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Véhicules électriques : la recharge, future alliée du réseau ?

Recharge de véhicules électriques

Enedis gère le réseau de distribution d'électricité sur 95% de la France métropolitaine. (©Enedis)

Lancé en 2019, le projet « aVEnir » doit permettre de préciser les interactions possibles entre le réseau de distribution d’électricité, les bornes de recharge et les véhicules électriques. Présentation des expérimentations à venir.

Plus de 250 points de recharge

Le gestionnaire de réseau Enedis pilote le projet aVEnir (« accompagnons le Véhicule Electrique avec la nécessaire intelligence de la recharge »), aux côtés de 11 partenaires industriels et académiques(1). Il a annoncé le 16 septembre(2) que les premières étapes dudit projet avaient été « franchies avec succès », à savoir la sélection de plus de 250 points de recharge (dont 2 points de recharge « rapide »(3) de 50 kW) sur lesquels auront lieu différentes expérimentations d’ici 2022.

Ces points de recharge sont déjà en service « en voirie, en centre commercial, ou sur des sites d’entreprises », dans la métropole lyonnaise, en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Aix, Avignon, Saint-Tropez notamment) et en région parisienne. Enedis entend également inclure dans ce projet des bornes de recharge situées dans des immeubles en copropriétés.

Le gestionnaire de réseau a déjà mené des premières analyses sur le pilotage des sites sélectionnés(4), en décalant notamment la recharge dans le temps en fonction des besoins du réseau électrique ou en modulant la puissance soutirée par les bornes. Enedis précise que « ces différents types de pilotage sont à adapter et à moduler en fonction du type d’usage » (recharges de salariés sur site d’entreprise, d’une flotte d’entreprise, en maison individuelle, dans un centre commercial, etc.) et estime pouvoir communiquer « d’ici quelques mois des résultats plus quantitatifs » sur le sujet.

Expérimentations sur le « Vehicle to Grid »

Les futures expérimentations d’Enedis et de ses partenaires doivent tourner autour de 3 grands « cas d’usage » :

  • les effets de la modulation de puissance opérée par une borne de recharge en réponse aux besoins exprimés par le gestionnaire du réseau de distribution ;
     
  • l’injection sur le réseau de distribution de l’électricité stockée dans les batteries des véhicules, en fonction des besoins d’équilibrage du système électrique (« Vehicle to Grid » ou « V2G »)(5). Le projet « aVEnir » doit entre autres préciser un modèle d’affaire possible pour « rémunérer les propriétaires de véhicules électriques et/ou l’opérateur en charge du service pour les marges de flexibilité fournies » et étudier l’acceptation des usagers ;
     
  • la synchronisation possible entre production photovoltaïque et recharge de véhicules électriques (avec un outil « permettant de prédire à une maille temporelle fine et locale les productions et consommations, et d’inciter l’usager à recharger sa voiture au moment opportun en favorisant les périodes de production photovoltaïque »).

Pour rappel, RTE s’était déjà interrogé sur le pilotage de la recharge de véhicules électriques dans un rapport publié en mai 2019(6). Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité y estimait que près de 85% de la consommation annuelle des véhicules électriques pourrait faire l’objet d’un pilotage de la recharge(7) (sont écartées de ce pilotage les recharges lors de déplacements « longue distance », en particulier en itinérance sur les axes autoroutiers). Il était rappelé dans l'étude de RTE qu’un véhicule particulier est « majoritairement un objet statique », utilisé moins de 4% du temps en moyenne.

Enedis indique préparer également une étude sur le pilotage de la recharge des véhicules électriques « pour la fin 2020 ». 

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Sources / Notes
  1. Renault, PSA, Schneider Electric, Total EV Charge, EDF (filiale IZIVIA), Dreev, GIREVE, Trialog, Electric 55 Charging, Université Grenoble Alpes, Aix Marseille Université.
  2. Le projet aVEnir a franchi les premières étapes avec succès, Enedis, 16 septembre 2020.
  3. Bornes situées sur le site de SAP. Toutes les autres bornes de recharge ont une puissance « inférieure à 22 kVA », indique Enedis.
    Les puissance de recharge des véhicules électriques, Avere.
  4. Notamment sur « la puissance soutirée au même moment sur chaque point de charge, et en cumulé sur l’ensemble des points de charge, selon 2 modes différents : recharge naturelle (la voiture se recharge à pleine capacité dès qu’elle est connectée au réseau) ou recharge pilotée (un système qui permet par exemple de décaler la recharge dans le temps, ou de limiter la puissance totale soutirée par toutes les bornes en simultané) ».
  5. Ces expérimentations seront menées « dès la fin 2020 grâce à plusieurs véhicules fournis par les groupes PSA et Renault, ainsi que des bornes et le service V2G fournis par Dreev ».
  6. Rapport rédigé avec l’Avere sur les conséquences possibles pour le réseau du développement à grande échelle des véhicules électriques en France. RTE y présentait à travers différents scénarios prospectifs, estimant notamment que l’ensemble des transports électrifiés en France pourrait consommer entre 40 et 65 TWh par an à l’horizon 2035, contre 13 TWh à l’heure actuelle (essentiellement pour les transports ferrés). Il y présentait également différentes formes possibles de pilotage de la recharge. Un pilotage simple consiste à déclencher la recharge sur des plages tarifaires définies à l’avance (par exemple durant les « heures creuses »), à l’image de la recharge des chauffe-eau qui est aujourd’hui pilotée à 80% selon RTE. Le pilotage peut être plus « dynamique » si la recharge est déclenchée en fonction des prix horaires de l’électricité sur le marché de gros.
  7. Cette recharge ne nécessitant pas d’être effectuée « en temps contraint ». Sous réserve de l’existence d’un nombre suffisant de points de recharge accessibles.

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