Électricité: l'UFC-Que Choisir accuse EDF de faire payer des « surcoûts faramineux »

  • AFP
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L'UFC-Que Choisir a accusé jeudi EDF de faire payer aux Français des "surcoûts faramineux" sur leur facture d'électricité en sous-utilisant volontairement son parc nucléaire, influençant ainsi les prix du marché.

"La sous-utilisation des capacités de production d'EDF, qui a la mainmise sur le nucléaire, affecte lourdement les consommateurs", a dénoncé Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs, lors d'une conférence téléphonique.

EDF a vivement réagi à sa mise en cause, menaçant d'aller "devant les tribunaux pour tirer les conséquences de ces allégations". Selon l'UFC, l'électricien sous-utilise ses capacités nucléaires lorsque cela l'arrange, par rapport à ce qui se fait dans d'autres pays européens comme l'Allemagne et le Royaume-Uni, avec pour effet d'augmenter les prix.

L'association estime en effet qu'EDF fait moins tourner ses réacteurs lorsque les prix de marché diminuent. "Cette sous-utilisation du parc nucléaire français est généralement compensée par l'emploi de centrales plus coûteuses (gaz, fioul, charbon), qui font augmenter les prix sur le marché de gros", remarque l'UFC Que Choisir.

EDF profiterait alors de cette augmentation des prix pour vendre son électricité plus cher sur les marchés à terme (pour une livraison plus tard). "Cela permet à EDF de vendre sa production future, donc vendue maintenant par anticipation sur le marché à terme, à un bien meilleur prix que s'il avait utilisé 100% de son parc nucléaire", explique Nicolas Mouchnino, spécialiste de l'énergie à l'UFC.

Facture

L'électricien fait ainsi des arbitrages pour "assurer une plus grande rentabilité de ses centrales nucléaires au détriment des consommateurs", indique l'étude. Cela se traduit ensuite par un alourdissement de la facture des particuliers: ce sont "2,4 milliards d'euros de surcoût qui ont été supportés par l'ensemble des consommateurs particuliers, entre 2012 et 2016".

Dans le détail, les abonnés au tarif réglementé de vente (TRV) chez EDF auraient supporté un surcoût moyen de 71 euros par consommateur sur la période, quand les clients des fournisseurs alternatifs ont vu leur facture gonflée de 109 euros par ménage.

Alain Bazot a refusé d'utiliser le terme de "manipulation" du marché pour qualifier ce mécanisme. Mais il a suggéré que la Commission de régulation de l'énergie (CRE) ou l'Autorité de la concurrence se penchent plus précisément sur les pratiques d'EDF. L'UFC a rappelé la situation particulière de la France: les particuliers peuvent certes choisir leur fournisseur depuis plus de dix ans mais l'opérateur historique a conservé une part prépondérante dans la production d'électricité.

EDF possède en effet l'intégralité du parc nucléaire français, constitué de 58 réacteurs et qui produit plus de 70% de l'électricité dans le pays. Alors que la France élabore sa Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour les années à venir, l'UFC réclame "un cadre réglementaire plus contraignant" pour que l'exploitation du parc nucléaire français profite plus aux consommateurs.

« Raisonnement erroné »

Sur le fond, l'électricien "conteste" les accusations et rappelle agir sous le contrôle de la CRE, qui publie chaque année un rapport sur le fonctionnement du marché de gros de l'électricité.

"L'UFC-Que Choisir ne fonde ses allégations sur aucun élément tangible, s'appuyant seulement sur un raisonnement économique erroné qui ne tient pas compte de la réalité du marché de gros, marché européen interconnecté basé sur la rencontre de l'offre et de la demande", a réagi EDF dans un communiqué.

La CRE a de son côté rappelé mener une mission de surveillance des marchés de gros de l'énergie. Dans son dernier rapport sur le sujet publié en octobre, elle indiquait avoir ouvert six enquêtes, dont trois spécifiquement sur l'électricité.

Commentaires

Lecteur 27

Alors là c'est bien la dernière ... ! UFC Que Choisir qui est ici en plein dans son secteur de compétence et son "cœur de métier" nous dit que EDF exerce une gestion malthusienne de ses capacités nucléaires afin de faire monter les prix sur les marchés à terme. On croyait qu'il n'y avait que deux causes principales à la diminution du facteur de charge des capacités nucléaires: les directives (a priori légitimes) de l'ASN d'une part et, d'autre part, la production intermittente et aléatoire de MWh éolien ou solaire, production parfois massive et toujours prioritaire et qui, étant lourdement subventionnée par le contribuable (ou l'usager qui ne le sait pas souvent), arrive sur les marchés avec un avantage "compétitif" assez considérable -- et qui doit donc se traduire chez EDF par une diminution de sa production nucléaire. Si UFC Que Choisir souhaite mettre les capacités nucléaires au service des consommateurs, qu'il demande la cessation des EnRi subventionnés (qui n'apportent pas de bénéfice climat particulier dans notre mix français), alors EDF pourra mieux exploiter ses capacités de génération nucléaires - et le consommateur fera l'économie de quelques milliards d'Euros (CSPE) tous les ans. J'ai peur que la PPE 2018 ne prenne pas ce chemin là.

AtomicBoy44

Mais d’où tirent ils leurs données pour exprimer de telles allégations ?????

Le but est-il vraiment de ruiner EDF encore plus pour dire que c'est la faute du nucléaire si les cours augmentent ?

Qui tire profit de cette publicité facile sur le dos d'EDF ?

le pb est que l'ASN a donné la première la méthode. Tu balance des allégations et des fausses informations sur EDF et son parc nucléaire ou ses fabricants, et puis ça ne te coute rien mais ça te rapporte en terme d'image et de communication.

Quand va t-on inventer la réparation pour dégradation d'image a l'image des erreurs judiciaires qui détruisent entièrement des dizaines de vie chaque année..

Pourquoi l'AFP continue t-elle de répandre sans cesses ces calomnies accusatrices sur EDF et la filière électronucléaire française ???? Ou est son intérêt ??? Détestent-ils si fortement la technostructure de notre pays pour lui dénigrer sans cesse toute crédibilité ?

De nombreuses questions que je ne devrais pas me poser dans un pays comme le mien ayant au fronton de ses batiments public les devises comme libertés, égalité. Fait-il inscrire désinformation concentration et idiocracy au fronton de l'agence AFP ?

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