L’éolien offshore flottant dans sa dimension industrielle et technologique

  • Source : Ifri

À fin 2018, les pays de l'UE et la Norvège comptaient pour 79% des capacités éoliennes offshore installées dans le monde. L'implantation desdites capacités a été principalement effectuée dans « une zone peu profonde et bien ventée dans la moitié méridionale de la mer du Nord, avec des ramifications en mer d'Irlande et mer Baltique ».

Dans l'étude ci-après publiée le 9 juillet par le Centre Énergie de l’Ifri, Michel Cruciani(2) souligne les différents atouts des éoliennes flottantes (installation dans des zones venteuses variées sans contrainte de profondeur d'eau, assemblage et opérations de maintenance au port, acheminement sur site avec un remorqueur ordinaire, etc.), en rappelant que la plupart des zones côtières bien ventées dans le monde sont « baignées par des eaux trop profondes pour pouvoir y installer des éoliennes sur fondation ». À ce titre, l'auteur considère que l'éolien flottant dispose de débouchés « immenses » et pourrait « prendre une place importante dans la transition énergétique à venir ».

Les caractéristiques techniques de la filière éolienne flottante et les difficultés particulières auxquelles elle est confrontée sont rappelées dans une première partie, en particulier le besoin de stabilité (celle-ci étant favorisée par l'abaissement du centre de gravité et l'ancrage de l'ensemble) puisque les matériaux des installations flottantes sont soumis à des contraintes fortes liées à la houle. 

L'étude présente également les différents projets développés ces dernières années ou en cours, depuis le stade du démonstrateur (Hywind Demo en 2009 dans les eaux norvégiennes) à celui de la ferme de plusieurs unités (Hywind Scotland, au large de Peterhead où 5 éoliennes flottantes ont été mises en service fin 2017). Il est souligné que de nombreuses sociétés de l'industrie pétrolière et gazière (Equinor, Repsol, Shell, etc.) ont investi dans ce secteur en transférant leurs compétences en matière de structures industrielles flottantes de grande taille. Cette situation conduit parfois « à ignorer les projets les plus innovants, portés par des nouveaux venus », déplore toutefois Michel Cruciani (qui cite entre autres les modèles Eolink, SeaTwirl et Hexicon).

Pour que l'Europe conserve son avance dans ce secteur, Michel Cruciani recommande de mettre en place une « alliance européenne de l'éolien offshore flottant », rappelant que cette filière contribue au « maintien d'un secteur industriel vivant ». À l'heure actuelle, 4 pays ont atteint le stade pré-commercial, « avec des fermes d'une taille significative, propres à valider les différents modèles de flotteurs et préparer les réponses à de futurs appels d'offres » : la France, la Norvège, le Portugal et le Royaume-Uni (Écosse).

Couts capex éoliennes offshore

Par rapport aux éoliennes en mer sur fondation, les éoliennes flottantes devraient bénéficier de coûts de maintenance plus faibles et produiront davantage d'électricité par MW installé, grâce à des implantations dans des sites plus venteux et donc un meilleur facteur de charge. Il existe toutefois encore un écart important de CAPEX entre unités flottantes et sur fondation à l'heure actuelle. (©Connaissance des Énergies, d'après Ifri)

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Sources / Notes
  1. Chargé de mission au Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (CGEMP) de Paris-Dauphine et chercheur associé au Centre Énergie de l’Ifri, Michel Cruciani est notamment spécialiste des dispositifs de soutien aux énergies renouvelables et du marché européen de l'électricité.