence est contestée par l'ADEME. A partir de là, que faire ?

Bruno Lalouette

Récupérer le CO2 neutre des centrales à cogénération pour en faire du syngas carburant tout aussi neutre, augmenteraient leur rentabilité et permettraient de les démultiplier sans en augmenter la taille pour en faire une solution vraiment locale.
Je pense que comme les agriculteurs avec le biogaz, le secteur bois et les propriétaires forestiers mènent très mal leur barque, ce qui vaut aussi pour les professionnels des thermes qui devraient étendre leur activité au ludique et au chauffage plutôt que de se cantonner au médical remboursé par la Sécu.
La encore, le référendum est la solution, si tous ces gens se regroupaient et présentaient des candidats aux différentes élections pour casser l'oligarchie étatique dominante qui impose sans cesse ses vues pour servir son unique intérêt, ce que représente très bien l'Ademe, je suis certain que des millions d'électeurs adhéreraient.
Il ne faut rien attendre de Paris, il faut faire soi-même!
Le meilleure exemple est l'express au frais du contribuable et l'augmentation de 40 millions de voyageurs pour CDG alors qu'il en capte déjà 80 millions!
Résultat environ 130 aéroports subventionnés par nos impôts, se partagent très inégalement 60 millions de voyageurs alors qu'il faut au minimum 1 million de voyageurs par an pour être rentable!
Et l'on nous bassine tous les jours sur la pollution francilienne alors que le gouvernement qui fait ça voulait une taxe carbone payée par ceux qu'il fait crever dans les provinces pour financer la voiture nucléaire des bobos parisiens!
Le mouvement gilets jaunes étouffer par l'extrême gauche complice malhonnête du gouvernement, doit renaître encore plus fort!

rochain

Tout l'argumentaire de cet article est basé sur l'hypothèse, car il ne s'agit bien que d'une hypothèse, que l'électricité ne se stocke pas. C'est déjà faux aujourd'hui car EDF stock massivement ses production de nuit qu'aucun client ne lui achète dans la bonne centaine de step qui lui appartient, et pratique depuis 50 ans un forçage auprès de clients captif qui ont installé un ballon d'eau sanitaire chauffé la nuit et dont ils n'ont besoin que le jour. Et ce sera encore plus faux demain quand V2G + Smartgrids justifieront enfin les grandes capacités de batteries (>40 KWh) d'automobiles électriques qui ne servent aujourd'hui (pour les 2% qui en possèdent) que 5 jours par an, le reste de l'année se contentant de 8 à 10 KWh.
Si seulement la moitié seulement du parc de véhicules automobiles, soit 20 millions était électrique (64 KWh) nous aurions une capacité de stockage quasi permanent de 1,3 TWh. Et cela est inéluctable à l'échéance de la réflexion. Les augures se sont toujours trompés, et cela continuera car les raisonnement s'appuient tous sur des chiffres parfaitement exactes le jour où ses prédictions sont formulées mais avec le temps ils deviennent complétement obsolètes aux échéances où ces prédictions sont projetées.
L'argument des auteurs de la lettre ne tient donc pas, et l'ADEME a probablement raison, et s'ils se trompent, c'est pour d'autres raisons, on attend les contradicteurs.
Serge Rochain, Narbonne
http://astronomie.narbonne.free.fr/
http://a-p-s.cabanova.com/
http://iste.cabanova.com/
http://climso.fr

Bien cordialement,

LUCCHINI PATRICE

Fatiguant et cocasses à la fois ces affirmations sur le stockage de l'électricité dont vous êtes le seul à y croire et à mettre en doute la parole et l'expérience des meilleurs spécialistes de la question. L'exemple de la batterie automobile est particulièrement amusant, la mise en ligne de l'ensemble des batteries d'automobiles dont il résulterait (virtuellement) une capacité de stockage "permanente" de 1,3 TWh, utilisable à d'autres usages que l'automobile. On peut même aller encore plus loin en multipiant le nombre d'automobiles et là c'est vraiement exponentiel. Le monde est sauvé du nucléaire maudit, un monde merveilleux de l'imagination sans borne (ou avec, mais alors de batterie électrique).

Rochain

Vous doutez de quoi ? Que la moitié de 50 soit 20 ? Qu'il y ait 40 millions de voiture en France ? Que la moyenne des capacité des batteries de ces voitures soit de 64 KWh ? Que 64KWh par 20 millions fassent 1,4 TWh ? Qu'il soit possible de réinjecter l'électricité de sa batterie dans son usage au domicile ou même dans le réseau général ? Ou peut être pensez vous que les experts de L'ADEME ne sont que des imbéciles ? Vous êtes du 19em siècle ?

rochain

Sur les clavier il semble que vous ignorez que le 4 voisine le 5 et que la taille des touches d'un téléphone peut être la cause du 50 à la place du 40, mais je vois que cela ne vous est pas venu à l'idée puisque vous choisissez de faire 50/2 au lieu de corriger naturellement 40/2 s'agissant de données indiquées dans le message. Mais cela vous a donné l'occasion de souligner votre inculture

