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L'essor du photovoltaïque et de l’éolien ne fait que commencer selon BNEF

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Coûts photovoltaïque

Le LCOE actuel du solaire photovoltaïque correspond à un quart du coût de production de 2009, rappelle BNEF. (©EDF-Philippe Eranian)

Bloomberg New Energy Finance (BNEF) a publié le 15 juin son dernier rapport « New Energy Outlook » présentant ses grandes prévisions à l’horizon 2040. Il y prévoit un développement accéléré des filières photovoltaïque et éolienne.

Des coûts qui continuent à chuter

Entre 2006 et 2016, la production électrique mondiale a augmenté de 29,7% pour atteindre 24 816 TWh l’an dernier(1). La Chine et l’Inde ont vu leurs propres productions doubler environ sur cette période (+ 114% pour la Chine, + 88% pour l’Inde), en s’appuyant en grande partie sur le charbon. Ce dernier reste de loin le combustible le plus consommé pour produire de l’électricité (près de 40% du mix mondial) mais connaît aujourd’hui une large remise en cause, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Sa consommation a chuté en Chine (qui compte pour près de la moitié de la production et de la consommation de charbon dans le monde) pour la 3e année consécutive en 2016.

Les filières solaire photovoltaïque et éolienne, bien que souvent montrées du doigt pour le caractère intermittent et aléatoire de leur production, continuent quant à elles de voir leurs coûts drastiquement chuter. Selon l’Ademe, les coûts d’investissement dans les centrales photovoltaïques ont été divisés par 6 entre 2007 et 2014 (avec la chute de prix des modules photovoltaïque).

Le LCOE (Levelized Cost of Energy) du photovoltaïque (hors coûts liés au stockage) pourrait encore chuter de 66% d’ici à 2040(2) selon BNEF. Le cabinet estime également que les coûts de production de l’éolien terrestre et offshore pourraient être respectivement réduits de 47% et 71% d’ici 2040.

Photovoltaïque et éolien : plus d’un tiers de la production électrique mondiale en 2040 ?

Selon BNEF, le solaire photovoltaïque est d’ores et déjà « au moins aussi bon marché (hors stockage) que le charbon en Allemagne, en Australie et aux États-Unis ». Ce constat pourrait s’étendre à la Chine et l’Inde dès 2021 selon le rapport du cabinet. Il en résulterait une chute inéluctable pour le charbon : près de 35% des projets de nouvelles centrales à charbon pourraient ne jamais être menés à terme.

D’après les prévisions du rapport, 10 200 milliards de dollars pourraient être investis au niveau mondial dans la production électrique d’ici à 2040, dont 72% à destination des seules énergies renouvelables. Parmi ces dernières, les filières photovoltaïque et éolienne pourraient, dans ces conditions, compter pour 34% de la production électrique mondiale en 2040 (et pour 48% des capacités électriques installées), contre seulement 5% de ce mix à l’heure actuelle (et 12% des capacités mondiales).

Selon BNEF, la pénétration des énergies renouvelables, et en particulier des filières intermittentes, pourrait être particulièrement forte, dans certains pays à l’horizon 2040 : 74% en Allemagne, 55% en Chine ou encore 49% en Inde. Cet essor de production nécessiterait le développement conjoint de solutions de stockage et de gestion intelligente des réseaux.

Des solutions de stockage et les véhicules électriques pour accompagner cette transition

La mobilité électrique pourrait à ce titre contribuer à gérer l’équilibre entre offre et demande sur le réseau électrique. Aux États-Unis et en Europe, les véhicules électriques pourraient absorber 12% à 13% de la production électrique en 2040, selon les prévisions de BNEF. Faire coïncider les périodes de recharge de ces véhicules avec les moments de production des unités renouvelables intermittentes (lorsque les prix de gros sont bas) permettrait d’éviter les pertes d’électricité « fatale » et de limiter les perturbations sur le réseau électrique.

BNEF estime par ailleurs que la mobilité électrique encouragera fortement la baisse des coûts des batteries lithium-ion, de l’ordre de 73% d’ici à 2030. Selon le cabinet, le marché des batteries lithium-ion pourrait s’élever à 20 milliards de dollars par an en 2040, un montant dix fois plus élevé qu’aujourd’hui.

Les centrales à gaz pourraient également contribuer à répondre aux pics de consommation en l’absence de production des filières intermittentes. Le gaz est à ce titre souvent présenté comme une énergie de « transition » mais BNEF considère qu’il n’a pas vocation à remplacer le charbon comme « énergie de base ».