L’impact spatial et énergétique des data centers sur les territoires

  • Source : Institut d'aménagement et d'urbanisme

La part du secteur numérique(1) dans la consommation mondiale d’électricité est estimée à près de 10% par l’Ademe. Avec la multiplication des outils et pratiques numériques, les besoins énergétiques de ce secteur augmentent à un rythme très rapide, de l’ordre de 9% par an selon le groupe de travail « Lean ICT » du think tank The Shift Project(2).

Le rapport de l’Ademe ci-après, mis en ligne le 12 mars par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de l’Île-de-France, s’intéresse plus spécifiquement aux centres de données (data centers) en faisant état de leur « emprise grandissante sur les territoires urbains comme ruraux, métropolitains et périphériques »(3). Il s’inquiète plus globalement que le « smart » puisse aggraver « davantage les problèmes qu’il prétend résoudre », à savoir « la crise climatique et énergétique », avec le développement d'une infrastructure bien réelle en partie invisible pour les utilisateurs finaux : routeurs, câbles, serveurs, unités de stockage, etc. 

Le rapport met entre autres en garde contre le surdimensionnement de nombreux data centers « de colocation »(4) en France, « remplis en moyenne à 30% mais calibrés pour une croissance constante ». Il souligne que les opérateurs de ces centres de données « demandent en général (auprès d’Enedis) une puissance plus forte que celle qu’ils souscriront finalement […] une mobilisation indue de puissance électrique pouvant pénaliser d’autres usages dans un territoire ».

Mentionnée parmi les pistes pour réduire l’empreinte énergétique des data centers (dont les performances énergétiques s'améliorent globalement), la récupération de chaleur fatale de ces centres (qui permet notamment de chauffer une partie de l’eau de la piscine de la Butte-aux-Cailles à Paris) reste, selon ce rapport, une pratique « très rare » freinée par des contraintes techniques et économiques.

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Sources / Notes
  1.  Électricité associée à la fabrication et à l’utilisation des différents équipements : serveurs, réseaux, terminaux, etc.
  2. « Pour une sobriété numérique », Rapport du Shift Project sur l'impact environnemental du numérique, octobre 2018.
  3. Le rapport détaille notamment les zones privilégiées pour leur implantation (la tendance globale est à la centralisation mais les « Big Tech » américaines et chinoises construisent dans le même temps d’immenses data centers dans des territoires périurbains et ruraux).
  4. Où sont hébergés les données numériques de différentes entreprises.