Serge Rochain, Narbonne
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LUCCHINI PATRICE

oui, non,non,non,oui aujourd'hui et peut-être demain, parfois, voilà,! vous avez deviné.

la bouée

1,4 TWh c'est peanuts en regard de la consommation française de 474 TWh. Ce n'est pas sérieux. L' ADEME n'est pas crédible.

rochain

Ce qui ne me semble pas sérieux c'est de vouloir stocker la totalité de la production annuelle des 58 réacteurs nucléaires…. quelle idée saugrenue. Sans doute imaginez vous une nuit permanente durant une année entière, et calme plat coté vent durant là aussi une année entière, sans oublier que cet arrêt total inclut l'arrêt des chutes d'eau et de toutes les autres sources d'énergie car les 58 réacteurs nucléaires n'ont fournis en réalité que 71,7% de cette consommation électrique soit 340 TWh.
…. c'est étrange comme des convictions quasi religieuses peuvent faire perdre toute logique..?????

Hervé

1.4Twh commence a faire un peu. C'est insuffisant pour du 100% Enr mais doit suffire a en faire 80 à 90%. C'est plus le mode proposé qui est discutable. C'est pas demain l'avant veille que le pays sera converti à 100% voitures électrique avec presque 100% des véhicules branchés en quasi permanence et encore 100% des propriétaires qui acceptent de se déplacer au rythme de la météo. Néanmoins si le V2G est peu crédible (le système de recharge actuel semble avoir oublié cette fonctionnalité) une partie du parc de VE va certainement agir en placant sa conso au bon moment.
Concernant la crédibilité de l'ademe, j'avais lu un de leur rapport ou ils envisageaient 40% d'effacement. Bon.... J'ai toujours été surpris que ce type d'agence ou les écolos en général qui semblent bien plus préoccupés par donner une fin rapide au nucléaire que de "sauver la planète" si on en croit les alarmistes climatiques. A croire qu'elle est pas si en danger que ça, ou alors c'est des gens qui sont compliqués dans leur tête...

Claude Choppin

Pas d'accord Rochain. L'article ne s'appuie pas sur l'impossibilité de stockage de l'électricité, il se propose tout simplement d'affecter au prix du kWhe produit par des moyens non pilotables (le fait que ces moyens soient du type renouvelables ou pas n'est pas le sujet) les coûts nécessaires pour qu'lls offrent le même type de service et singulièrement la même disponibilité que toutes les autres offres qui peuvent se passer de tout investissement supplémentaire pour rendre leur utilisation comparable au nucléaire. Cela me parait parfaitement équitable. Alors dans ces conditions, il est clair que le coût des energies renouvelables non pilotables, même à la baisse, ne pourront pas être compétitives face au kWhe nucléaire et non compétitives face au kWhe issue d'une energie renouvelable pilotable. Il est tres curieux d'ailleurs que la PPE actuelle continue d'encourager éoliennes et PV qui ont largement profité de tarifs de rachat prohibitifs, tandis que la biomasse, au hasard, reste confinée à la production de chaleur au moment même où la gazéïfication change la donne de façon considérable.Il est vrai qu'on en parle pas beaucoup et c'est vraiment tres dommageable.

rochain

Ha bon ? cette conclusion n'est pas basée sur cette affirmation sans fondement :
"""Le phénomène est facile à comprendre : puisque leur production varie en fonction des variations météorologiques, les productions des EnR ne suivent pas celles de la demande horaire. Or, comme l’électricité ne se stocke pas à grande échelle, la valeur économique de l’électricité est justement déterminée par la tension entre l’offre et la demande à chaque heure.""""
Aurais-je mal lu ? C'est tellement facile à comprendre que c'est la clef du problème !!!

Et un système intermittent qui intègre le stockage de sa production devient un système pilotable….. et même bien plus pilotable qu'une centrale nucléaire qui n'a pas la souplesse dont on se gargarise. Rien ne s'y improvise en quelque minutes comme le prétendent de soi disant démonstrations de baisse de regime du flux neutronique qui n'a rien à voir avec une baisse de la production électrique qui y serait associée. En revanche, libérer un potentiel électrique depuis une batterie c'est instantané et c'est pourquoi les moteurs électriques alimentés par une batterie sont toujours au meilleur couple force/résistance et qu'ils sont deux fois plus efficaces qu'un moteur thermique.

