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Un été 2017 plein d’énergie

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Ete energie 2017

Pour préparer la rentrée, l'énergie s'invite à la plage. (©Pixabay)

Que vous soyez un « juillettiste » de retour de vacances ou que vous preniez vos quartiers d’été en août, Connaissance des Énergies vous propose de faire un point sur quelques grandes actualités énergétiques du mois écoulé. Et pour anticiper les dossiers de la rentrée, la rédaction vous suggère déjà quelques thématiques énergétiques à réviser au soleil.

Ce qu’il s’est passé en juillet 2017

  • La présentation du Plan Climat de Nicolas Hulot

Le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a présenté le 6 juillet son « Plan Climat » qui indique en 23 axes ses priorités des années à venir. De cette feuille de route globale, il a surtout été retenu quelques annonces d’ambitions de long terme telles que la fin de la vente des véhicules à essence et diesel à l’horizon 2040 et l’objectif de « neutralité carbone » (équilibre entre les émissions et la capacité d’absorption des puits de carbone) d’ici à 2050.

Nicolas Hulot a également indiqué qu’il comptait présenter un projet de loi interdisant tout nouveau permis d’exploration ou d’exploitation d’hydrocarbures dans l’hexagone (près de 99% des hydrocarbures actuellement consommés en France sont importés) et rehausser le montant prévu de la contribution climat énergie à l’horizon 2030 (100 euros par tonne de CO2 selon la loi de transition). 

Le manque de précisions du Plan Climat sur certaines thématiques a été critiqué, en particulier sur la place du nucléaire dans le futur mix de production électrique. Interrogé à de multiples reprises en juillet sur les moyens d’atteindre l’objectif de « 50% » en 2025 fixé par la loi de transition, Nicolas Hulot a indiqué qu’il pourrait être nécessaire de fermer « jusqu’à 17 réacteurs » pour atteindre cet objectif, puis a évoqué le nombre de 25 tranches face à la commission des affaires économiques du Sénat.  

  • La mise à mort des tarifs réglementés du gaz par le Conseil d’État

Le 19 juillet, le Conseil d’État a annulé un décret de mai 2013 encadrant les modalités de fixation des tarifs réglementés du gaz, jugeant ces derniers « contraires » au droit européen. Leur maintien ne saurait être justifié par la poursuite d’un objectif d’intérêt économique général selon la plus haute juridiction administrative. Le Conseil d’État a exclu la possibilité de recours rétroactifs contre les tarifs appliqués dans le passé dans le cadre de ce décret (entre mai 2013 et décembre 2015).

Cette décision sonne a priori le glas des tarifs réglementés du gaz, Nicolas Hulot ayant par la suite précisé que le gouvernement ferait « en sorte que cela se fasse le moins douloureusement possible ». Selon le dernier observatoire des marchés de la CRE, 51% des 10,7 millions de sites résidentiels consommant du gaz naturel à fin mars 2017 étaient encore soumis aux tarifs réglementés.

Soutenue par les fournisseurs alternatifs d’énergie, la fin des tarifs réglementés devrait encore faire l’objet de vives discussions(1), y compris pour l’électricité. La structure du marché électrique diffère de celle du gaz et EDF défend le fait que l’électricité n’est pas substituable contrairement au combustible fossile. Nicolas Hulot a toutefois déclaré mi-juillet devant les sénateurs que face aux demandes de Bruxelles, « il en va du gaz comme de l’électricité, à un moment ou un autre, il faudra s’y plier ».

  • Les énergies renouvelables à la fête

A l’image de l’avion « Solar Impulse », un autre ambassadeur de la transition énergétique a tenu le haut de l’affiche en juillet : le catamaran « Energy Observer », propulsé à partir d’énergies renouvelables et d’hydrogène, a effectué son « baptême républicain » lors d’une grande escale à Paris. Le navire effectue un tour de France jusqu’en fin d’année, avant d’entamer son « Odyssée pour le futur » sur les différentes mers du globe.

