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De l’efficacité énergétique à l’efficacité climatique

19 nov. 2015
Source :
UFE

En France, près de 45% de la consommation d’énergie finale est absorbée par les bâtiments résidentiels et tertiaires en 2014. Il s’agit du premier secteur consommateur d’énergie devant les transports (33%) et l’industrie (19%). Consommation d’énergie et émissions de gaz à effet de serre(1) ne sont toutefois pas nécessairement corrélées et seules 22% des émissions françaises de CO2 proviennent ainsi des bâtiments en 2014, contre 39% des transports et 36% de l’industrie.

Dans cette note de son Observatoire de l’Industrie électrique, l’Union française de l’électricité (UFE) souligne toutefois que c’est dans les bâtiments qu’il est le plus rentable en France de réduire les émissions de CO2 à court terme(2). Elle préconise ainsi de poursuivre les efforts d’efficacité énergétique à travers le plan de rénovation thermique des bâtiments en privilégiant les actions les moins coûteuses au regard des tonnes de CO2 évitées. Cette plus grande prise en compte de la lutte contre le changement climatique devrait, selon l'UFE, notamment conduire à privilégier pour le chauffage le vecteur électrique aux énergies les plus émettrices au premier rang desquels le fioul domestique (qui émet 0,27 tonnes de CO2/MWh contre 0,18 tonnes/MWh pour l’électricité selon l’Ademe).

L’UFE rappelle que le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire comptent pour 80% de la consommation d’énergie dans les bâtiments. Ces usages sont ciblés par les 3 principaux instruments de la politique française d’efficacité énergétique dans les bâtiments : la réglementation thermique (RT 2012), le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) et les aides fiscales telles que le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE).

Pour rappel, la RT 2012 fixe une limite de consommation de 50 kWh/m2/an en énergie primaire pour tout nouveau bâtiment. L’UFE déplore que l’électricité soit défavorisée par ce calcul en énergie primaire (1 MWh d’électricité est comptabilisé pour 2,58 MWh en énergie primaire sur la base des rendements thermiques de production) alors même que ce vecteur émet peu de CO2 en France, compte tenu d’un parc électrique « décarboné » à près de 95% (nucléaire et renouvelables). Cela expliquerait, selon l’UFE, la très nette baisse du chauffage électrique dans les constructions neuves entre 2009 (70% de part de marché) et 2014 (30% de part de marché) au profit du chauffage au gaz. Cette note signale toutefois que la révision de la réglementation thermique en 2018 devrait permettre de mieux intégrer la dimension « carbone ».

L’UFE regrette par ailleurs le manque d’efficience du crédit d’impôt pour la transition énergétique. S’élevant à 890 millions d’euros en 2015, ce dernier ne permettrait entre autres pas de privilégier les mesures les plus performantes en matière de réduction des émissions dans le bâtiment puisqu'un taux unique de 30% s’applique à toutes les actions couvertes par le CITE.