Méthanisation : la plupart des nouvelles installations devront être situées à au moins 200 mètres des habitations environnantes à partir de 2023

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Les installations de méthanisation nouvelles devront bientôt être situées à au moins 200 mètres des habitations environnantes, et plus seulement à 50 m, a indiqué mercredi la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, qui a annoncé plusieurs mesures visant à réduire risques et nuisances liés à ces sites.

"De nouveaux arrêtés sont en cours d'élaboration, qui permettront aussi de favoriser l'acceptabilité de certains projets", a-t-elle dit, relevant que souvent la réaction des riverains "peut faire craindre" aux agriculteurs de se lancer. "Il faut regarder en face la question des nuisances". Mme Pompili était entendue au Sénat avec son homologue de l'Agriculture Julien Denormandie, par la mission d'information sur la méthanisation.

La France compte plus de 220 méthaniseurs, agricoles pour les deux tiers, permettant de produire du biogaz à partir de déchets organiques et autres effluents d'élevages, une activité en plein essor depuis 10 ans.

"La distance réglementaire entre les installations et les tiers passera de 50 à 200 m à partir du 1er janvier 2023", a dit Mme Pompili. "Sauf pour les plus petites, où on montera à 100 m".

Sur la prévention des fuites de gaz, il y aura "des contrôles à fréquence suffisante de l'intégrité de tous les contenants, notamment un contrôle semestriel des pièces d'étanchéité". Pour prévenir les pollutions, "il faudra des capacités de rétention sous les stockages de digestats liquides (substances restant après la transformation des déchets en gaz, ndlr) ou de toute autre matière susceptibles de polluer les eaux et les sols", a-t-elle ajouté.

La publication de ces arrêtés est attendue courant mai.

Contre les nuisances olfactives, tout pétitionnaire d'une nouvelle installation devra produire "un état initial des perceptions", a-t-elle ajouté : "Cela servira de référence en cas de plainte".

Les deux ministres ont redit le soutien de l'État à cette énergie renouvelable, complément de revenus pour les agriculteurs. "Le gouvernement souhaite produire davantage de biogaz", a dit Mme Pompili. "Mais ce ce n'est viable que si nous parvenons à baisser les coûts de production. Aujourd'hui l'État achète (ce gaz) entre 5 et 10 fois plus cher que le gaz naturel".

Le gouvernement a annoncé fin 2020 une réforme des garanties d'origine et un changement du cadre de soutien, désormais basé, pour les nouvelles installations et selon la taille des sites, sur un tarif d'achat révisé ou des appels d'offres.

Le secteur, inquiet des impacts de ce nouveau cadre, a proposé au gouvernement un mécanisme "extra-budgétaire", qui imposerait aux fournisseurs d'énergie une obligation de production ou d'achat de biométhane, avec allocation de "certificats verts". "On (y) réfléchit", a dit Mme Pompili.

Commentaires

Pierre B

N'oublions pas que le biogaz
- est essentiellement du gaz methane c'est à dire une energie fossile qui n'a plus la cote aujourd'hui
- pas tout à fait à 100% parce qu'il contient des impuretés tout à fait naturelles qui ... puent et la distance de 100/200 m pour y echapper est ... de l'enfumage
- l'acceptabilité d'avoir une telle centrale dans son champ de vision sera à comparer à celle d'autres installation 'vertes'
Il faudra un jour comprendre qu'il n'y a pas d'energie propre et qu'il faut choisir les plus acceptables parmi tous les critères proposés (emissions CO2 globales, impact visuel, financier, social, financier ... olfactif) hélas souvent contradictoires

Serge Rochain

Pierre B dit : "N'oublions pas que le biogaz est essentiellement du gaz methane c'est à dire une energie fossile".

