Accès restreint et installations visées
Sur la base d'images satellites, une source diplomatique indique que l'Agence n'a pas détecté d'activité sur des sites sensibles comme Ispahan et Natanz depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février 2026. Cette absence d'observation ne vaut toutefois pas vérification, l'Agence soulignant que ses équipes doivent revenir physiquement sur le terrain.
L'AIEA n'a plus accès à plusieurs installations importantes depuis l'offensive de douze jours menée en juin 2025 pendant laquelle des sites nucléaires iraniens ont été frappés. Certains sites ont de nouveau été touchés dans le conflit en cours et l'Agence a, à de multiples reprises, sollicité des autorisations d'accès restées sans suite.
Inspection à Bouchehr et suivi de gouvernance
Dans son rapport, l'AIEA précise avoir conduit cette semaine une inspection à la centrale nucléaire de Bouchehr, sans pouvoir intervenir sur d'autres sites. Édifiée et exploitée avec l'appui de la Russie à des fins civiles, cette installation, qui contribue au mix énergétique iranien, a elle aussi été prise pour cible durant la guerre.
« Si l'Agence a reconnu que les attaques militaires contre les installations et sites nucléaires iraniens ont créé une situation sans précédent, il est crucial qu'elle puisse mener sans délai ses activités », stipule le document. Le texte sera soumis à l'examen du Conseil des gouverneurs lors de sa prochaine réunion à Vienne.
Stocks d'uranium et divergences d'appréciation
Avant les frappes américaines de juin 2025, l'Agence avait estimé que l'Iran détenait environ 440 kg d'uranium enrichi à 60 %, un niveau proche des 90 % requis pour une arme nucléaire. Le sort de ce stock demeure incertain, Téhéran refusant l'accès des inspecteurs de l'AIEA aux installations endommagées.
Israël et les États-Unis accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, le président américain Donald Trump invoquant cette menace pour justifier à la fois le conflit de 12 jours en 2025 et la guerre actuelle déclenchée par des frappes américano-israéliennes le 28 février 2026. Téhéran réaffirme, de son côté, ne viser qu'un usage civil de la technologie nucléaire et conteste toute ambition militaire, tandis que l'Agence souligne que le déficit d'accès constitue une « préoccupation en matière de prolifération ».