Un projet de 1,5 GW instruit par l'État

Déposé par la société de projet Centre Manche Énergies, filiale à 100 % de TotalEnergies, le dossier vise un parc d'une puissance de 1,5 GW et un investissement total de 4,5 milliards d'euros. La demande couvre les études techniques et d'impact environnemental, une conception préliminaire et le programme d'installation prévu à 40 km au large des côtes normandes, entre Cherbourg et Le Havre.

La production visée est d'environ 6 TWh par an à partir de 2033, soit l'équivalent de l'alimentation de plus d'un million de foyers français, selon l'entreprise. TotalEnergies anticipe jusqu'à 2 500 emplois sur trois années de travaux, mobilisant le tissu industriel local déjà actif dans l'éolien offshore. « Nous nous réjouissons […] d'avoir franchi cette étape majeure », a déclaré Thierry Muller, directeur du projet Centre Manche Énergies.

Il appartient désormais aux services de l'État d'instruire la demande, sur la base du dossier remis par l'industriel et des évaluations associées. Cette phase conditionne le calendrier détaillé des travaux en mer et à terre.

Articulation avec Centre Manche 1 et cap national

Centre Manche 2 sera construit à proximité immédiate de Centre Manche 1, parc de 1 GW porté par EDF Renouvelables et Maple Power. Pour ce dernier, les travaux doivent débuter en 2028, avec une mise en service en 2032, ce qui structurera la montée en charge des chantiers et des chaînes logistiques sur la façade Manche.

L'État a rappelé viser 45 GW d'éolien en mer à l'horizon 2050. Lors de l'attribution, en septembre 2025, de l'appel d'offres Centre Manche 2 à TotalEnergies, le ministère de l'Énergie avait indiqué que la puissance cumulée des projets en service, en construction ou en développement atteignait « près de 7,8 GW » sur les côtes françaises.

TotalEnergies souligne par ailleurs disposer d'un portefeuille éolien en mer dans plusieurs zones géographiques, notamment en Allemagne, au Royaume-Uni, en Corée du Sud, à Taïwan, aux États-Unis et aux Pays-Bas. Les services de l'État instruisent désormais la demande d'autorisation déposée pour Centre Manche 2.