Quant à décréter que le W REN ne pourra pas rivaliser avec le W nucléaire c'est encore une affirmation qui ne s'appuie sur rien, et sur d'autant "rien" que le prix de revient déjà aujourd'hui du watt PPV sur grande surface est inférieur à celui du nucléaire qu'il y ait de la demande ou pas. Ces études que l'on n'a pas lu autrement qu'à travers le prisme des deux auteurs de l'article peuvent aussi bien être, partiales à la même mesure que ces deux auteurs eux-mêmes. Et ce n'est pas avec des boniments non chiffrés que l'on peut me convaincre de quoi que ce soit, et surtout pas sur un sujet dominé par le lobby du nucléaire. En fin de compte il y a deux concepts de poids dans ce genre de discussion :

1) Que font les autres ? Sont-ils idiots ? Pourquoi le nucléaire qui représentait 17% du mixe électrique mondial il y a 10 ans n'en représente-il plus que 10% aujourd'hui ? Sommes nous les seuls intelligents de la planète avec nos 70% de nucléaire ?
2) Quoi que vous sortiez du sol de la planète vous consommer une ressource qui a terme se tarira inéluctablement et sauf à croire que notre espèce va s'éteindre avant ces échéances il faudra se tourner vers un pourvoyeur d'énergie extérieur, le seul qui soit inépuisable, du moins à l'horizon des 4 à 5 milliards d'années à venir, le Soleil. Alors pourquoi retarder l'échéance puisque nous avons déjà maintenant les moyens de choisir cette solution ? Laissons à nos descendant le capital planétaire dont nous avons nous même hérité, ile en feront sans doute quelque chose de plus utiles que de le transformer en simple énergie, quelque chose dont nous n'avons pas su comprendre l'importance dans notre frénésie boulimique d'énergie, probablement le plus mauvais usage que nous pouvions faire de tout ce que nous avons déjà transformé en énergie.
Serge Rochain
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Rochain

Et qui nous est revendu 99 € sans même que EDF ne voit passer ces électrons directement injectés dans le réseau par les producteurs et sur lesquels EDF se gave de 11€ par MWh sans rien faire si ce n'est de pleurnicher qu'il a l'obligation de les acheter pour avoir le privilège de les revendre

CHOCHO

Cher ROCHAIN, et de combien se "gave" EDF dans les cadre de ses obigations découlant du dispositif ARENH découlant lui-même de loi NOME qui l'oblige à vendre une part de l'energie nucléaire donc publique financée par tous les citoyens qui paient des impôts ou tout simplement une contribution républicaine au service du fonctionnement de l'état, vendre de l'énergie disais-je à vil prix à ses concurrents directs qui s'empressent de la revendre à ses clients moins chère que le prix de vente direct de EDF à ces mêmes ex-clients. ça s'appelle mettre en péril le bien commun, le bien public, ça s'appelle flouer les citoyens qui sans s'en rendre compte, contribuent à mettre en difficulté un tres bel outil auquel ils sont attachés. Plus précisément, ça s'appelle de la concurrence faussée, ça s'appelle l'obligation pour EDF de réchauffer ses concurrents-serpents dans son sein.Et qui se gave dans cette pratique ultra-libérale grossière ?

rochain

Certes, je ne défends pas cette procédure ARENH qui me semble aussi stupide qu'à vous et qui a été inventée pour faire croire qu'il y a une concurrence.
Ce que je défends ce sont les vrais producteurs d'ENR qui sont la seule vraie concurrence, pas ceux qui ne vivent qu'avec le racket de l'ARENH
L'EDF est victime des premiers et profite des seconds, ne mélangeons pas les problèmes ::
La concurrence est une chose et la production d'énergie alternatives en est une autre.
Je serais ravie qu'EDF EN s'activent plus en France qu'elle ne le fait au lieu d'aller installer des parcs éoliens et des fermes solaires en Amérique du Sud

CHOCHO

Rochain, au moins nous sommes d'accord là dessus comme je serai ravi s'intéresse à ma fllière, la gazéïfication des déchets carbonés secs et soilides. Nous sommes à peu près les seuls au monde a savoir faire tourner un groupe électrogène au syngas avec une maintenance moteur à peu près identique à celle d'un moteur biogaz de méthanisation. Et de plus c'est de l'énergie pilotable, ce qui à mes yeux est extrêmement important car mon systeme peut fonctionner en ilotage du réseau si besoin était...et le besoin sera. Il peut aussi y avoir une complémentarité possible avec le solaire. Et EDF gagne plus qu'il ne perd.Le potentiel d'installations en France est difficile à évaluer sans systeme de rachat. Il faudra que la T de CO2 décolle, bien sür ça passe par une refonte totale de la fiscalité française. Et contrairement à ce que dit l'ADEME dans une note récente, c'est parfaitement adapté aux territoires iliens et encore plus outremer. Et quand nous aurons un peu de retour d'expérience, nous irons aider nos amis Africains.

sarpion

Tout a fait d'accord avec ce commentaire. Quant à l'ADEME c'est l'agence de l'antinucléaire, comme Mr.Hulot, avant la lutte contre le réchauffement climatique !

rochain

L'ADEME est un organisme d'état, lequel état soutien le nucléaire depuis 60 ans, soit depuis son début.
Ce genre de remarque qualifiant l'ADEME d'antinucléaire est on ne peut plus déplacé. Son rôle est de suivre l'évolution des moyens de production et d'utilisation de l'énergie. Avec les petits soldats du nucléaire, quoi qu'il arrive l'ADEME ne devrait pas évoluer et bétonner sur leurs conclusions historiques qui faisait la part belle au nucléaire ? J'aurais commencé à me méfier de l'ADEME si leurs rapports d'études étaient toujours les mêmes depuis qu'ils existent, puisqu'ils sont payés avec mes impôts.

