Trinité-et-Tobago reconnaît une marée noire sur un champ pétrolier de l'entreprise publique

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Trinité-et-Tobago, petit archipel anglophone situé à une dizaine de kilomètres des côtes vénézuéliennes, a reconnu dans un communiqué dimanche soir qu'un déversement de pétrole provenant d'un champ pétrolier de l'entreprise publique Heritage Petroleum avait eu lieu le 1er mai.

Le Vénezuela avait dénoncé samedi une fuite de brut provenant de l'île, s'inquiétant de "conséquences environnementales graves" sur ses côtes.

Les deux voisins entretiennent des relations tendues depuis l'arrivée au pouvoir en 2025 de la Première ministre Kamla Persad-Bissessar, qui a adopté un discours très dur contre l'immigration vénézuélienne et s'est alignée sur les Etats-Unis avant la capture du président Nicolas Maduro en janvier.

Ce dernier avait notamment coupé toutes les coopérations énergétiques (notamment l'exploration et l'exploitation d'un champ de gaz) après que Trinité a accepté le séjour d'un bateau de guerre américain à Port-d'Espagne.

"Heritage Petroleum a détecté un déversement de pétrole dans le gisement principal à 7h25 le 1er mai (...) L'autorisation d'utiliser des dispersants chimiques a été accordée à 9h50 le 1er mai", selon le communiqué du ministère de l'Énergie et des Industries énergétiques.

Le dispersant "a été déployé à environ 6 à 8 milles nautiques de la frontière Trinité/Venezuela. Des observations visuelles ont confirmé que le dispersant a efficacement fragmenté les hydrocarbures. Des inspections de suivi, menées au moyen de drones et de navires, n'ont révélé aucune trace visible d'hydrocarbures en surface", selon le texte.

"La source de la fuite a été identifiée et stoppée le 1er mai 2026, puis réparée et remise en service le 2 mai 2026. Le volume de ce déversement a été estimé à dix barils de pétrole", assure le ministère.

Le ministère "est également déterminé à travailler avec ses homologues de la République bolivarienne du Venezuela à l'élaboration d'un cadre structuré pour gérer tout incident de cette nature qui pourrait survenir à l'avenir le long de notre frontière commune", conclut le texte.

Samedi, la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, avait exigé à Port-d'Espagne "des informations détaillées sur l'incident, ainsi qu'un plan de contrôle urgent" des répercussions de cette marée noire.

D'après le communiqué officiel de Mme Rodriguez, les analyses préliminaires font état de "risques graves pour les écosystèmes essentiels tels que les mangroves et les zones humides, comme pour les communautés de pêcheurs et les ressources hydrobiologiques".

En février 2024, une marée noire déclenchée par le naufrage d'un tanker dans les eaux de Trinité-et-Tobago avait aussi atteint les eaux territoriales vénézuéliennes.