Le gaz de schiste renforce la position stratégique du gaz

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En 40 ans, la consommation mondiale de gaz naturel dans le monde a été multipliée par 15. D’après l’AIE, les réserves probables de gaz sont estimées à 65 ans contre 40 ans pour le pétrole.  Considéré comme une énergie secondaire dans le passé, le gaz naturel est devenu une énergie prisée ces dernières années.

Un nouvel essor du gaz

Principalement utilisé pour le chauffage et la production d’électricité dans les centrales thermiques, le gaz naturel répond à plus de 20% de la consommation énergétique mondiale actuelle. Par ailleurs, les usages du gaz naturel se diversifient. Des techniques sont actuellement mises au point pour l’utiliser directement comme carburant en le transformant ou en le liquéfiant en vue de produire du diesel et du kérosène. Alors que certaines énergies fossiles sont en recul, l’engouement actuel pour le gaz se développe. Il s’accentue d’autant plus par le développement des gaz dits « non conventionnels » (nécessitant des techniques d’extraction spécifiques), parmi lesquels les gaz de schistes font figure de meneurs.

L’avènement des gaz de schistes

Emprisonnés dans des roches feuilletées, ces gaz sont difficiles à extraire et requièrent des technologies élaborées de forage horizontal et de fracturation. Mais compte tenu des efforts de recherche et d’un contexte favorable, leur exploitation s’avère de plus en plus rentable. Contrairement au traditionnel or noir, ils présentent l’avantage d’être abondamment répartis sur le globe. Par conséquent, ils suscitent la convoitise des compagnies pétrolières et gazières qui investissent massivement.

Les réserves mondiales de gaz de schiste représenteraient plus de 4 fois les réserves de gaz conventionnel(1). Leur exploitation est passée de 1% de la production de gaz naturel en 2000 à plus de 12% en 2010.

Un impact sur le contexte énergétique mondial

Les enjeux sont eux aussi conséquents. Ainsi les Etats-Unis sont devenus en 2009 les premiers producteurs de gaz naturel, fait inédit depuis l’essor du gaz russe il y a une dizaine d’année. Selon les prévisions, d’ici à 2030, 60% de la production américaine de gaz naturel proviendraient des gaz de schistes. Ceux-ci disposent des réserves les plus importantes, en particulier dans le Colorado. Sur le continent européen, les bassins les plus intéressants sont situés en Europe du Nord et de l'Est, et en France dans le bassin du Sud-est. Par ailleurs, la Chine a annoncé en 2010 qu’elle disposait de réserves de gaz de schistes équivalentes à une année de production du Qatar soit plus de 30 000 milliards de m3.

Parmi les limites environnementales, l’exploitation des gaz de schistes présente encore les inconvénients d’être fortement consommatrice d’eau et de dégrader les paysages. Chaque fracturation de puits nécessite près de 15 000 m3 d'eau, un puits pouvant être fracturé jusqu'à 14 fois. Pour ces raisons couplées aux aspects économiques, des avancées technologiques s’avèrent encore nécessaires pour trouver un écho favorable et assurer à ces gaz une position de premier rang dans le mix énergétique futur.

Sources / Notes

(1) IFP