L'inflation au plus haut depuis près de trois ans aux Etats-Unis

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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L'inflation déraille une nouvelle fois aux Etats-Unis: elle n'avait plus été aussi élevée depuis près de trois ans, selon les données publiées mardi, que Donald Trump a balayées d'un revers de main.

En avril, l'indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 3,8% sur un an. Un tel rythme n'avait plus été observé depuis mai 2023.

L'inflation était de 3,3% un mois plus tôt, après 2,4% en février.

Alors que les prix à la pompe s'envolent et que les courses alimentaires coûtent de plus en plus cher, le président américain a assuré mardi pendant un échange avec la presse que cette inflation élevée n'était que "de court terme" et qu'elle ralentirait fortement quand la guerre avec l'Iran sera terminée.

- "Pas le moins du monde" -

Les difficultés des ménages l'incitent-t-elles à conclure un accord pour mettre fin à la guerre contre l'Iran, grande responsable de cette flambée des prix?

"Pas le moins du monde", a lancé le milliardaire républicain à la journaliste qui lui a posé cette question. "La seule chose qui compte quand je parle de l'Iran, c'est qu'ils ne peuvent pas avoir l'arme nucléaire. Je ne pense pas à la situation financière des Américains."

Alors que les Etats-Unis voteront cet automne lors d'élections législatives très importantes, ces propos ont immédiatement été dénoncés sur les réseaux sociaux par les adversaires du dirigeant républicain.

Dans un sondage CNN publié cette semaine, 65% des personnes interrogées se disent mécontentes des décisions du président américain en général, et 70% de sa politique économique en particulier, alors qu'il avait été élu en grande partie sur une promesse de s'attaquer au coût de la vie.

Dans les données publiées mardi, l'essence pèse lourdement avec un bond de 28,4% des prix des carburants sur un an. Mais les hausses de prix sont aussi répandues dans le reste de l'économie, des loyers jusqu'aux billets d'avion.

Après un répit en mars, le prix des courses alimentaires a rebondi en avril (+2,9% sur un an, +0,7% sur un mois).

Cette hausse "semble liée à l'énergie", avec des producteurs qui répercutent les surcoûts qu'ils subissent, a estimé Samuel Tombs, analyste de Pantheon Macroeconomics, dans une note.

La viande bovine figure parmi les produits dont le coût affole les consommateurs. Il fallait débourser en avril 16,1% de plus qu'un an plus tôt pour un steak de boeuf. L'augmentation était de 14,5% pour la viande hachée.

Les signes d'accalmie sont rares, par exemple chez les concessionnaires (-2,7% sur un an pour les véhicules d'occasion).

- L'opposition blâme Trump -

"Pour la première fois depuis trois ans, l'inflation va plus vite que les hausses de salaires. C'est un coup dur pour les ménages des classes moyennes et populaires", a relevé Heather Long, économiste de la banque Navy Federal Credit Union.

Le président "Donald Trump avait promis de faire baisser les prix +dès le premier jour+ (de son mandat en janvier 2025, NDLR). Au lieu de cela, il ne cesse de les faire grimper", a tempêté de son côté la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

Elle voit dans l'inflation actuelle une conséquence directe des décisions personnelles du chef de l'Etat, qui frappe les importations de multiples droits de douane et est entré en guerre contre l'Iran le 28 février au côté d'Israël.

Dans les stations-service, l'impact de la guerre au Moyen-Orient a continué à se faire sentir en mai.

Un gallon (près de 3,8 litres) d'essence ordinaire coûte actuellement en moyenne 4,50 dollars, contre environ 3 dollars juste avant le déclenchement du conflit, selon les relevés de l'Association automobile américaine (AAA), qui font référence.

A 5,64 dollars le gallon, le diesel, qui fait tourner camions et tracteurs, approche du record atteint en juin 2022 (5,82 dollars), quelques mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Le problème, a souligné l'économiste du cabinet KPMG Diane Swonk, c'est que "la hausse des prix à la pompe vient s'ajouter à d'autres surcoûts énergétiques datant d'avant la guerre en Iran". Elle fait référence notamment à l'impopulaire hausse de l'électricité (+6,1%), attribuée à la forte demande des centres de données informatiques, "un enjeu majeur des élections de novembre".