Newsletters des énergies

Parc éolien français

Parc éolien français
La région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine est la région française où la capacité éolienne installée est la plus importante, avec 2 541 MW raccordés à fin septembre 2015. (©photo)
À retenir
  • Les éoliennes ont généré 3,9% de la production totale d’électricité en France en 2015.
  • Près de la moitié de l'électricité produite par le parc éolien provient des régions Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et Nord-Pas-de-Calais-Picardie.
  • Le développement de parcs éoliens est lié aux tarifs d’achat de l’électricité produite et aux démarches plus ou moins lourdes du processus d’implantation.
  • Au niveau européen, la France possède le deuxième potentiel éolien derrière le Royaume-Uni et le quatrième parc éolien en matière de puissance installée.

Définition

Avec une puissance de 10 312 MW raccordée au réseau électrique à fin 2015, le parc éolien français est le 4e parc éolien en Europe en termes de puissance, derrière ceux de l’Allemagne, de l’Espagne et du Royaume-Uni. D’après les données de RTE, les éoliennes du parc français ont généré 21,1 TWh en 2015, soit près de 3,9% de la production totale d’électricité en France durant cette année.

La France compte sur le développement de son parc éolien pour porter à 23% la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici à 2020 (objectif fixé par le Paquet Énergie-Climat). A cet horizon, il est prévu d’atteindre dans le pays une capacité éolienne installée de 25 GW dont 6 GW offshore. Sur les bases du Grenelle Environnement, deux appels d’offres sur l’éolien offshore (pas d'éolienne offshore connectée à ce jour) ont été organisés en France. Les résultats de ces appels d'offres ont été officialisés en avril 2012 et mai 2014 et les installations pourraient s'échelonner jusqu'à 2023.

Répartition du parc

Le parc éolien français est actuellement uniquement constitué d’éoliennes terrestres, la mise en service des parcs offshore étant prévue à l’horizon 2020. A fin septembre 2015, près de 1 373 « installations » étaient connectées au réseau électrique selon les dernières données du Commissariat général au développement durable (CGDD)(1). La notion d’ « installations » employée par le CGDD est large, elle désigne aussi bien une petite éolienne de quelques kW qu’un grand champ d’éoliennes de plusieurs dizaines de MW.

Le parc éolien français est assez inégalement réparti d’un point de vue géographique. Cette inégalité de répartition n’est pas uniquement due aux conditions climatiques, les zones géographiques les plus ventées n’étant pas nécessairement celles qui disposent des plus grandes capacités installées (par exemple, le Languedoc-Roussillon). Elle s’explique également par des facteurs économiques, politiques ou sociaux.

En 2015, deux des « nouvelles » régions (entrées en vigueur au 1er janvier 2016) ont produit à elles seules 48% de l'électricité d'origine éolienne en France métropolitaine(2) : Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et Nord-Pas-de-Calais-Picardie qui disposent chacune d'une puissance éolienne installée supérieure à 2 000 MW.

Puissance éolienne raccordée par région

Puissance éolienne raccordée par région en France métropolitaine à fin 2015. (©Connaissance des Énergies d'après RTE)

La Corse (18 MW éoliens installés à fin septembre 2015), l'Ile-de-France (21 MW) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (50 MW) sont les trois régions disposant des parcs éoliens les plus limités en France métropolitaine. Dans les départements d'outre-mer, la Guadeloupe et la Réunion disposent respectivement de 23 MW et 15 MW éoliens installés à fin septembre 2015.

Enjeux

La France possède le deuxième gisement éolien (ressources en vent) d’Europe derrière le Royaume-Uni. L'énergie éolienne reste toutefois une source intermittente qui nécessite d’être couplée avec d’autres unités de production telles que des centrales à gaz ou avec des unités de stockage. Outre d’éventuelles difficultés techniques (notamment sur les sites offshore), le développement de parcs éoliens est lié aux tarifs d’achat de l’électricité produite et aux démarches plus ou moins lourdes du processus d’implantation.

Un développement lié au tarif d’achat

Un tarif d’achat de l’électricité produite par les parcs éoliens a été mis en place dès juin 2001 afin de favoriser le développement de la filière. Revu à plusieurs reprises en juillet 2006, novembre 2008 et juillet 2014, ce tarif, dépendant en partie de la localisation du parc éolien, peut constituer un facteur d’arbitrage du développement de certains parcs. Il a également une incidence sur les consommateurs finaux car il est répercuté sur leurs factures d’électricité, sous la forme de la CSPE.

Pour l’éolien terrestre (arrêté du 1er juillet 2014) :

  • le contrat d'achat, établi sur une durée de 15 ans, fixe les tarifs suivants : 8,2 c€/kWh pendant 10 ans, puis entre 2,8 et 8,2 c€/kWh pendant 5 ans selon la productivité du site considéré.

