Le futur de l'hydrogène : saisir les opportunités actuelles

  • Source : AIE

À la demande du gouvernement japonais(1), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié le 14 juin le rapport ci-après consacré aux perspectives de développement de l’hydrogène « propre » dans le monde. Elle y appelle à étendre les usages de ce vecteur énergétique dont les coûts de production doivent encore être réduits.

La fourniture mondiale d’hydrogène à l’industrie a plus que triplé depuis 1975 et avoisine actuellement 70 millions de tonnes (Mt) par an sous sa « forme pure »(2) selon les dernières données de l’AIE. Cet hydrogène est aujourd’hui quasiment intégralement produit à partir de gaz naturel et de charbon dans une moindre mesure(3), ce qui entraîne chaque année l’émission de près de 830 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles de CO2 du Royaume-Uni et de l’Indonésie cumulées.

L’AIE estime que l’hydrogène pourrait « contribuer à un futur énergétique durable et résilient », en se déployant au détriment des combustibles fossiles dans de nombreux secteurs desquels ce vecteurs est aujourd’hui « presque totalement absent, comme le transport, les bâtiments et la production électrique ». Sa production devrait toutefois être moins carbonée, par exemple en ayant recours à l’électrolyse de l’eau à partir d’électricité « décarbonée » (d’origine renouvelable ou nucléaire), ou en intégrant aux installations de production d’hydrogène des systèmes « CCUS » (capture, stockage et utilisation du CO2).

L’AIE souligne que l’hydrogène pourrait favoriser le développement des filières électriques renouvelables à production variable (solaire photovoltaïque, éolien) en constituant une nouvelle solution de stockage. La filière hydrogène se heurte toutefois encore à de nombreuses contraintes, à commencer par des coûts de production élevés (en particulier dans le cas de l’électrolyse) et un manque d’infrastructures de transport et de stockage. Selon l’AIE, les coûts de production à partir d’électricité d’origine renouvelable pourraient être réduits de 30% d’ici 2030 (avec la baisse des coûts des unités de production renouvelables et les économies d’échelle au sein de la filière hydrogène).

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Sources / Notes
  1. Le Japon assure la présidence du G20 en 2019.
  2.  De l’hydrogène est également généré comme sous-produit, notamment dans la fabrication de methanol.
  3. Selon l’AIE, la production mondiale d’hydrogène compte pour près de 6% de la consommation globale de gaz naturel et pour 2% de celle de charbon.