Les États-Unis, exportateurs nets d’énergie en 2020 selon l’EIA

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Etats-Unis

Les États-Unis devraient redevenir exportateurs nets d'énergie plus vite qu'attendu, grâce à la « révolution » des hydrocarbures de schiste. (©Pixabay)

Les États-Unis pourraient exporter plus d’énergie qu’ils n’en importent en 2020 selon les dernières estimations de l’EIA américaine (Energy Information Administration)(1).

Une première depuis les années 1950

Les États-Unis sont importateurs nets d’énergie depuis 1953(2), rappelle l’EIA. Les importations américaines d'énergie ont atteint un pic en 2005 (35 x 1015 MBtu selon l’unité utilisée aux États-Unis) avant de diminuer significativement avec la hausse de la production domestique(3). Dans le même temps, les exportations d’énergie ont quintuplé entre 2002 et 2018.

Cette évolution est liée à la croissance de la production de pétrole et de gaz naturel aux États-Unis grâce à la contribution croissante des hydrocarbures « non conventionnels » extraits dans le sous-sol américain (gaz et huiles de schiste).

Rappelons que les États-Unis sont déjà exportateurs nets de charbon et de coke « depuis des décennies » et exportateurs nets de gaz naturel depuis 2017. Le pays devrait exporter plus de pétrole brut et d’autres hydrocarbures liquides qu’il en importe « durant cette décennie » selon l’EIA.

Précisons également que l'EIA évoquait déjà en 2017 la perspective pour les États-Unis de redevenir exportateurs net d'énergie, mais pas avant 2026.

Les projections de l’EIA à l’horizon 2050

Sur la période 2020-2050, l’EIA prévoit que les États-Unis resteront globalement exportateurs nets d’énergie.

Dans son scénario de référence, l’EIA indique que les exportations américaines de gaz naturel – par gazoduc vers le Canada et le Mexique et de façon croissante sous forme liquéfiée (GNL) vers d’autres régions du monde – devraient augmenter d’ici à 2030 grâce à des prix faibles, puis se stabiliser jusqu’à 2050. Les exportations de GNL devraient en particulier très fortement augmenter après 2022 et la mise en service de terminaux actuellement en construction. Après 2030, les installations américaines ne seront toutefois « plus aussi compétitives en raison de nouveaux fournisseurs arrivant sur le marché global du GNL », plus proches des grandes zones de consommation.

Les exportations nettes de pétrole et d’autres hydrocarbures liquides pourraient quant à elles atteindre un pic en 2034(4) avant de baisser selon l'EIA. Les États-Unis pourraient par la suite à nouveau devenir importateurs nets d’hydrocarbures liquides à l’horizon 2050 selon le scénario de référence de l’Agence américaine. Des scénarios alternatifs de l’EIA envisagent toutefois des évolutions très différentes en fonction des variations des prix du pétrole et des progrès technologiques, signe des incertitudes majeures autour des marchés pétroliers, y compris à court terme.

En ce qui concerne le charbon, les États-Unis, qui disposent des principales réserves prouvées dans le monde, devraient rester exportateurs nets durant toute la période prise en considération par l'EIA(5).

Prévisions évolution USA
Selon le scénario de référence de l’EIA, les États-Unis pourraient devenir exportateurs nets d’énergie dès 2020 et le rester durant les prochaines décennies. (©Connaissance des Énergies)

Sources / Notes
  1. Annual Energy Outlook 2019, with projections to 2050, EIA.
  2. En moyenne annuelle.
  3. Et la crise économique de 2008.
  4. Avec un solde d'exportations nettes de 3,7 millions de barils par jour (Mb/j).
  5. Malgré une baisse des exportations américaines durant cette période face à la concurrence croissante d’autres pays producteurs.