Un cap chiffré pour les remplacements

Présenté à des experts, le projet fixe une première séquence de deux à cinq reconstructions de réacteurs vieillissants dans les années 2040, puis porte le total visé à environ 14 unités dans la décennie suivante. Le ministère indique que, dans ce scénario, l’électronucléaire couvrirait environ 20% de la demande d’énergie du pays, contre près de 10% aujourd’hui.

Il s’agit, selon Kyodo News, de la première fois que le gouvernement formule des objectifs chiffrés de remplacement d’unités. Les ministères concernés doivent encore examiner la proposition, qui s’inscrit dans une trajectoire de relance contrôlée de la filière plus de quinze ans après l’accident de Fukushima Daiichi.

Capacité électrique et arbitrages à venir

Le ministère justifie ce cap par la nécessité d’assurer des marges suffisantes de production face à une demande en forte hausse liée aux centres de données, à l’intelligence artificielle et aux nouvelles usines de semi-conducteurs. Selon l’industrie électrique japonaise, le pays pourrait accuser dans les années 2040 un déficit d’environ 5,5 millions de kilowatts, soit près de 5,5 GW, l’équivalent de la production de cinq réacteurs de grande puissance.

Le Japon avait arrêté l’ensemble de ses installations après le séisme et le tsunami de 2011, qui ont entraîné la fusion de trois réacteurs à Fukushima. Tokyo met désormais en avant la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles, l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 et la croissance des besoins électriques pour justifier la reconstruction d’unités en remplacement d’anciens réacteurs.

État du parc et cadre de longévité

Le parc redémarré a progressé ces deux dernières années. Quinze réacteurs étaient en exploitation en 2025 pour une puissance cumulée de 14,6 GW, et le facteur de charge annuel des centrales a atteint 33,6% sur l’exercice 2025, selon la Japan Atomic Industrial Forum. ([jaif.or.jp](https://www.jaif.or.jp/en/news/npps/7842?utm_source=openai))

Au début de 2026, l’Energy Information Administration américaine recensait 32 réacteurs « opérationnels » au sens réglementaire, dont 15 en service effectif, trois ayant reçu une première approbation de l’Autorité de régulation nucléaire, six en cours d’examen et huit sans demande de redémarrage déposée. ([eia.gov](https://www.eia.gov/TODAYINENERGY/detail.php?id=67244&utm_source=openai))

Parallèlement aux remplacements, le cadre permet désormais de prolonger l’exploitation au-delà de 60 ans en excluant du calcul les périodes d’arrêt pour inspections, une évolution entrée en vigueur en juin 2025. ([world-nuclear.org](https://world-nuclear.org/information-library/country-profiles/countries-g-n/japan-nuclear-power?utm_source=openai))

L’Agence internationale de l’énergie atomique estime qu’en 2023‑2024 la part du nucléaire dans la production d’électricité japonaise tournait autour de 10%, et rappelle que la planification énergétique nationale vise environ 20% à l’horizon de l’exercice 2040. ([cnpp.iaea.org](https://cnpp.iaea.org/public/countries/JP/profile/highlights?utm_source=openai))