Pétrole : le marché hésitant, après l'intervention américaine au Venezuela

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Les cours du pétrole oscillent lundi, entre l'intention américaine d'exploiter les ressources pétrolières du Venezuela après son opération militaire et la capture du président Nicolas Maduro, et une instabilité politique accrue qui fait gonfler le prix du baril.

Craintes concernant l'Iran

Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, nommée dirigeante par intérim à l'issue de la spectaculaire opération d'exfiltration menée samedi matin, a affiché sa volonté de coopérer. En conséquence, le marché a ouvert en baisse, estimant que Donald Trump pourrait prochainement lever l'embargo sur le Venezuela.

Avec un blocus militaire renforcé en fin d'année 2025, l'embargo américain a effectivement pesé récemment sur la production et les exportations du pays.

La fin de l'embargo américain "pourrait permettre de retrouver les niveaux de production d'avant" cette intensification militaire, précise Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, et la perspective de nouveaux barils sur le marché fait baisser les cours.

Mais "tant que la chaîne de commandement à Caracas reste floue (...) le marché privilégie des mouvements erratiques", affirme John Plassard, analyste chez Cité Gestion.

"Les développements inattendus au Venezuela pourraient également faire craindre que l'Iran soit le prochain pays sur la liste de Trump", évoque Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, faisant référence à des menaces du président américain contre le régime de Téhéran vendredi dernier.

« Peu de demande mondiale pour des barils supplémentaires »

Vers 11H55 GMT (12H55 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, gagnait 0,46% à 61,03 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, prenait 1,22% à 57,68 dollars.

Malgré de nombreuses incertitudes, l'effet sur le marché pétrolier reste limité, car si le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut au monde, la production du pays est faible, environ 1 million de barils par jour avant le mois de décembre.

Pour produire significativement plus, "les besoins en investissements sont énormes", explique M. Lohmann Rasmussen à l'AFP. En plus de ses infrastructures vieillissantes, le pays possède du "pétrole brut lourd et acide que toutes les raffineries ne peuvent pas traiter". Et "il existe peu de demande mondiale pour des barils supplémentaires" sur un marché déjà bien approvisionné.

Les entreprises pétrolières américaines savent qu'ajouter plus de barils pourrait faire baisser les cours et dégrader leurs profits, et "feront preuve de prudence avant d'investir massivement, notamment en raison des problèmes politiques et sécuritaires qui pourraient rester importants", souligne l'analyste.

Avant que la production vénézuélienne ne double, "on parle de 5 à 10 ans", estime-t-il.

Commentaires

APO
Heureusement que les Chinois se sont mis massivement à la voiture électrique !!! Sinon les prix du pétrole auraient explosé...

Ajouter un commentaire