Des idées lumineuses pour l’éclairage public ?

CityBox

La CityBox est intégrée au pied des candélabres.(©ETDE)

L’éclairage public traditionnel peut se révéler très énergivore. Il absorberait près de 50% de la consommation d’électricité des petites communes selon l’Ademe. Plusieurs initiatives se développent afin d’améliorer son efficacité énergétique. Une CityBox, primée au Salon des Maires en novembre dernier, permet entre autres d’optimiser la consommation de l’éclairage public et de mettre d’autres usages à profit. 

L’éclairage au service d’autres services

L’éclairage public est considéré comme « intelligent » lorsqu’il s’adapte en fonction du lieu, de l’heure et des circonstances (météo, sécurité, etc.) afin de garantir le bien-être des passants. Telle est l’ambition première de la CityBox, commercialisée par la filiale ETDE du groupe Bouygues Construction.

Installée dans les mâts des candélabres (communément appelés réverbères), elle permet de moduler à distance la puissance de l’éclairage afin de limiter notamment la « pollution lumineuse » si un éclairage important n’est pas nécessaire. Cette modulation de l’éclairage doit à terme permettre de réduire la consommation des candélabres.

La réelle innovation de cette CityBox réside cependant dans sa capacité à intégrer de nouveaux services numériques traditionnellement « déconnectés » de l’éclairage : WiFi, capteurs de pollution, bornes de recharge pour véhicules électriques, vidéosurveillance, défibrillateurs, etc.

Près de 3 000 CityBox ont déjà été intégrées à des candélabres dans différentes communes françaises telles que Sèvres, Niort, Tulle. A Longjumeau dans l’Essonne, 31 haut-parleurs pilotables individuellement à distance ont par exemple été connectés aux CityBox installées.

Une problématique nationale d’efficacité énergétique

En France, il existe 31 900 communes de moins de 2 000 habitants. Celles-ci consacrent en moyenne 37% de leur facture d’électricité à l’éclairage public selon un constat réalisé en février 2012 à l’occasion de la table ronde nationale pour l’efficacité énergétique. Approximativement la moitié des 9 millions de lampes en service sont considérées comme obsolètes et énergivores.

Des financements publics permettent aux communes de rénover leur éclairage(1). En ligne de mire : les près de 40% de luminaires en service depuis plus de 25 ans. Les luminaires de type « boule » équipés de lampes à vapeur de mercure à l’efficacité d’éclairage médiocre sont en particulier visés par ces mesures de rénovation. L’Ademe estime que la consommation d’énergie dédiée à l’éclairage publique dans les communes visées pourrait ainsi être abaissée de 50% à 75%.

Notons que cette rénovation a également un impact sur la « pointe » électrique : à la tombée de la nuit, le pic de puissance appelé pour éclairer les luminaires atteint 1 260 MW. C’est certes moins de 1,5% du pic de puissance global(2) mais cela correspond tout de même à la capacité d’un réacteur nucléaire de forte puissance. Des solutions d’éclairage autonome ont été développées afin de limiter cet impact électrique. Elles relient en particulier des candélabres à des panneaux photovoltaïques ou des petites éoliennes afin de les alimenter.

L’heure est à la sobriété lumineuse. Depuis le 1er juillet dernier, les enseignes lumineuses commerciales doivent être éteintes entre 1 h et 6 h du matin dans les villes de moins de 800 000 habitantes. Outre l’argument d’une diminution de la « pollution lumineuse » liée, cette mesure est censée permettre une économie annuelle de 1 TWh, soit la consommation électrique de 370 000 ménages (hors chauffage et eau chaude). Un décret actuellement à l'étude prévoit d’étendre cette extinction des feux aux bureaux et vitrines.

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Sources / Notes

(1) L’Ademe est en charge d’accompagner les communes, avec une subvention globale de 20 millions d’euros.
(2) Le pic de puissance appelé record a atteint 100 500 MW en février 2012.

Vidéo de présentation de la CityBox, ETDE