À l’Élysée, engagements pour électrifier transports, bâtiments et industrie

Mardi 26 mai 2026, Emmanuel Macron a rassemblé au Palais de l’Élysée une « équipe de France de l’électricité » composée d’acteurs de toutes tailles, d’EDF aux artisans chauffagistes. Deux tables rondes structurent la matinée, consacrées aux solutions pour les particuliers et à « l’électrification, un atout pour l’économie », respectivement animées par Monique Barbut et Maud Bregeon. Parmi les intervenants figurent notamment Xavier Duchemin (Stellantis France), Michel-Edouard Leclerc, Aurélien de Meaux (Electra), Céline Stein (Octopus) et Bernard Fontana (EDF), ainsi qu’Émilie Piette (RTE), Aymeric Renaud (Schneider Electric France), José Noldin (Gravithy) et Marie-Christine Lombard (Geodis).

Ce rendez-vous intervient un mois après la présentation d’un plan d’électrification des usages en 22 mesures. L’exécutif vise à réduire la dépendance aux carburants pétroliers importés et les émissions du transport routier, en s’appuyant sur une production nationale d’électricité majoritairement décarbonée. Les énergies fossiles représentent 60 % de la consommation d’énergie en France et le gouvernement veut abaisser cette part en dessous de 50 % à l’horizon 2050 dans les transports, l’industrie et les bâtiments. L’électricité doit atteindre 34 % de la consommation finale en 2030 puis 38 % en 2035, contre 27 % en 2024, a indiqué à l’AFP Michel Gioria (Serce). Cette trajectoire repose sur une production électrique bas carbone abondante.

EDF détaille ses contributions et un réseau de recharge poids lourds

Selon le groupe cité par l’AFP, EDF entend mobiliser 240 millions d’euros pour accélérer les usages électriques. Ce paquet comprend 80 millions d’euros pour accompagner les particuliers dans le remplacement de chaudières gaz ou fioul par des pompes à chaleur, 80 millions pour soutenir l’achat de poids lourds électriques ou l’installation de bornes de recharge, et 80 millions pour préparer des terrains industriels destinés à accueillir des consommateurs électro-intensifs. EDF prévoit également de contribuer à l’électrification du parc de logements sociaux, des Ehpad dont 8 % fonctionnent encore au fioul, et des copropriétés (bornes en habitat collectif).

Pour l’industrie, EDF propose un « coup de pouce chaudière électrique » à hauteur de 30 millions d’euros. Côté mobilité lourde, la filiale de recharge Izivia lancera « Izivia Trucks », premier réseau de recharge en itinérance pour poids lourds, avec un objectif initial de près de 200 bornes affichant une puissance unitaire supérieure à 400 kVA.

PAC, bornes rapides et compétences, d’autres acteurs s’engagent

Octopus Energy prévoit le déploiement d’« au moins 10 000 pompes à chaleur » sur les 12 prochains mois dans le cadre du dispositif de leasing, et annonce un investissement « jusqu’à 150 millions d’euros » pour construire une usine de PAC en France, selon l’entreprise.

Sur l’infrastructure de recharge, Electra compte investir 300 millions d’euros d’ici 2030 pour installer 1 000 nouveaux points de charge ultra-rapides par an. Lidl France annonce 13,5 millions d’euros d’investissements en 2026 pour de nouvelles bornes sur ses sites. Dans la cour de l’Élysée, des tracteurs et engins de chantier électriques ont été présentés pour illustrer la bascule vers des équipements zéro émission à l’usage.

Les entreprises du Serce s’engagent à recruter « 12 000 personnes et 3 000 apprentis par an » et ont équipé environ 150 lycées professionnels avec du matériel spécialisé. « Nous souhaitons attirer des jeunes vers ces métiers », a déclaré Michel Gioria, en citant des besoins allant de l’électrification des quais des ports de Marseille, Saint-Nazaire, Le Havre ou La Rochelle au raccordement de serres agricoles en Bretagne et de centres de données.