Aides aux carburants et recommandation du FMI
Face à la flambée des cours liée au conflit au Moyen-Orient, le gouvernement italien a abaissé les droits d’accise sur l’essence et le diesel depuis le 23 mars 2026. Ces mesures ont été reconduites pour la quatrième fois le 22 mai 2026 avec une remise ramenée à 5 centimes d’euro par litre pour l’essence et à 10 centimes pour le diesel, selon la présidence du Conseil dirigée par Giorgia Meloni.
Dans un rapport préliminaire publié le 27 mai 2026 à l’issue d’une mission menée mi‑mai, des experts du FMI jugent que « la récente réduction généralisée des accises sur le diesel et l’essence pour amortir l’impact du choc devrait être remplacée par des transferts monétaires ciblés vers les ménages les plus vulnérables ». Ils ajoutent que « les mesures visant à atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie devraient être neutres sur le budget, temporaires, bien ciblées et ne pas affaiblir l’incitation à réduire la consommation d’énergie ». Ce document n’a pas encore été validé par les organes centraux du FMI.
Dette élevée et effort budgétaire attendu
Le FMI estime que, malgré des progrès d’assainissement, la dette publique italienne reste « trop élevée », autour de 137 % du PIB fin 2025, et que sa dynamique demeure « vulnérable aux chocs de croissance, de taux d’intérêt et de confiance ». Les services du Fonds recommandent un effort budgétaire additionnel d’environ 1 % du PIB sur 2026‑2027, avec la possibilité de l’étaler sur trois ans.
Selon les mêmes experts, « une dette plus faible contribuerait à son tour à générer un cercle vertueux de rendements plus bas, ce qui stimulerait l’investissement privé, soutiendrait la croissance et renforcerait la trajectoire descendante de la dette ». Le FMI relève par ailleurs que le déficit public s’est réduit à 3,1 % du PIB en 2025 et que le solde primaire a atteint 0,8 % du PIB, traduisant la poursuite de la consolidation.
Croissance atone et risques liés aux prix de l’énergie
Le FMI indiquait en avril 2026 une croissance du PIB de 0,5 % en 2026, prévision désormais entourée de risques accrus, la hausse des prix mondiaux de l’énergie ayant « contribué à affaiblir la confiance des consommateurs », ce qui augmente la probabilité d’une activité plus faible qu’anticipé. Le Fonds note aussi un regain d’inflation totale à 2,8 % en glissement annuel en avril 2026, en lien avec la dépendance de l’Italie aux combustibles fossiles importés.
À moyen terme, le FMI estime que le vieillissement rapide de la population et la faiblesse persistante de la productivité continueront de brider la croissance potentielle autour de 0,6 %.