Sites concernés et calendrier annoncé

Dévoilé jeudi 4 juin, le programme vise à maintenir en activité des mines et à construire deux unités en Virginie-Occidentale et en Alaska, décrites par le président comme « avec une technologie toute nouvelle, très propre ». Donald Trump a précisé que les 14 centrales et 42 mines existantes ciblées par l’aide se situent dans des États qui lui ont majoritairement accordé leurs suffrages lors du dernier scrutin présidentiel.

« Notre action va permettre à ces infrastructures d’investir et de se moderniser », a déclaré Donald Trump, « ce qui prolongera leur durée de vie de plusieurs décennies, renforcera la fiabilité de notre réseau électrique et, le plus important, maintiendra les tarifs de l’électricité très bas ». L’enveloppe comprend aussi la construction d’un terminal maritime à Oakland (Californie) destiné notamment à l’exportation de charbon.

Tendances du charbon et part dans l’énergie

Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), la production de charbon aux États-Unis a été divisée par deux entre 2005, année de pic, et 2020. Elle a touché un point bas en 2024, puis a rebondi en 2025 et légèrement accéléré sur les quatre premiers mois de 2026. Le président a, lors de la conférence de presse, évoqué le « magnifique charbon propre ».

D’après Global Energy Monitor, les États-Unis sont la seule grande économie à avoir sensiblement accru leur consommation de charbon en 2025. Jusqu’ici, le repli du charbon américain était attribué à une moindre compétitivité face à d’autres pays, notamment la Chine, ainsi qu’à des préoccupations environnementales. En 2025, environ 9 % de l’énergie consommée outre-Atlantique provenait du charbon, soit un niveau comparable aux énergies renouvelables, selon l’EIA.

La dernière mise en service d’une centrale à charbon aux États-Unis remonte à 2013, avec le Sandy Creek Energy Center (comté de McLennan, Texas). Par ailleurs, une étude conduite par six universités a estimé que les émissions des centrales à charbon ont provoqué 460 000 décès sur la période 1999-2000.

Débats politiques, sécurité électrique et prix de l’énergie

Au point de presse, Doug Burgum, ministre chargé de la gestion des terres fédérales, a affirmé que « le précédent gouvernement de (Joe) Biden était allé si loin pour soutenir des sources d’électricité massivement subventionnées, intermittentes et tributaires de la météo que notre réseau électrique était à risque ». Il a ajouté : « Vous avez compris à quel point le charbon était essentiel. C’est la colonne vertébrale de l’énergie américaine fiable, abordable et sûre ».

La coalition parlementaire SEEC, qui regroupe environ une centaine d’élus démocrates favorables aux renouvelables et à la protection de l’environnement, a dénoncé l’annonce : « Consacrer 700 millions de dollars à une source d’énergie sale et inefficace favorise les pollueurs au détriment des Américains, alors que l’on traverse une crise énergétique provoquée par Trump ».

Le contexte énergétique reste tendu, la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran ayant entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, couloir où transitent environ 20 % du pétrole et du gaz mondial, ce qui a fait grimper de plus de 50 % le prix du pétrole. Une étude publiée en 2025 par la banque Lazard indique par ailleurs que le coût de l’électricité renouvelable est compétitif face aux filières fossiles, charbon compris, même sans subventions.

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a réorienté la politique énergétique au bénéfice des énergies fossiles, au détriment de l’éolien en particulier. Il a suspendu l’attribution de nouveaux permis pour des champs éoliens, obtenu l’abandon de plusieurs projets majeurs et tenté de bloquer, en vain, ceux en voie de réalisation.