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Perspectives des économies dépendant fortement du pétrole et du gaz

  • Source : AIE

Entre 2015 et 2017, les exportations de pétrole et de gaz naturel ont rapporté en moyenne 129 milliards de dollars par an à l’Arabie saoudite. Ces recettes étaient plus de deux fois plus élevées durant la période 2010-2014 (295 milliards de dollars par an en moyenne). Pour moins dépendre de sa seule rente pétrolière et ne pas subir si fortement les variations des cours du brut, Riyad a développé une « Vision 2030 » visant à diversifier l’économie nationale.

Dans ce rapport en anglais publié le 25 octobre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) décrit la situation économique de six grands exportateurs de pétrole et de gaz naturel fortement dépendants de ces ressources : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak, le Nigéria, la Russie et le Venezuela. Elle rappelle les faiblesses associées à une trop grande dépendance et envisage l’évolution possible de ces économies à travers différents scénarios.

Dans le contexte actuel de remontée des cours du pétrole brut, l’AIE constate que les réformes peuvent sembler moins urgentes alors même que la hausse des prix s'avère « à double tranchant » : elle influe sur la demande et incite d’autres producteurs dans le monde à extraire davantage de pétrole, affectant ainsi doublement les marchés.

L’AIE appelle ainsi à mener des réformes visant à diversifier les économies trop dépendantes des hydrocarbures, ces réformes dépassant le secteur énergétique bien que celui-ci reste incontournable (développement des filières décarbonées, diminution des subventions aux énergies fossiles, etc.)

Des réformes économiques s’imposent en particulier, selon l’AIE, au regard de la population très jeune des pays concernés (70% de la population nigériane et plus de la moitié des personnes au Moyen-Orient ont moins de 30 ans) : «  les revenus tirés du pétrole et du gaz ne seront pas suffisants pour subvenir aux besoins de ces populations en croissance, même dans les scénarios où la demande de pétrole continue de croître jusqu'en 2040 et où les prix restent relativement robustes » selon l’Agence.

Pays fortement dépendants des hydrocarbures
Les exportations nettes de pétrole du Canada et du Koweït ont toutes deux avoisiné 2,5 millions de barils par jour en 2017. Les revenus liés au pétrole et au gaz comptent toutefois pour 90% des recettes budgétaires du Koweït, contre moins de 5% pour celles du Canada. (©Connaissance des Énergies, d’après AIE)

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