chocho

Rochain, vous êtes incroyable, si vous étiez un expert de la gazéIfication, je le saurais puisqu'à tout casser il y en a une douzaine en France, je les connais presque tous et Rochain n'est pas un nom qui figure sur ma liste. Si je vous dis que l'ADEME a sorti une note où elle démontre qu'elle marche complètement à côté des ses pompes sur ce sujet, c'est que je peux le prouver et qu'ayant travaillé une bonne quinzaine d'années de ma vie sur le sujet, je sais en un coup d'oeil posé sur un gazéïfieur ce qu'il est capable de faire. Or la structure pour laquelle je travaille encore aujourd'hui, Edda-Energie, a pour directeur scientifique Jean Lucas, ce qui se fait de mieux en France assurément, et peut-être dans le monde.Et c'est avec l'autorisation de ce grand monsieur qui m'a presque tout appris que je peux critiquer non pas l'ADEME dans son entièreté, mais pour la façon indigne dont elle traite la gazéïfication des déchets secs et solides incluant bien sûr les déchets de biomasse. Excusez moi Rochain, mais moi je ne suis pas expert en toute matière et quand je n'ai rien à dire sur un sujet donné, je ferme ma gueule.

rochain

C'est aussi ce que je fais, cher Monsieur Chocho et montrez moi seulement un seul message dans lequel je parle de gazéification.
Pour l'instant je crois que je viens de respirer du gaz hilarant : - ) Je fini par me demander quelle est la proportion de gens raisonnables sur ce forum.

CHOCHO

Rochain, vous voyez c'est comme ça qu'on commence un message. Il faut commencer par citer le nom de la personne à qui vous répondez. Si vous ne le faites pas, il est tres facile de se tromper d'interlocuteur et le dialogue devient impossible. Pour ce qui me concerne le Monsieur est de trop, CHOCHO tout court ça me va trés bien. Dans mon dernier message je ne disais pas que vous vous mêliez de gazéïfication, mais simplement que je faisais moi-même partie de la douzaine de personnes que l'on qualifier d'experts français dans ce domaine, en réponse à votre plaidoyer pour l'ADEME qui, pour ma spécialité, est en dessous de tout, et tient des propos qui pourraient tuer le meilleur procédé du Monde dans l'oeuf.
On voit bien qu'on reçoit des réponses et qu'on émet des opinions qui ne touchent pas la personne concernée, d'où la nécessité de nommer au début de chaque message à qui on s'adresse sinon, ça devient inaudible et incohérent.

rochain

Cher CHOCHO sans Monsieur,
Je ne sais pas ce que vous baragouinez dans ce nouveau message mais dans le précédent vous avez écrit :
""""Rochain, vous êtes incroyable, si vous étiez un expert de la gazéification, je le saurais puisqu'à tout casser il y en a une douzaine en France, je les connais presque tous et Rochain n'est pas un nom qui figure sur ma liste."""

Alors si ce message ne me désigne pas comme quelqu'un qui aurait prétendu être expert en gazéification, c'est que je suis le pape !!
Vous êtes avec ce nouveau message dans l'incohérence la plus totale en m'expliquant le contraire de ce que vous faites, et je vous invite à en rester là car je n'ai rien à faire de vos démêlées gazeuses avec l'ADEME et suis bien content de ne pas être dans votre liste de spécialistes-gazeux.

CHOCHO

Sarpion, d'accord avec vous, soutenir comme ils le font solaire au sol et pire, les éoliennes au sol, je suis précis, j'ai bien dit dans les 2 cas au sol et rien d'autre,
c'est un boulot de sape contre EDF, une entreprise qui nous appartient à tous à 85%, car ces 2 filières n'ont pour religion que le fric, un fric assez facile à gagner et sans grandes contraintes. Donc ADEME a une fâcheuse tendance à voler au secours de la victoire facile. J'ai adopté pour maxime ces vers de Corneille: "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire".
Quant à Hulot et sa position sur le nucléaire, avant d'être clairement informé, et pour ça il faut être au coeur du système électrque, on ne peut pas comprendre de l'extérieur. Il s'est trompé, il l'a reconnu courageusement, et surtout il est sorti du piège dans lequel il était avec panache. Et dans mon répertoire théatral, il n'y a pas que Corneille, Edmond Rostand y figure aussi en bonne place

LUCCHINI PATRICE

Sans parler de l'obligation d'achat (de 15 à 20 ans selon le régime d'autorisation) et d'accès au réseau prioritaire pour l'énergie éolienne intermittente à un prix très supérieur au marché, ce qui plombe les comptes d'EDF.

