Les gaz de schiste en Europe : quel avenir ?

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Les réserves des gaz de schiste en Europe

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La Commission européenne a publié le 22 janvier 2014 une communication sur l’exploration et la production d’hydrocarbures ayant recours à la fracturation hydraulique. Ce document a notamment vocation à encadrer l’exploitation des gaz de schiste dans l’Union européenne en délivrant des principes communs minimaux à suivre, principalement d’ordre environnemental.

Un délai de 6 mois est accordé aux États-membres pour suivre ces principes. D’ici la fin de l’année, ces États seront tenus d’informer chaque année la Commission européenne des mesures mises en œuvre. En cas de non-respect des principes fixés par les institutions, des règles « juridiquement contraignantes » pourraient être édictées (ce qui n’est à ce jour pas le cas).

Cette communication s’inscrit dans un contexte de politiques variées sur les gaz de schiste en Europe : certains pays sont engagés dans une phase d’exploration plus ou moins avancée de leurs ressources dites « non conventionnelles » (au Royaume-Uni, en Hongrie, au Danemark et surtout en Pologne où une exploitation « à titre expérimental » est en cours), d’autres mettent en place des cadres spécifiques en amont d’opérations de prospection (Allemagne dans la plupart des Länder) alors que la France et la Bulgarie ferment actuellement la porte à ces hydrocarbures dits « non conventionnels » et interdisent la fracturation hydraulique. Selon la Commission européenne, les gaz de schiste pourraient couvrir potentiellement près de 10% de la consommation européenne de gaz d’ici à 2035.

En France, le débat sur l’exploitation des gaz de schiste est toujours très controversé. Le lendemain de la communication européenne, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a une nouvelle fois exprimé sa volonté de convaincre le Président « d’avancer sur la recherche » dans le domaine des gaz de schiste. Le ministre en charge de l’énergie Philippe Martin a critiqué cette prise de parole vendredi dernier en indiquant que ce n’était « pas la bonne direction ».

Retrouvez ci-dessous les estimations de l’administration américaine (E.I.A.) des réserves techniquement recouvrables de 11 pays « prometteurs », réalisées à l’été 2013 sur la base de la composition des sous-sols. Parmi ces pays, seules la France et la Bulgarie rejettent actuellement toute prospection. Les Pays-Bas ont adopté un moratoire dans l’attente d’un rapport précisant les effets environnementaux d’une exploitation d’ici à début 2015.

Estimations des réserves d'après données de l'EIA américaine, mai 2013

Estimations des réserves de gaz schiste techniquement récupérables, d'après données de l'EIA américaine (mai 2013)