Pour l’éolien offshore :

  • le tarif d’achat prévu par l’arrêté du 17 novembre 2008 est de 13 c€/kWh pendant 10 ans, puis peut être diminué jusqu’à 3 c€/kWh pendant 10 ans selon la productivité du site. Le tarif d’achat annoncé dans le cadre du premier appel d’offres est toutefois supérieur à ces montants. Il varie entre les différentes zones d’implantation : sur les parcs de Fécamp, Courseulles-sur-Mer, il est fixé entre 11,5 et 17,5 c€/kWh. Pour ceux de Saint-Brieuc et Saint Nazaire, il est compris entre 14 et 20 c€/kWh.

Une forte implication territoriale

L’installation de champs éoliens, opérée aux côtés des élus locaux et des autorités administratives, fait l’objet de nombreuses étapes qui ont un impact sur leurs délais de développement :

  • la recherche d’un site éolien adapté ;
  • l’étude d’impact environnemental ;
  • le recueil de données sur le vent, les moyens d’accès et les conditions de raccordement électrique ;
  • des études de rentabilité, etc.

Parallèlement à ces étapes chronophages, il est nécessaire d’écarter les craintes et réactions de type Nimby, des riverains pouvant s’opposer pour de multiples raisons à l’installation d’éoliennes dans leur environnement. D’après une enquête réalisée par Opinion Way en octobre 2014, près de 60% des Français seraient prêts à accepter l'implantation d'un parc de 5 à 10 éoliennes à moins d'un kilomètre chez eux (parmi les sondés se déclarant « concernés » par cette possibilité)(3).

Toute demande de raccordement de nouvelles installations au réseau électrique doit être déposée auprès d’un opérateur : RTE pour les grands champs éoliens, gestionnaire du réseau de distribution (ERDF ou entreprises locales de distribution) pour les installations dont la puissance est inférieure à 12 MW. Le délai pour traiter ces différentes étapes, de la prospection d’un site à la mise en service d’un parc, peut durer de 3 à 10 ans(4). Les délais de raccordement expliquent notamment pourquoi des capacités installées beaucoup plus importantes que celles du parc national raccordé sont parfois évoquées (elles intègrent les projets éoliens en attente de raccordement).

Notons qu’un nombre croissant d’éoliennes domestiques (principalement à axe vertical) sont installées. Celles-ci ne nécessitent pas d’être raccordées au réseau électrique dès lors qu’elles ont vocation à alimenter directement un foyer ou une installation en électricité.

Puissance éolienne raccordée par trimestre entre 2009 et 2015

Puissance éolienne : nouveaux raccordements par trimestre en MW (©Connaissance des Énergies, d'après données du Commissariat général au Développement durable)

Chiffres clés

  • Avec une capacité éolienne installée de près de 10,3 GW à fin 2015, la France possède la 4e capacité éolienne installée en Europe selon l’EWEA (European Wind Energy Association), derrière l’Allemagne (44,9 GW), l’Espagne (23,0 GW) et le Royaume-Uni (13,6 GW).
  • Dans l'Union européenne, près de 11,4% de la consommation électrique serait couverte par la production éolienne selon l'EWEA.(5)
Répartition du parc éolien de l'Union européenne à fin 2015

Répartition du parc éolien de l'Union européenne à fin 2015 (©Connaissance des Énergies d'après données de l'EWEA)

  • La filière éolienne emploie près de 11 000 personnes en France à fin 2013 selon l’association FEE (France Energie Eolienne) qui regroupe les acteurs de la filière. Cette dernière estime que le nombre d'emplois liés à l'énergie éolienne pourrait atteindre 60 000 à l'horizon 2020.(6)

Présent et futur

En juillet 2010, la loi Grenelle 2 avait introduit des zones de développement de l’éolien terrestre (ZDET) qui visaient à favoriser l’implantation de parcs éoliens dans ces lieux. Les parcs y étaient plus rapidement raccordés au réseau et bénéficiaient d’une majoration des tarifs d’achat de l’électricité produite. Cette législation imposait la mise en place de parcs d’au moins 5 machines, chacune d’entre elles devant être distante de plus de 500 m de toute zone habitée. En 2013, la loi dite « Brottes » a supprimé ce cadre des ZDE. Ce sont désormais les Schémas Régionaux Éoliens (SRE) qui constituent l’outil de planification géographique des implantations éoliennes.

La loi de transition énergétique adoptée à l'été 2015 comporte des mesures de simplification des procédures pour l'implantation de parcs éoliens terrestres (réduction des délais de recours, généralisation de l'expérimentation du permis environnemental unique), notamment dans les communes littorales, .

Le Grenelle Environnement avait prévu l’installation d’au moins 500 éoliennes par an afin d’atteindre une capacité installée en France de 25 GW à l’horizon 2020 (dont 6 GW offshore)(7). Cet objectif semble toutefois actuellement hors de portée, compte tenu du rythme de raccordement annuel des dernières années (et en l'absence d'un 3e appel d'offres sur l'éolien offshore).

Concrètement

Selon RTE, la production éolienne a couvert pour la première fois plus de 10% de la consommation électrique française pendant 1h30 le dimanche 17 juillet 2011.