rochain

Ces contrats d'obligation à prix de cession de 88€ ont disparus depuis 2016 mais ceux qui ont été signés antérieurement sont soumis à l'obligation des conditions du contrat jusqu'à leur terme. De toutes les façons il est abusif de dire qu'ils plombent les comptes de l'EDF puisque l'EDF revend cet électricité à 99 €. Ce que l'on peut dire c'est que l'EDF pourrait gagner plus en achetant moins cher aujourd'hui car la chute de prix des ENR permet d'acheter du PPV de jour, lorsqu'il y en a le plus besoin, à un prix inférieur à 60 €. Ainsi EDF pourrait multiplier le prix de cette revente par 4. EDF a bien d'autres raisons de se trouver déficitaire avec les investissements à réaliser sur les centrales nucléaires pour pouvoir les prolonger, sans parler des nouvelles expériences aussi malheureuses que couteuses de l'EPR

Hervé

Bonjour Rochain,
ça marche pas comme ça. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que vu de EDF, quand les ENR produisent, ils stoppent leurs centrales conventionnelles. La CSPE est censée compenser la différence entre le prix d'achat imposé et le prix marché. Mais comme leurs cout marginaux, sont bien plus bas que le prix marché, ils bouffent la marge sur la production, donc ça générè des pertes conséquentes, y compris pour le non subventionné. Une boite de cette taille fait dans les 10% de résultat. Donc il ne faut pas grand chose pour manger une partie significative de ce résultat. Il suffit que les ENR bouffent 2 ou 3 points pour pouvoir affirmer que ça plombe les comptes de EDF.

D'autre part, ~99€ du Mwh est le tarif particulier et PME . Pour les grands consommateurs c'est plutôt entre 50 et 60€ voire moins...

Pour que EDF gagne réellement des sous sur les ENR, il faudrait qu'ils les achètent à un prix inférieur à leur cout marginal. L'ennui c'est que le cout marginal du nucléaire est proche de 0... Donc les ENR ne les intéresseraient que pour remplacer les centrales au gas / charbon, qui sont utilisées assez rarement...

choppin

Bonsoir Hervé,
J'apprécie la rectification que vous adressez à Rochain et je saisis la balle au bond pour vous demander pourquoi EDF pratique ce qu'elle dénonce à savoir, construire des centrales non pilotables, en particulier des éoliennes ? Et ce alors qu'il existe des ENR pilotables qui cherchent vainement un débouché pour l' électricité qu'elles sont susceptibles de produire, et ce y compris pour les territoires insulaires et y compris pour les DOM-TOM ? Il y a là une stratégie qui m'échappe totalement. Surtout pour une tpe comme la notre dont le but final, apres avoir prouvé notre savoir faire en France, sait tres bien que son avenir passe par les pays en développement riches en biomasse et en déchets carbonés secs et solides. Nous préfèrerions et de loin travailler avec une entreprise publique ou une sté de type coopérative.Ce qui s'annonce comme futur pour EDF me fait très peur.

Hervé

Bonjour choppin.
Bonne question. La raison est certainement multiple: Les conditions d'achat (injection prioritaire, subventions...) font que cette activité est lucrative (Elle l'est pour les autres donc pour eux aussi). Ça leur permets de prendre de l'argent qui serait allé à d'autres sociétés de toute façon. ça leur fait aussi de la bonne Comm (dans la vallée du Rhône, ils décorent certains sites nucléaires avec quelques éoliennes pour verdir leur image...)
Selon les anti éoliens, EDF ENR installerait des parcs car ils ont une meilleure image auprès des populations puis les revendrait à des financiers étrangers. Je l'ai entendu, je ne sais pas si c'est vrai .

Une autre raison possible est que si vous associez des éoliennes à des centrales thermiques, avec les prochaines taxes carbone ça fait une production économiquement viable. Certes du coté du CO2, c'est pas terrible mais mieux que du thermique seul. On peut supposer qu'ils envisagent qu'une partie du mix sera produit comme cela. La consommation d’électricité pourrait grimper à l'avenir ou peut être on envisage une baisse du nucléaire? Je sais pas

Concernant votre technologie, y a t il un site ou on peut voir? vous m'aviez peut être déjà donné mais je n'ai pas vu, merci

CHOCHO

Bonsoir Hervé
Non Hervé je ne crois pas vous avoir déja documenté, et nous n'avons pas un site internet digne de ce nom. Tous nos faibles moyens sont mis dans la recherche. Joignez moi là je vous enverrais toutes les explications (enfin pas toutes) . claude.choppin@edda-energie.com, j'autorise les familiers de ce blog à utiliser ce moyen pour être documenté s'ils le souhaitent.
Cordialement
Claude Choppin dit CHOCHO

LUCCHINI PATRICE

Bonjour Hervé,
Et merci d'avoir répondu à rochain précisément. Je n'ai rien à ajouter et j'espère simplement que cela éclairera un peu le débat sur "EDF qui se goinfre" comme le dit rochain, chantre antinucléaire primaire.

