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Une nouvelle ferme solaire en Chine en forme de… panda

Centrale solaire panda

Le Programme des Nations Unies pour le développement soutient la construction de fermes solaires en forme de panda pour sensibiliser les Chinois aux énergies renouvelables. (©Panda Green Energy)

La compagnie chinoise Panda Green Energy a construit dans le nord de la Chine sa première ferme solaire en forme de panda. Elle prévoit d’en construire 99 autres dans les années à venir.

Un premier parc photovoltaïque « panda » dans la province du Shanxi

C’est dans la province du Shanxi au nord de la Chine qu’a été connectée fin juin une partie du parc photovoltaïque de Datong (ville de plus de 3 millions d’habitants). Pour l’heure, 50 MW sont connectés et font l’objet de tests. S’y ajouteront 50 MW de capacités supplémentaires d’ici la fin de l’année.

Cette centrale est a priori relativement classique, tant par sa taille que par ses caractéristiques. Vu du ciel, elle a en revanche la forme d’un panda géant s’étendant sur près de 1 km2. Des modules photovoltaïques en silicium cristallin et des cellules à couches minces plus claires ont été agencés de façon à reproduire l’animal qui fait déjà l’objet de beaucoup d’objets dérivés en Chine.

Au total, cette centrale fait l'objet d'un investissement de 350 millions de yuans, soit de l’ordre de 52 millions de dollars. Selon son exploitant Panda Green Energy(1), elle pourrait produire, une fois sa pleine puissance atteinte (100 MW), près de 3,2 TWh d’électricité durant ses 25 ans d’exploitation, soit 128 GWh par an (facteur de charge de 14,6%) et l’équivalent de la consommation électrique annuelle de près de 30 000 Chinois(2).

En se substituant au charbon, cette centrale pourrait éviter la consommation de près d’un million de tonnes du combustible sur 25 ans ainsi que les émissions associées de 2,74 millions de tonnes de CO2 d’après les estimations de l’exploitant.

Une campagne de communication autour des énergies renouvelables

Dans les cinq années à venir, Panda Green Energy promet de déployer son « Panda 100 Program » qui consiste à construire 100 parcs photovoltaïques en forme de panda, y compris en dehors de Chine (notamment aux îles Fidji, pays qui a annoncé la construction d’une centrale de plus petite taille que celle de Datong)(3). Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUE)(4) soutient ce projet et prévoit d'organiser des camps d'été au sein de ces parcs solaires pour sensibiliser les enfants et adolescents chinois au développement durable(5).

Ces parcs sont ainsi autant d’outils de communication visant à promouvoir le développement des énergies renouvelables, notamment en Chine où la consommation énergétique repose encore pour plus de 60% sur le charbon(6). Le panda, au fort pouvoir de séduction, est utilisé comme « un ambassadeur du climat et un ambassadeur de la paix, délivrant au monde entier notre désir d’une planète verte », explique Li Yuan, PDG de Panda Green Energy.

Le projet des 100 « centrales Panda », dont le coût est évalué à près de 3 milliards de dollars par Panda Green Energy, s’intègre dans le plan d’action « Belt and Road » du gouvernement chinois et des Nations Unies. Cette initiative, soutenue par 68 pays, vise à développer les infrastructures le long de la route de la soie historique reliant l’Europe et l’Asie.

La Chine a massivement investi dans les énergies renouvelables au cours des dernières années. En 2016, le pays a compté pour près de 46% des nouvelles capacités photovoltaïques installées dans le monde selon l’AIE(7). D’après les prévisions de Bloomberg New Energy Finance (BNEF), la contribution des énergies renouvelables dans le mix de production électrique chinois pourrait atteindre 55% à l’horizon 2040 (contre 25,8% en 2016(8)).