Tarif de rachat de l’électricité, point de blocage identifié

L’offre de reprise, enregistrée le lundi 1er juin 2026 au tribunal de commerce de Toulouse, doit être examinée le 17 juin 2026. La direction situe l’enjeu central sur la rémunération de l’électricité issue de la biomasse vendue à EDF, activité devenue déficitaire avec la hausse du prix du bois et des copeaux. L’État a proposé une revalorisation du tarif pouvant aller, sous conditions, jusqu’à 20 %, mais la société juge ce niveau insuffisant pour rétablir l’équilibre financier des sites de Saint‑Gaudens et de Tarascon.

« La réussite au final dépendra de notre engagement sans faille mais également à un moment de décisions politiques que l’on attend », a déclaré à l’AFP Thomas Pétreault, directeur des affaires publiques et de la communication. Ce dernier estime qu’une évolution du cadre de rachat demeure « indispensable » pour lever les dernières incertitudes avant l’audience du 17 juin.

Financement immédiat sécurisé en partie, et besoins de relance

Sur les besoins en fonds propres, la direction se dit confiante. L’enveloppe immédiate est évaluée à 15 millions d’euros, avec un schéma d’actionnariat public‑privé en cours de constitution. « On est en train de créer un pacte d’actionnaires public/privé sur lequel on a déjà sécurisé, avec l’engagement des régions Occitanie et Sud, huit millions d’euros », a assuré Thomas Pétreault.

Pour la relance industrielle, le besoin additionnel atteint 45 millions d’euros. Des discussions sont engagées avec des partenaires industriels, tandis que l’actionnaire indonésien a annoncé son désengagement. L’offre émane de Jean‑François Guillot, président depuis 2019, ancien directeur d’usine et vice‑président au sein de grands groupes papetiers et forestiers entre le Canada, la France et le Royaume‑Uni, selon l’entreprise.

Procédure en cours et alerte sociale

L’entreprise a été placée en redressement judiciaire fin avril 2026, selon une dépêche AFP, et les deux usines emploient 275 salariés à Saint‑Gaudens et 270 à Tarascon. Les représentants du personnel ont indiqué, à l’issue d’une audience technique, qu’une requête en liquidation judiciaire serait envisagée, ce qui accroît la pression sur le calendrier de reprise.

Dans un communiqué publié mercredi, les syndicats ont « lancé un appel solennel au Premier ministre afin qu’il intervienne immédiatement pour lever les obstacles qui menacent la survie de l’entreprise ». La direction affirme « mener tout de front » afin de satisfaire les conditions suspensives avant l’audience du 17 juin 2026.