rochain

Cher Monsieur Lucchini , cher Monsieur Studer, il faudra m’expliquer ce qu’est un chantre antinucléaire secondaire puisque selon vos aimables propos je suis un chantre antinucléaire primaire, ce qui vous donne sans doute de l’importance. Ce genre de nuance me semble important à connaître dans la mesure où vous référez à des experts économistes dont la logique m’échappe.
En effet, quand j’achète quelque chose 88 et que je le revends 99, sans rien faire, qui plus est, si ce n’est rédiger une double écriture comptable, je considère avoir gagné 11, alors qu’une espèce de gourou de l’économie nous assure que cela ne marche pas comme ça ! Ah ! Selon cet expert, j’ai perdu 88 car j’aurais dû l’acheter zéro. Vu ainsi, moi qui suis un primaire non seulement dans le nucléaire mais aussi en économie, j’aurais naïvement pensé que j’avais gagné 99…. Nous ne devons pas sortir de la même école d’économie, la mienne était l’école primaire, donc faite pour les gens comme moi, tout cela est cohérent. J’ai donc dirigé une entreprise de façon primaire, durant de nombreuses années, qui faisait chaque année depuis la première de sa création des bénéfices primaires en m’appuyant sur cette logique économique primaire.
Votre subtile logique vous conduit à remarquer que les parcs éoliens et fermes solaires sont situés loin des lignes de transport à haute tension et des transformateurs, alors que lors de la construction des grands barrages hydroélectriques de la période pré-nucléaire, comme les centrales atomiques plus tard, avaient la chance de se trouver près des lignes à haute tension qu’un hasard miraculeux avait placé là, fort opportunément.
Finalement, je vois que cette étrange logique comme son pendant éconocomique sont des valeurs très partagées ici, au moins par un amusant trio qui concourt au premier prix de bêtise dont on se demande si votre comparse Studer le borgne ne va pas vous ravir ce titre tant convoité.
En effet, je lis qu’il serait nécessaire de stoker l’abondante production du solaire de l’été pour en disposer en hiver lorsque le Soleil est au plus bas (sur l’horizon, s’entend, et au plus court, s’agissant de la durée d’ensoleillement). A moins qu’il ne s’agisse d’un manque de curiosité il faut en effet être borgne et ne voir que les creux ou les bosses mais un seul des deux profils pour ne pas constater la complémentarité entre les productions saisonnières de l’éolien et du solaire. Je me permettrais donc de suggérer au trio que je pense plus préoccupé de contester tout et n’importe quoi, par principe, plutôt que par la raison, fruit de la recherche, et donc nullement borgne, de consulter par exemple ce site de chiffres (par opposition à opinion) et d’en retenir ce que l’on doit y voir :
https://www.connaissancedesenergies.org/electricite-etat-des-lieux-sur-…
Et pour ce qu’il en est du stockage sur période courte, et même très courte au niveau du cycle diurne, bien sûr, puisque Studer l’affirme, le stockage dans les batteries de voiture ce n’est qu’une vue de l’esprit. Studer est lui aussi, là encore, un expert universellement reconnu du monde de la batterie.
Je me suis laissé dire qu’une batterie, outre le nombre des charges et décharges, souffre surtout de n’être que très rarement déchargée ce qui pose un problème pour les batterie de grandes capacité offrant des autonomies de 400 km pour n’en faire que 30 par jour. En effet, en ne rechargeant que tous les 10 à 15 jours, ce que l’on pouvait faire avec une voiture essence sans problème, on s’aperçoit vite au 10 em jour, celui de la recharge sur la prise standard du garage (comme se rechargent 90% des voitures électriques) à 2,2 KW, que la nuit n’a pas 36 heures, ce qui fait que combine aidant on remarquera vite qu’il faut la recharger tous les 5 jours pour qu’une douzaine d’heures soit suffisantes. Ainsi les batteries ne se videront jamais en dessous de la moitié de leur capacité en dehors des longs voyages de la période des vacances….. ce qui accessoirement aura à terme également multiplié par deux le nombre de charges/décharges. On voit qu’il est difficile de justifier aujourd’hui des batteries de grandes capacités offrant la possibilité, rarement utilisée, de faire de long parcours. En revanche, le V2G pourra légitimer leur existence. Il est inutile d’inventer des scénarios d’obligation pour les propriétaires de voitures électrique où sur ordre, ils devraient brancher ou débrancher leur véhicule en présentant cette question sous la forme d’un soviétisme passé de mode, ce dont vous ne vous êtes sans doute pas aperçu. Le scénario que vous vous plaisez à imaginer est aussi ridicule que vous l’êtes vous-même dans cet exercice. Vous avez d’ailleurs oublié de signaler que le propriétaire du véhicule doit absolument rester au garde-à-vous à côté de son véhicule durant le temps où celui-ci est branché, sinon les peines de goulag tombent. Le geste est naturel, en arrivant sous l’ombrière qui couvre le parking de l’entreprise, je branche. Le soir en arrivant chez moi dans le garage, je branche. Mais maintenant c’est l’inverse, nous somme à l’ère du Soleil, dans la journée, je charge la voiture, et la nuit elle se décharge pour les besoin de l’alimentation nocturne de ma maison. Un conseil de primitif : Relevez votre compteur matin et soir, une année entière comme je l’ai fait, et vous saurez ce qui est nécessaire réellement la nuit, lorsque le Soleil est couché lui aussi. N’oubliez pas de couper le ballon d’eau sanitaire car vous fausseriez la vraie mesure du besoin nocturne, d’autant que c’est le principal consommateur, bien supérieur à vos réfrigérateur et congélateur. Devenez expérimentateur, cela vous évitera de dire n’importe quoi. Ce que vous enchainés jusqu’à la fin de votre message avec ce rappel indispensable par lequel le coût de production du « watt charbon des allemands » est le double du « watt nucléaire français « comparaison totalement ridicule qui résulte de l’énorme taxation de l’énergie en Allemagne. Je vous suggère là encore de mouiller un peu la chemise en recherche de documents chiffrés au lieu de faire le perroquet de site d’opinion judicieusement choisis :
https://www.connaissancedesenergies.org/la-commission-europeenne-face-a…
Vous y découvrirez entre autre surprise (pour vous) que celui qui produit l’électricité la moins chère d’Europe, le Danemark, et celui qui la vend le plus cher à ses concitoyens. Vous constaterez aussi que contrairement à une légende qui court depuis plus d’un demi-siècle ce n’est pas en France que l’électricité est la moins cher en Europe, que ce soit hors taxe ou TTC.
Je crois que nous nous sommes définitivement tout dit, continuez dans votre rêve paradisiaque car la réalité, et la direction que prend le reste du monde ne vous intéresse pas, la seule chose qui importe à vos yeux c’est que comme vous le pensez, la France a une avance considérable avec son nucléaire qui s’étouffe partout dans le monde et nous allons à reculons dans les énergies renouvelable lorsque le reste du monde avance à grand pas dans cette direction. Je sais nous sommes les plus intelligents de la planète, à part quelques primitifs comme moi bien sûr qui abaissons le QI de l’ensemble de la population française, alors inutile d’aller plus loin ensemble dans ces discussions, rejoignez vite votre troisième mousquetaire du rêve nucléaire à qui je ne réponds déjà plus depuis une bonne semaine malgré ses nombreux messages que je zappe sans même les lire, comme il sera fait des vôtre.
Serge Rochain, Narbonne
http://astronomie.narbonne.free.fr/
http://a-p-s.cabanova.com/
http://iste.cabanova.com/
http://climso.fr