Lors de la présentation du Plan Climat, Nicolas Hulot s’est engagé à accélérer le développement des énergies renouvelables, faisant référence aux filières solaires et éoliennes mais aussi aux énergies marines (énergie thermique des mershoulomotrice, etc.) et à la géothermie. Fin juillet, son ministère a dévoilé les 77 lauréats d'un appel d'offres national pour le développement de centrales photovoltaïques au sol qui porte sur une capacité de 500 MW (2e tranche d'un appel d'offres de 3 000 MW lancé en 2016). Le prix moyen de production de l'électricité proposé par les lauréats atteint 63,9 euros par MWh. 

Dans le domaine des énergies marines, la construction d’une usine d’assemblages d’hydroliennes a été lancée le 21 juillet à Cherbourg. Ce site devrait entre autres assurer l’assemblage et la maintenance des 7 hydroliennes du parc pilote qui sera immergé au niveau du Raz Blanchard (raccordement au réseau électrique prévu à l’horizon 2020). Signalons par ailleurs l’installation en cours de la première ferme éolienne flottante commerciale au large de l’Écosse.

  • Des crises diplomatiques pouvant affecter le secteur énergétique

Cet été est marqué par plusieurs crises diplomatiques susceptibles d’affecter le secteur énergétique. Le Qatar, premier exportateur mondial de GNL, fait l’objet de sanctions de l’Arabie saoudite et de ses alliés du Golfe qui l’accusent de soutenir « le terrorisme ». Le riche émirat gazier souhaite fortement augmenter sa production malgré les pressions éventuelles pour empêcher des partenariats avec des sociétés étrangères.

Outre Atlantique, le Sénat américain a pour sa part adopté de nouvelles sanctions contre la Russie qu’il tient pour responsable d’une action de piratage durant la campagne présidentielle aux États-Unis. Ces sanctions, qui visent également l’Iran et la Corée du Nord, ont fait l’objet de protestations de Bruxelles, qui craint qu’elles puissent affecter le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne (via la mer Baltique). 

Vos travaux de vacances pour préparer la rentrée

Cours du pétrole : le Congrès mondial du pétrole qui s’est tenu à Istanbul en juillet a accordé une place importante à l’évolution des cours du pétrole. L’accord de réduction de l’offre pétrolières des pays de l’OPEP et de la Russie, reconduit jusqu’à fin mars 2018, peine à faire remonter les prix du baril au-dessus de la barre des 50 dollars. L’OPEP se dit toutefois optimiste et l’Arabie saoudite a promis d’accentuer ses efforts de réduction de l’offre bien qu’elle reste confrontée à la croissance de la production américaine d’huiles de schiste.

Nucléaire : Emmanuel Macron et Nicolas Hulot se sont engagés à respecter l’objectif de « 50% » de nucléaire dans le mix électrique français en 2025 (contre 72,3% en 2016), une ambition qui sera encore largement commentée à la rentrée. Tout comme les dossiers des différents EPR. EDF a annoncé en juillet un surcoût de plus de 1,8 milliard d’euros pour le chantier des 2 EPR d’Hinkley Point au Royaume-Uni. L’électricien français a par ailleurs indiqué que l’EPR de Flamanville atteindrait pour sa part sa pleine puissance en novembre 2019. Pour rappel, il est prévu que la centrale de Fessenheim soit fermée à la mise en service de ce réacteur de 3e génération.

CSPE et PPE : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a recommandé fin juillet une hausse de 17% du montant de la CSPE qui permet principalement de financer le soutien aux filières électriques renouvelables. Selon la CRE, les charges de service public de l’énergie à compenser (principalement à EDF et aux entreprises locales de distribution) s’élèveront à près de 7,9 milliards d’euros au titre de 2018. Le montant de la CSPE doit être fixé par le Parlement, dans le cadre de l’adoption de la loi de finances. Le ministère de la transition écologique et solidaire travaille par ailleurs sur la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui doit être publiée en 2018.

Retour des publications de Connaissance des Énergies le lundi 4 septembre 2017.

Sources / Notes
  1. Des syndicats ont marqué leur forte opposition, tout comme l’UFC-Que Choisir qui voit dans les tarifs réglementés « un référentiel » constituant un prix plafond pour les consommateurs.