Des mesures jugées nécessaires par la commission

Le rapport, commandé en 2024 à des experts par la coalition de droite avec l’appui de l’extrême-droite, visait à préciser les leviers pour éliminer progressivement les combustibles fossiles, en priorité dans le transport routier. Il préconise de durcir l’« obligation de réduction », c’est‑à‑dire d’accroître la part de biocarburants incorporés à l’essence et au diesel, et d’augmenter les taxes sur ces carburants afin d’accélérer la bascule vers l’électrique.

Selon les auteurs, « les niveaux actuels de l'obligation de réduction sont trop bas pour que la Suède puisse respecter son engagement d'ici 2030 sans le système d'échange ESR » (achats de quotas à l’étranger). Le document propose aussi de renforcer la prime à l’achat de voiture électrique et d’alléger la fiscalité de l’électricité pour les ménages.

Ligne gouvernementale, fiscalité allégée et calendrier politique

Ces orientations heurtent la politique suivie depuis 2022 par le gouvernement, qui a abaissé la fiscalité des carburants et réduit l’exigence d’incorporation. La « reduktionsplikt » a été fixée à 6 % pour l’essence comme pour le diesel sur la période 2024‑2026, entrée en vigueur le 1er janvier 2024, selon la décision portée par le gouvernement et rapportée par le média public SVT. La composante « bonus » du dispositif d’aide à l’achat de véhicules électriques a par ailleurs été supprimée le 8 novembre 2022, d’après l’Agence suédoise des transports (Transportstyrelsen).

« Cette commission a été mise en place il y a deux ans, avant Trump et avant la guerre en Iran. Dans cette situation, le prix du carburant est tellement élevé que ça complique la vie des gens. Ce serait une mauvaise idée » de l’augmenter encore, a déclaré la ministre des Finances Elisabeth Svantesson à la chaîne publique SVT. L’exécutif a, en parallèle, temporairement réduit les taxes sur les carburants pour faire face à la crise énergétique. L’enjeu intervient à quelques mois des législatives prévues le 13 septembre 2026.

Objectifs climatiques et cadre européen

La Suède vise une baisse de 70 % des émissions du transport intérieur en 2030 par rapport à 2010 et la neutralité carbone en 2045. Au titre de la réglementation européenne de partage de l’effort (ESR) couvrant les secteurs hors SEQE, l’objectif contraignant assigné à la Suède pour 2030 est de −50 % par rapport à 2005, selon le Parlement européen.

Plusieurs évaluations d’experts estiment que l’écart à ces cibles pour 2030 et 2040 s’est accru ces deux dernières années. Le Conseil suédois des politiques climatiques a notamment souligné, dans ses rapports récents, que les mesures actuelles ne suffisent pas à sécuriser la trajectoire à court terme. Le gouvernement a réaffirmé que « la sortie progressive des combustibles fossiles doit se faire de manière sûre et acceptable, de sorte à permettre de maintenir et de renforcer la compétitivité de la Suède et de ses entreprises ».