LUCCHINI PATRICE

rochain, leur terme, c'est 15 ans de la date d'entrée en vigueur du contrat et ça va plomber EDF pour un bout de temps, donc (le parc de Sambres le plus grand de l'Aude a été mis en service en 2016). Quand aux autres contrats postérieurs qui permettent de payer environ entre 62 et 72 euros (ce qui est toujours beaucoup trop cher pour une énergie intermittente et peu fiable qui oblige à maintenir ou a créer de nouvelles unités thermiques et de nouvelles lignes et transformateurs de haute et très haute tension car les "parcs" éoliens sont éloignés des postes existants puisqu'il sont dans les zones rurales et de montagne comme chez nous dans l'Aude), leur durée est de 20 ans !

Claude Choppin

Pas d'accord Rochain. L'article ne s'appuie pas sur l'impossibilité de stockage de l'électricité, il se propose tout simplement d'affecter au prix du kWhe produit par des moyens non pilotables (le fait que ces moyens soient du type renouvelables ou pas n'est pas le sujet) les coûts nécessaires pour qu'lls offrent le même type de service et singulièrement la même disponibilité que toutes les autres offres qui peuvent se passer de tout investissement supplémentaire pour rendre leur utilisation comparable au nucléaire. Cela me parait parfaitement équitable. Alors dans ces conditions, il est clair que le coût des energies renouvelables non pilotables, même à la baisse, ne pourront pas être compétitives face au kWhe nucléaire et non compétitives face au kWhe issue d'une energie renouvelable pilotable. Il est tres curieux d'ailleurs que la PPE actuelle continue d'encourager éoliennes et PV qui ont largement profité de tarifs de rachat prohibitifs, tandis que la biomasse, au hasard, reste confinée à la production de chaleur au moment même où la gazéïfication change la donne de façon considérable.Il est vrai qu'on en parle pas beaucoup et c'est vraiment tres dommageable.

studer

L'ADEME a tort, et d'ailleurs elle n'a jamais osé parler de STEP pour stocker massivement l'électricité, solution qui serait nécessaire pour assurer l'utilisation en hiver (grande consommation, peu de solaire) de l'électricité produite en surplus l'été (peu de consommation, beaucoup de soleil) - autrement dit le stockage inter-saisonnier.
De plus les sites technico-économiquement intéressants pour créer des STEP sont rares, et l'opposition à ces ouvrages (cf. Sivens !!) est immense.

