La précarité énergétique en Europe : approche comparative

  • Source : Rachel Guyet

L'été frais et particulièrement pluvieux en France a fait chuter la consommation d'électricité à son plus bas niveau depuis 12 ans en juillet et août en raison d'un recours limité à la climatisation, a indiqué jeudi RTE.

En juillet et août, les températures moyennes ont été inférieures à celles de 2013, et le mois d'août a même été le plus froid depuis huit ans, selon le gestionnaire du réseau français à haute tension.

"Ces températures relativement fraîches pour des mois estivaux ont conduit à limiter le recours à la climatisation et la production de froid et donc à modérer la consommation électrique nationale", écrit-il dans son aperçu mensuel sur l'énergie électrique.

La consommation a atteint une moyenne de 33,9 gigawatts en juillet et 31 GW en août, avec "un nouveau minimum de puissance" le 17 du mois, à 29,5 GW.

Si la grande industrie a poursuivi la progression entamée en novembre 2013, grâce aux secteurs de la chimie, de la métallurgie et de la sidérurgie, la consommation des PMI/PME et celle des particuliers se sont inscrites en légère baisse.

Parallèlement, la production d'électricité s'est maintenue cet été, avec une disponibilité du parc nucléaire "très élevée pour la saison" (période phare des arrêts de réacteurs pour maintenance), représentant de 78% à 79% du bouquet électrique français.

Les précipitations, les plus élevées depuis 1959, ont entraîné une production mensuelle hydraulique à "de très hauts niveaux": 6,2 térawattheures en juillet et 5,3 TWh en août, un sommet depuis 1977.

Les autres énergies renouvelables, comme l'éolien et le photovoltaïque, ont également progressé par rapport à l'année précédente, alors que la production thermique à combustible fossile (charbon, fioul, gaz) a chuté de 50% par rapport à 2013.

Conséquence de la demande intérieure limitée, la France a atteint "ses plus hauts niveaux mensuels d'exportation depuis novembre 2006", avec un solde exportateur de 7.606 gigawattheures en juillet-août, souligne RTE.

Elle est exportatrice pour le quatrième mois consécutif avec chacun des pays frontaliers.

"Les exportations instantanées vers l'Allemagne ont atteint le maximum de la capacité d'interconnexion de 1.800 MW quasiment chaque jour de juillet et août, en raison des faibles conditions de vent" dans ce pays, détaille la filiale autonome d'EDF.

Enfin avec l'Espagne, "le solde des échanges instantané (...) est demeuré exportateur pendant les deux mois, du fait de l'arrêt de deux groupes nucléaires".

mpa/mhc/fpo/nm

Lire l'étude  :
La précarité énergétique en Europe : approche comparative