Précarité énergétique en France : « triste constat » de l'ONPE

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Précarité énergétique

La rénovation des logements est « l’une des clefs de réussite de la lutte contre la précarité énergétique », rappelle le président de l'ONPE Arnaud Leroy. (©Pixabay)

Près de 6,8 millions de personnes en France métropolitaine sont touchées par la précarité énergétique « au sens économique », selon les dernières données de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) publiées le 7 janvier(1). État des lieux.

Deux indicateurs pour mesurer la précarité énergétique

Pour rappel, l’ONPE utilise principalement deux indicateurs pour quantifier le phénomène de précarité énergétique en France métropolitaine : l’un économique basé sur le « taux d’effort énergétique », l’autre basé sur le ressenti du froid. Le taux d’effort énergétique désigne « la part des dépenses totales d’énergie dans le logement sur le revenu disponible du ménage ; le seuil au-delà duquel un ménage est considéré en précarité énergétique étant de 8% (soit près de deux fois la médiane) ».

Au regard de ce taux d’effort énergétique, 11,7% des ménages français (3,4 millions de ménages) sont considérés en situation de précarité énergétique selon les dernières données de l’ONPE portant sur 2018. Le président de l’ONPE Arnaud Leroy fait le « triste constat » d'une très légère augmentation du nombre de précaires énergétiques en 2018(2), après deux années de baisse. Cette détérioration serait due « en partie à l’augmentation des prix hors taxes des énergies et de la fiscalité énergétique ». L’ONPE souligne à ce sujet l’importance des aides financières pour soutenir les ménages précaires, rappelant en particulier que 5,7 millions de ménages ont reçu un chèque énergie en 2019 (contre 3,6 millions en 2018).

Au cours de l’hiver 2018-2019, 15% des ménages français ont par ailleurs déclaré avoir « souffert d’une sensation de froid chez eux » pendant au moins 24 heures, selon le médiateur national de l’énergie. Cette situation est principalement imputée à une mauvaise isolation thermique des logements (raison invoquée dans 41% des cas), devant les pannes de chauffage (24%) et une installation de chauffage insuffisante (20%).

Précarité énergétique en France
Près de 3,4 millions de ménages étaient en situation de précarité énergétique en France métropolitaine en 2018 selon l'indicateur économique pris en compte par l'ONPE. (©Connaissance des Énergies, d'après ONPE)

La rénovation des logements, priorité pour lutter contre la précarité énergétique

Pour lutter contre la précarité énergétique, Arnaud Leroy mentionne des leviers d’actions « de deux ordres : traiter les causes en agissant sur la consommation, notamment au travers de la performance énergétique des logements ; proposer une aide au paiement de la facture énergétique pour les ménages modestes ».

Le Plan de rénovation énergétique des bâtiments, présenté en avril 2018(3), « dénombre de 7 à 8 millions de passoires thermiques en France », rappelle l’ONPE(4). Il fixe pour objectif d’éliminer ces passoires thermiques du parc privé d’ici 2025, et de rénover 500 000 logements par an.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire a indiqué le 8 janvier 2020, lors de la présentation officielle de la nouvelle aide pour la rénovation énergétique des logements (MaPrimeRénov’) que l’Agence nationale de l’habitat (Anah) avait permis la rénovation de 155 000 logements en 2019 (« près du double du niveau de 2017 »)(5).

L’aide MaPrimeRénov’, destinée en 2020 « aux ménages les plus modestes » (avant d’être élargie en 2021) vise à simplifier les aides en matière de rénovation énergétique (en fusionnant le CITE et les aides de l’Anah), et ainsi « réussir à massifier les travaux »(6).  

Sources / Notes
  1. Tableau de bord de la précarité énergétique 2019, Observatoire national de la précarité énergétique, janvier 2020. 
  2. « Cette hausse reste modérée car la douceur des températures durant les mois d’hiver de 2018 est plus marquée qu’en 2017, ce qui réduit les besoins de chauffage entre ces deux années », précise l'ONPE.
  3. Plan de rénovation énergétique des bâtiments.
  4. Dont « 3,8 millions occupées par des ménages modestes ».
  5. Le ministère a par ailleurs souligné que le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) a permis de remplacer environ 250 000 chaudières très émettrices de CO2, dont près de 100 000 chaudières au fioul, et la réalisation d’environ 500 000 isolations de combles, toitures ou planchers bas.
  6. Selon les termes de Nathalie Appéré, présidente du Conseil d’administration de l'Anah.