Quant aux batteries de voiture, c'est une vue de l'esprit. En effet,
- l'utilisation de batteries pour déstocker de l'électricité créerait des cycles de charge-décharge nombreux, et la durée de vie d'une batterie est liée à ce nombre de cycles
- pouvoir compter sur les batteries au moment des pointes de consommation, suppose que les propriétaires de véhicules ne pourraient pas charger leurs voiture dans ces périodes, et même qu'ils n'auraient pas le droit de les déconnecter. Même en Russie soviétique on aurait du mal à imposer de telles contraintes.
C'est d'ailleurs l'un des reproches majeurs de ces deux économistes éminents aux idéologues de l'ADEME (idéologues car ils n'ont aucune connaissance du monde réel de l'industrie et ont un parti-pris antinucléaire extrême) : ils constatent que pour "forcer" leur conclusion, ces calculateurs prodiges font des hypothèses hautement irréalistes dans le monde d'aujourd'hui.
Si on suivait leurs recommandations, on aboutirait à une explosion des prix de l'électricité : l'Allemagne, avec un kWh double du nôtre, a déjà montré le chemin (nous sommes déjà à % de taxe CSPE - qui mesure les subventions aux renouvelables et donc le surcoût qu'elles génèrent sans aucun gain écologique).

EnergEye

"The ever increasing number of cycles these batteries last until they've lost 20% of capacity. All commercial lithium variants started with ~1000x but NMC 111 is already being sold as 8000x. That means those batteries are on track to far outlast the car... Also means using them to stabilize the grid (using V2G) becomes a much more interesting proposition"
Auke Hoekstra, Université d'Eindhoven

rochain

EnergEye : Le nombre croissant de cycles de ces batteries durent jusqu’à perdre 20% de leur capacité. Toutes les variantes commerciales au lithium ont déjà chargées/déchargées environ 1000 fois, mais le NMC 111 est déjà vendu sous le numéro 8000x. Cela signifie que ces batteries sont sur la bonne voie pour durer bien plus longtemps que la voiture ... Cela signifie également que les utiliser pour stabiliser le réseau (en utilisant V2G) devient une proposition beaucoup plus intéressante "
J’ajoute mon expérience personnelle que j’oppose aux bruits de couloirs, toujours hostiles au progrès, et qui se colportent beaucoup plus vite que les expériences réelles. Je dispose d’un Outlander PHEV Mitsubishi depuis 2014 (déjà 5 ans d’âge dans 4 mois). Véhicule ayant donc une petite batterie de 12 KWh comparé au VE qui sont au moins 5 fois plus capacitives et qui donc se rechargent environ 5 fois moins souvent les rendant peu attractives au quotidien. Mais je ne la recharge pas tous les jours en raison de mes déplacements irréguliers mais variables en distance de 30 à 50 km. La moyenne des recharges se situe au voisinage de 1,5 jours ce qui fait que j’en ai fait entre 1000 et 1200 à l’heure présente.
A l’origine, après une charge la jauge indiquait 52 Km d’autonomie électrique, aujourd’hui elle indique entre 46 et 49 km selon que je la recharge alors qu’elle est encore au moins au tiers de sa capacité ou que j’attends d’avoir atteint le minimum que je constate avec le démarrage du thermique pour prendre le relai. Je pense donc avoir perdu en près de 5 ans 7 Km d’autonomie sur les 52 d’origine, soit environ 13%. Je m’attendais à pire avec ce que je lisais et lis toujours à droite et à gauche sur la durée de vie des batteries. Pourtant celle de mon véhicule est un modèle ancien réalisée à l’époque du tâtonnement dans la fabrication des batteries de traction pour automobile (2012… j’ai attendu un peu avant d’acheter). Je ne crois donc pas que les batteries sont bonnes à recycler au bout de trois ans d’usage. Je ne change de voiture que tous les à 10 ans et donc contrairement à ce que j’imaginais lors de mon achat de 2014 je ne changerai pas la batterie contre une neuve avant d’abandonner le véhicule, alors que je tablais sur une baisse des prix pour estimer qu’une si petite batterie ne coûterait alors presque rien. Quoiqu’elle puisse coûter dans 4 à 5 ans, cela n’a même plus d’importance. Un mot pour terminer, les 52 KM était bien réels, je les faisaient, et le croiriez-vous, j’en fais toujours autant avec la batterie pleine d’aujourd’hui avec ses 46 km annoncés d’autonomie, car on apprend à piloter une électrique en bénéficiant au mieux du dispositif de freinage par régénération avec les palletes situées sous le volant, juste sous les doigts, une idée géniale qui fait que les reins mécaniques ne servent quasiment, jamais, mais c’est un autre sujet.
Cordialement,
Serge Rochain, Narbonne
http://astronomie.narbonne.free.fr/
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http://iste.cabanova.com/
http://climso.fr

EnergEye

Les ballons électriques d'eau chaude sont pilotables, nul besoin d'un régime soviétique pour réaliser ce genre de pilotage. Les batteries des voitures électriques seront pilotées de la même manière. L'argument avancé contre l'approche des experts d'Artelys n'est pas valide. Cet argument, non valide, est pourtant au cœur de la critique apportée par les conservateurs, hostiles au changement.

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