Niveau de production et part dans la consommation
Selon l’Association du transport aérien international (Iata), la production mondiale de carburants d’aviation durables, ou SAF, atteindrait environ 2,4 millions de tonnes en 2026, soit près de 0,8 % de la consommation des compagnies. « Cela semble être une année décevante de plus pour la production de SAF », a commenté le directeur général de l’organisation, Willie Walsh, cité dans un communiqué.
Iata observe que la hausse brutale des prix des carburants, imputée à la guerre au Moyen-Orient, n’a pas déclenché l’augmentation d’offre attendue. « Nous attendons toujours que soit le choc énergétique, soit la nécessité de garantir la souveraineté en énergie et l’emploi, soit l’urgence de ralentir le changement climatique se transforme en incitations nécessaires pour créer un marché viable », a-t-il écrit.
Cadre européen contesté et potentiel brésilien mis en avant
L’organisation s’est montrée très critique envers l’approche de l’Union européenne, qui a adopté en 2023 des obligations pour les compagnies aériennes, avec 2 % de SAF dans le réservoir des avions, puis 6 % en 2030, 20 % en 2035 et 70 % en 2050. « On m’a appris à l’université que si vous mettez des obligations sur un marché où le produit est introuvable, le prix va grimper. C’est exactement ce qui s’est passé en Europe et au Royaume-Uni », a déclaré la cheffe économiste de l’Iata, Marie Owens Thomsen.
Iata cite le Brésil, hôte du congrès, comme un exemple de « potentiel inutilisé ». « Il y a une occasion formidable, et un potentiel formidable. (...) Le Brésil détient près de 120 millions de tonnes de matières premières potentielles pour des SAF d’ici à 2030 », a indiqué à la presse Preeti Jain, directrice de recherche de l’Iata sur la neutralité carbone, évoquant notamment les déchets de l’industrie sucrière.