Vous faites erreur, sur ce qu'est une énergie fossile. Ce n'est pas la nature du gaz qui en fait une énergie fossile mais sa provenance.
Celui qui est extrait du sol est une énergie fossile qui est séquestrée dans le sol depuis des centaines de millier, ou des millions d'années. En l'exploitant on la libère ce qui produit des GES.
Tandis que le méthane issu des méthaniseurs ne fait que rejeter celui qui s'est accumulé dans les végétaux durant leur croissance et qu'ils ont donc absorbé, il ne restituent donc que ce qu'ils ont capturé et en les remplaçant par d'autres végétaux on recommencera à absorber celui qu'ils ont donc libéré et le cycle recommencera, c'est donc toujours le même méthane qui est absorbé, restitué, réabsorbé, re-restitué..... dans un cercle vertueux qui rend ces combustibles végétaux neutres en méthane.

sirius

200 m. pour une pollution qui se diffuse bien au -delà . On retrouve la même soumission au lobbys que pour les éoliennes et les 500 m. d'écart avec une machine de 200 m. de haut ..

Serge Rochain

On mettra 10 Km vous direz la même chose..... ce ne sont que des solutions qui font de l'ombre au nucléaire, et même un peu plus que de l'ombre, et le problème n'est que là.

Max Maes

Acheter ce gaz 5 à 10 fois plus cher que le gaz naturel, cela n'a pas de sens. C'est une économie artificielle qui va engendrer des situations de rente. Comme les panneaux solaires sur les hangars, avec un kwh racheté à 30 ou 40 centimes alors qu'il revient à bien moins que 10 centimes en nucléaire.

EtDF

SI les exploitants de méthaniseurs étaient si vertueux (diable c'est difficile de rester insensible au rachat 5 à 10 fois plus cher que sa vraie valeur - et les contribuables ont bon dos), sans aucune pollution dans les rivières (été 2020, 180000 habitants privés d'eau dans le Finistère, sans pollution dans les sol karstique (Tarn), sans émanation pestilentielles récurrentes, avec le luxe de méthanisation de cultures vivrières (maïs), sans aucune perte de bio-gaz...alors la ministre Pompili n'aurait pris ces dernières mesures (un "peu d’apaisement ne fait pas de mal avec des élections!!!..), sinon qu'une commission SENATORIALE s'en est assez émue récemment.
""La distance réglementaire entre les installations et les tiers passera de 50 à 200 m à partir du 1er janvier 2023", a dit Mme Pompili. "Sauf pour les plus petites, où on montera à 100 m". Sur la prévention des fuites de gaz, il y aura "des contrôles à fréquence suffisante de l'intégrité de tous les contenants, notamment un contrôle semestriel des pièces d'étanchéité". Pour prévenir les pollutions, "il faudra des capacités de rétention sous les stockages de digestats liquides (substances restant après la transformation des déchets en gaz, ndlr) ou de toute autre matière susceptibles de polluer les eaux et les sols", a-t-elle ajouté".
IL Y AVAIT DONC QUELQUES PROBLEMES ????..
Oui comme dit M. Rochain le biogaz contient bien du bio-méthane*.. mais pas QUE... Mais ce n'est pas du bio-méthane... essayez donc de faire marcher un diesel (groupe de secours par exemple??).. Faut encore le raffiner.. à quel prix final...Et puisque qu'il faut des nez pour apprécier la qualité des effluves, je suggère qu'un certain ici intervenant veuille bien accepter une installation de méthanisation à 50 m de chez lui (50 m c'est encore la norme jusqu'en janvier 2023). Je suggère la promotion du nez du Monsieur qui sait et qui sent tout!

* le méthane, un chouette GES : 80 fois mieux que le CO2 à échelle de 20 ans...!!!!
Autre hérésie: pour assurer un petit "bout" de revenu supplémentaire - le gros "bout" aux investisseurs, et aux banques) à nos paysans, on les incite à se détourner de la culture, leur métier et leur savoir faire, quitte à faire venir les produits agricoles alimentaires que nous consommons par camions (Espagne, Italie, Grèce) ou par avion (Kenya, Amérique du Sud...) et en plus avec quelques "phytosanitaires à la clef. Que l'on rémunère correctement nos paysans au lieu d’imposer des solutions de bricolage binaire comme toujours... ..et quoiqu'il en coûte... comme c'est la mode...

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