L'efficacité énergétique en Europe

  • Source : Ademe

Dans le cadre de son Paquet Énergie-Climat, l’Union européenne (UE) s’est fixé parmi ses trois grands objectifs une amélioration de l’efficacité énergétique de 20% à l’horizon 2020(1). En l’état actuel des politiques mises en œuvre, cet objectif (non contraignant) ne devrait pas être atteint. Depuis 2012, une directive européenne dédiée à l'efficacité énergétique précise un cadre juridique ainsi que différentes cibles pour les États membres : réaliser des économies d’énergie de 1,5% par an d’ici à 2020(2), procéder à la rénovation de 3% du parc immobilier public par an, etc.

Dans cette étude mise en ligne le 19 octobre, l’Ademe effectue un état des lieux européen des consommations d’énergie et des politiques d’efficacité énergétique, secteur par secteur, en présentant certaines mesures phares entreprises par les États membres. Ce panorama est découpé en 11 chapitres thématiques, couvrant les différents postes de consommation : bâtiments neufs ou à rénover, industrie, transports de marchandises ou de personnes, agriculture, etc.

Un chapitre est par exemple consacré aux équipements électriques dans les bâtiments dont le nombre s’est multiplié ces dernières années. Différentes incitations financières ont entre autres été mises en place par les pays européens afin d’orienter les consommateurs vers des équipements performants, comme en Italie, où une prime de 200 euros était versée entre 2007 et 2009 aux personnes s’équipant d’appareils de froid domestique classés A+ ou A++(3).

Entre 1990 et 2013, l’efficacité énergétique a progressé à un rythme de 1,2% par an au sein de l’UE. Plus de 40% des économies d'énergie ont été réalisées grâce à des efforts entrepris dans l’industrie et 37% dans le secteur des bâtiments, qui est considéré comme le « secteur phare de l’efficacité énergétique » (avec des réglementations portant sur les constructions neuves et des politiques de rénovation des parcs existants)(4).

Rappelons que la consommation d’énergie finale de l’UE(5) a augmenté de 0,5% par an entre 1990 et 2008 avant de diminuer sensiblement ces dernières années, en grande partie sous l’effet de la crise économique (-1,2% par an)(6).

Consommation d'énergie finale de l'Union européenne par secteur

Consommation d'énergie finale de l'Union européenne par secteur (©Ademe d'après Odyssee)

Lire l'étude :
Efficacité énergétique en Europe
Sources / Notes
  1. L'UE ambitionne de réduire de 20% sa consommation d’énergie primaire en 2020, par rapport aux projections de consommation à cet horizon. Paquet sur le climat et l'énergie à l'horizon 2020, Commission européenne 
  2. Des mécanismes d'obligations d'économies d'énergies (ou des mesures équivalentes) doivent être mis en oeuvre par les États membres pour les distributeurs ou fournisseurs d'énergies sur leurs territoires (comme les CEE en France).
  3. Dans la limite de 20% du prix d’achat.
  4. Près de 70% du parc actuel a été construit avant 1980 et n’est pas isolé ou mal isolé.
  5. La consommation moyenne d’énergie finale par habitant dans l’UE atteint 2,2 tep par an, les Européens les plus « énergivores » étant les Finlandais (en raison d’un climat froid et d’une industrie consommant beaucoup d’énergie avec ses papeteries) et les Luxembourgeois (en partie en raison des nombreux travailleurs non-résidents).
  6. Ce qui a eu tendance à réduire les efforts en matière de maîtrise de l’énergie selon l'Ademe. La « performance énergétique de l’UE s’est améliorée de 15% entre 2000 et 2013 », rappelle toutefois en avant-propos François Moisan, directeur exécutif pour la stratégie, la recherche et l’international au sein de l’Ademe.

 

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