De l’heure « pour la planète » à l’heure « d’été » : quels objectifs ?

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Earth Hour

La Tour Eiffel est l'un des bâtiments qui sera symboliquement éteint durant l'heure « pour la planète » samedi à partir de 20h30. (©Earth Hour-WWF)

Ce samedi 19 mars aura lieu « Earth Hour », événement coordonné au niveau mondial par l’ONG WWF. La semaine suivante, la France passera à l’heure d’été. Rappels sur ces événements aux origines très éloignées qui visent toutefois tous deux une plus grande sobriété sous différentes formes.

Earth Hour : une heure d’obscurité pour sensibiliser la planète

Organisée chaque année depuis 2007, l’opération « Earth Hour » consiste à éteindre la lumière durant une heure au nom de la lutte contre le changement climatique. Cette manifestation est née en Australie à l’initiative de l’antenne nationale de WWF et de la ville de Sidney qui souhaitaient ainsi sensibiliser la population à cette problématique. Elle se décline aujourd’hui dans près de 7 000 villes réparties dans plus de 170 pays avec l'extinction temporaire de monuments emblématiques comme la Tour Eiffel, Times Square à New York ou l’Opéra de Sidney.

Chaque particulier, comme les collectivités ou entreprises, est également appelé à participer en coupant les lumières de son domicile et en débranchant ses appareils électriques alimentés de façon « superflue » (comme les appareils en veille). Cette édition débutera aux îles Fidji et se déroulera entre 20h30 et 21h30 aux heures locales.

Earth Hour vise à réaffirmer l’impact de la consommation d’énergie sur le climat. Pour rappel, les énergies fossiles comptent encore pour plus de 81% du mix énergétique mondial(1) et sont responsables d’environ trois quarts des émissions de gaz à effet de serre. Cette manifestation se concentre symboliquement sur l’électricité qui compte pour une faible part de l'énergie consommée (la composition des mix électriques varie très fortement d'un pays à un autre)(2).

A travers des événements festifs comme des repas aux chandelles ou des séances collectives de yoga, Earth Hour permet de prolonger le débat suite à la COP21 et vise à souligner que 2016 doit être « l’année de la cohérence » et de la mise en œuvre des engagements de la Conférence Climat de Paris, rappelle Pascal Canfin, directeur général de WWF France.

Heure d’été : une heure de lumière en plus pour réduire la consommation

Depuis 1976, la France passe à l’heure d’hiver (le dernier dimanche d'octobre depuis 1996) et revient à l’heure d’été (le dernier dimanche de mars depuis 1981) afin de mieux faire correspondre les heures d’activité aux heures d’ensoleillement. En limitant le recours aux éclairages artificiels, des économies étaient en particulier réalisées à l’origine sur la consommation de produits pétroliers (l’électricité était alors majoritairement produite par des centrales au fioul).

Selon les dernières estimations de l’Ademe en 2010, ce dispositif permettrait encore d’économiser environ 440 GWh d’électricité par an (la France a consommé 475,4 TWh en 2015), soit l’équivalent de la consommation annuelle en éclairage de 800 000 ménages. Ces économies d’énergie éviteraient, toujours selon l’Agence, l’émission de 44 000 de tonnes de CO2 associées par an. Ce gain en matière d’éclairage a toutefois tendance à diminuer compte tenu des technologies plus performantes qui sont aujourd’hui disponibles.

L’impact sur les usages thermiques (notamment sur la climatisation l’été) est plus difficile à estimer, l’Ademe jugeant toutefois qu’il pourrait être assez significatif à l’horizon 2030, en particulier si des systèmes de régulation automatique de température sont installés(3).

Certaines critiques portent toutefois sur le changement d’heure, notamment au sujet de son impact sur le rythme biologique des Français. Pour rappel, lorsqu’il sera 2h du matin dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 mars, vous pourrez avancer votre montre d’une heure, vous faisant ainsi « perdre » une heure de sommeil.