Déchets radioactifs: Cigéo, encore des années de demandes d'autorisations

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le projet Cigéo à Bure (Meuse), où doivent être enfouis à partir de 2050 les déchets nucléaires les plus dangereux, fait l'objet d'un long processus règlementaire afin d'être, peut-être, autorisé à être mis en oeuvre dans les prochaines années.

Contesté par des écologistes et associations locales, il doit accueillir, à 500 mètres sous terre, 83.000 mètres cubes de déchets issus de centrales nucléaires devant rester hautement radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années. Voici les grandes étapes, passées et à venir, de cet équipement hors normes.

1991: lancement du projet par la Loi Bataille, qui prévoit 15 ans de recherche autour des solutions de gestion des déchets radioactifs les plus dangereux.

1998: le choix du site près de Bure, à cheval entre la Meuse et la Haute-Marne, est acté par le gouvernement.

1999: création du laboratoire souterrain de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) à Bure-Saudron, outil d'études notamment de la roche.

2005: premier débat public sur les options de gestion des déchets radioactifs de haute et moyenne activité. Les associations locales contestent le stockage en profondeur.

2006: une loi votée par le Parlement retient la solution du stockage géologique profond, et demande qu'il soit réversible pendant 100 ans. Des recherches sur d'autres solutions doivent se poursuivre.

2007: mise en service du laboratoire souterrain à Bure-Saudron.

2012: le nom de Cigéo (pour Centre industriel de stockage géologique) est choisi.

2013: un deuxième débat public tourne rapidement court, après l'interruption de deux réunions par des opposants - les discussions se poursuivent lors d'échanges sur internet.

2016: le Parlement adopte la loi sur les modalités de création de Cigéo.

Juillet 2022: le projet est déclaré d'utilité publique par décret en Conseil d'État.

Janvier 2023: l'Andra dépose le dossier de demande d'autorisation de création (DAC) du site.

Septembre 2025: lancement de chantiers d'archéologie préventive, prévus pour durer 15 à 36 mois.

Décembre 2025: l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) juge les conditions de sûreté "satisfaisantes" en l'état.

Avril 2026: le coût du projet est évalué à 33,4 milliards d'euros par l'Etat, au lieu des 25 milliards initialement envisagés.

Du 18 mai au 2 juillet 2026: enquête publique sur la DAC de Cigéo, sans réunion en présentiel.

Fin 2027 ou début 2028: l'Andra attend à cette période le décret autorisant la création de Cigeo, préalable à la construction du site. Pendant cette période, de nouvelles autorisations seront nécessaires pour démarrer une phase industrielle pilote et des essais avec des colis factices.

Horizon 2050: autorisation attendue de mise en service limitée à la phase industrielle pilote, permettant des essais avec des colis de déchets radioactifs.

Après 2050: publication d'une loi fixant les conditions de poursuite éventuelle du stockage et autorisation de mise en service complète, permettant le début du stockage de certains types de colis.

Années 2080: début du stockage de l'ensemble des colis de déchets de haute activité, sous réserve de l'obtention des autorisations.

Années 2170: Fermeture du stockage souterrain après une loi l'autorisant, et début d'une période de surveillance. Les installations de surface seront aussi démantelées.