Courant favorable pour l’hydrolien français

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Hydrolien français

La filiale de DCNS OpenHydro a annoncé vouloir faire de Cherbourg où elle construit un atelier d’assemblage d’hydroliennes « le centre du monde hydrolien ». (©DCNS)

La Commission européenne a autorisé la semaine dernière l'aide financière octroyée par la France à la ferme pilote hydrolienne« Nepthyd ». Présentation de ce projet dans la Manche et rappels sur le développement de l’hydrolien en France.

Nepthyd : une ferme pilote de 4 hydroliennes

Porté par la filiale Futures Energies d’Engie, le projet « Nepthyd » (pour « Normandie Energie PiloTe HYDdrolien ») vise à installer quatre hydroliennes au large du cap de la Hague. Ce site a été sélectionné car il abrite l’un des courants de marée les plus puissants d’Europe, le Raz Blanchard. Pour rappel, les hydroliennes sont des sortes d'éoliennes subaquatiques qui transforment l’énergie cinétique desdits courants marins en électricité.

Les hydroliennes de cette ferme pilote seront fournies par General Electric(1) (de type « Oceade 18 »(2)). Elles comporteront trois pales à pas variable et mesureront 18 mètres de diamètre. Elles seront interconnectées au moyen d’une sous-station électrique sous-marine et auront chacune une puissance installée de 1,4 MW, la capacité cumulée de la ferme pilote atteignant ainsi 5,6 MW. L’électricité produite sera acheminée par un câble unique jusqu’à la côte et le réseau électrique existant. La mise en service de cette ferme pilote est prévue d’ici à fin 2017.

Le montant total du projet Nepthyd est estimé à 101 millions d’euros en incluant les coûts d’investissement et de fonctionnement sur 20 ans. Plus de la moitié de cet investissement sera soutenu par le Programme des Investissements d’Avenir (51 millions d’euros) sous la forme d’une subvention directe et d’avances remboursables. La Commission européenne a annoncé le 27 juillet qu’elle jugeait cette aide publique conforme aux règles européennes en contribuant à « l’entrée sur le marché d’une technologie innovante liée aux énergies renouvelables »(3). Précisons par ailleurs que l'électricité produite par ces hydroliennes bénéficiera d'un tarif d'achat garanti.

D’autres projets hydroliens en France

Le projet Nepthyd est l’un des deux lauréats d’un appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe(4) (dont les résultats ont été annoncés en décembre 2014) avec le projet « Normandie Hydro » (DCNS/EDF Energies nouvelles). Ce dernier porte sur l’installation de 7 hydroliennes de 2 MW de puissance unitaire, également dans le Raz Blanchard.

Outre ces projets de fermes pilotes(5), rappelons qu’EDF a déjà immergé en janvier puis fin mai 2016 deux hydroliennes à une quarantaine de mètres de profondeur au large de Paimpol et de l’île de Bréhat. Les hydroliennes de ce « démonstrateur » devraient être raccordées durant l’été au réseau électrique par un unique câble, une première mondiale.

La PME quimpéroise Sabella a pour sa part produit dès fin 2015 une partie de l’électricité de l’île d’Ouessant grâce à une hydrolienne de 1 MW immergée dans le Fromveur. A ces hydroliennes marines s’ajoutent également des projets d’hydroliennes « fluviales et estuariennes » qui font partie d’un autre appel à projets de l’Ademe en cours (lancé en octobre 2015 par le ministère en charge de l’énergie, il se clôture en mars 2017)(6).

La France doit entre autres cette dynamique à un géographique côtière particulièrement favorable, avec le 2e gisement hydrolien exploitable en Europe (évalué à « environ 2 à 3 GW » de puissance installé par le ministère en charge de l’énergie et entre 5 et 6 GW par le Syndicat des énergies renouvelables) après le Royaume-Uni. A l'horizon 2023, la France a pour objectif de disposer de 100 MW de capacités d'hydrolien et d'éolien flottant en service.
 
Immersion de la deuxième éolienne du démonstrateur d'EDF au large de Bréhat en mai 2016.