Le réseau électrique ne craint pas la chaleur estivale

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Réseau électrique en été

Agents EDF intervenant sur le réseau en Corse (©EDF-Philippe Marini)

Les températures vont grimper dans l’hexagone en fin de semaine. La chaleur estivale ne fera pas peser de « risque particulier » sur le réseau électrique selon l’analyse prévisionnelle(1) publiée par RTE début juin. Rappels des principales conclusions du gestionnaire de réseau, en ces premiers jours de l’été.

Un réseau électrique thermosensible en été ?

Les pics de consommation en hiver sont désormais bien connus. Compte tenu de l’importance du chauffage électrique en France, la demande d’électricité croît fortement lors des périodes de grand froid. On estime ainsi que chaque degré Celsius en moins en hiver entraîne un appel de puissance supplémentaire de 2 400 MW sur le réseau (« gradient d’hiver »).

En été, la demande électrique est réduite mais elle reste influencée par les variations de température. A la pointe de consommation (vers 13h), RTE estime ainsi qu’un degré Celsius supplémentaire de température induit un appel de puissance d’environ 400 MW, soit l’équivalent des besoins de la ville de Nantes. Ce gradient est essentiellement dû à un usage accru de la climatisation.

Précisons qu’en plus d’être bien plus faible en été qu’en hiver, la consommation est moins variable en période estivale, avec une consommation maximale entre 9h et 15h alors que la pointe en hiver aux environs de 19h rend la gestion du réseau électrique beaucoup plus délicate.

Consommation d'électricité en été et en hiver

Évolution de l'appel de puissance sur le réseau électrique français durant une journée type en été et en hiver (©RTE)

Quelle différence par rapport à l’été 2014 ?

RTE prévoit que la consommation d’électricité durant l’été 2015 sera relativement stable par rapport à l’an dernier, sous l’effet conjoint d’une activité économique encore ralentie et des mesures de maîtrise de la demande. Par exemple, l’appel de puissance devrait être compris entre 30 000 MW et 48 500 MW la semaine du 15 août (jusqu’à 58 000 MW en cas de canicule). Comme en hiver, cette consommation fluctue durant la journée.

Sachant que les travaux de maintenance sur les centrales de production « conventionnelles » sont couramment effectués en été, la gestion de l’équilibre offre/demande ne va pas nécessairement de soi. S’ajoute à cela l’intégration croissante d’unités de production intermittente : les parcs éoliens et surtout photovoltaïques devraient rendre disponibles lors de la pointe estivale des capacités atteignant respectivement 200 MW et 500 MW de plus que durant l’été 2014. Notons que le parc nucléaire sera pour sa part davantage disponible que l’an dernier, en raison d’un moindre besoin de maintenance.

Au total, RTE estime que la France disposera durant cet été d’au moins 5 000 MW de « marges » de capacités disponibles par rapport à la demande estimée, soit un niveau supérieur à celui de l’été 2014. La France pourra ainsi encore augmenter ses exportations d’électricité vers ses pays voisins.

Quels risques en situation de canicule ?

RTE a mis au point un scénario « Canicule » dans lequel le gestionnaire envisage l’état du réseau électrique en cas de hausse des températures supérieures de 7°C aux températures de référence, à l’image des conditions d’août 2003 et de juillet 2006.

En plus d’augmenter la consommation, ces périodes de canicule ont un effet sur la production :

Au total, RTE estime que la baisse de capacités disponibles pourrait atteindre environ 7 100 MW en période de canicule. Le gestionnaire de réseau estime toutefois que l’équilibre entre offre et demande resterait assuré, notamment grâce aux capacités d’effacement disponibles (supérieures de 1 000 MW par rapport à l’été 2014).

Au niveau européen, un « Summer Outlook Report »(2) a également été publié par l’association ENTSOE-E concluant à un équilibre offre/demande sécurisé durant l’été. En cas d’épisodes marquées de canicule et de sécheresse, la Belgique pourrait toutefois se retrouver en situation délicate, voire risquer de ne plus pouvoir, au mois de septembre, satisfaire sa demande grâce aux importations.