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Mix énergétique de la France

Énergie en France
En France, 22% de la production primaire d'énergie renouvelable est fournie par l'énergie hydraulique en 2012. (©EDF-Bruno Conty)

Présentation

En France, la composition du futur mix énergétique occupe une place croissante dans le débat public. En instaurant un débat national sur la transition énergétique, il a été décidé de mobiliser davantage la population sur cette thématique centrale. Les énergies fossiles satisfont plus de 65% de la consommation d’énergie finale dans le pays(1).

Sur son territoire, la France génère uniquement près de la moitié de l’énergie dont elle a besoin. Il en découle des importations conséquentes qui pèsent sur la balance commerciale nationale. Au total, la facture énergétique française a atteint un montant record de 68,7 milliards d’euros en 2012, soit un niveau supérieur au déficit de la balance commerciale du pays. Les problématiques de prix de l’énergie et de sécurité énergétique constituent des enjeux essentiels pour la France.

Première destination touristique au monde(2), la France se distingue d’autres pays aux problématiques similaires par son attachement particulièrement fort à son patrimoine. Dans ce contexte, l’insertion de nouveaux moyens de production dans le paysage amorce fréquemment des réactions de type Nimby. Les principales mesures relatives à l’énergie faisant aujourd’hui consensus en France concernent l’efficacité énergétique. Ces mesures sont principalement orientées vers le secteur des bâtiments, premier secteur consommateur d’énergie dans le pays.

Composition des mix énergétique et électrique

Production et consommation d’énergie en France

La consommation française d’énergie primaire (énergie brute directement issue de la nature comme le soleil et le vent ou de ressources énergétiques naturelles comme les combustibles fossiles)(3) atteint 259,4 Mtep en 2012. Près de 35% de cette énergie primaire est absorbée dans des opérations de transformation (ex : combustible fossile en électricité) et de transport (ex : pertes par effet Joule) jusqu’au consommateur final. La quantité d’énergie finale restante consommée en France (métropole + DOM) s’élève à 166,4 Mtep. Sur ce total, 12 Mtep ne sont pas utilisées en réalité à des fins énergétiques mais pour leurs propriétés chimiques : plastiques, bitumes, etc.

Sur ces 259,4 Mtep d’énergie primaire consommées en France, on considère(4) que 136,3 Mtep sont produites sur le territoire national en 2012 : l’énergie électronucléaire est comptabilisée dans la production française d’énergie bien que l’uranium naturel nécessaire à la fabrication du combustible nucléaire soit aujourd’hui intégralement importé. Environ 90% de cette production française est convertie en électricité, avec des pertes de rendement importantes. On estime par exemple qu’une centrale thermique consomme 2 fois plus d’énergie primaire qu’elle n’en restitue sous forme d’électricité (un rendement de 33% est retenu comme convention).

Répartition de la consommation par énergie et par secteur

Le pétrole est l’énergie la plus consommée en France. Il satisfait 41,8% de la consommation d’énergie finale dans le pays en 2012. Viennent ensuite l’électricité (24,4%) et le gaz naturel (20,8%).

Consommation d’énergie finale par secteur (©Connaissancedesenergie.org, source : Ministère en charge de l'énergie)

Source : Ministère en charge de l'énergie

Le secteur des bâtiments absorbe à lui seul près de 44,5% de la consommation finale d’énergie. Les deux tiers de cette consommation proviennent des bâtiments résidentiels, le tiers restant des bâtiments du tertiaire. Les transports constituent l’autre grand secteur consommateur d’énergie en France (31,9%).

Consommation d’énergie finale par secteur (©Connaissancedesenergie.org, source : Ministère en charge de l'énergie)

Source : Ministère en charge de l'énergie

La plupart des solutions d’efficacité énergétique soutenues au niveau politique sont dirigées vers les deux secteurs les plus consommateurs d’énergie :

  • dans les bâtiments : architecture bioclimatique, isolation thermique, systèmes de chauffage plus performants, etc.
  • dans les transports : moteurs plus performants, nouveaux types de carburants, systèmes embarqués d’aide à la conduite, intermodalité, etc.

Focus sur l’électricité

Comme indiqué précédemment, l’électricité constitue 24,4% de l’énergie consommée en France. Il faut bien veiller à ne pas mélanger les données relatives au mix énergétique et au mix électrique.

En France, la production électrique nette atteint 541,4 TWh en 2012, près des ¾ de cette production étant générée par le parc nucléaire. Le président de la République François Hollande s’est engagé à réduire cette proportion à 50% d’ici à 2025. Il est prévu à ce titre de fermer la centrale de Fessenheim, composée de 2 réacteurs de 900 MW, d’ici à fin 2016. La mise en service à un horizon similaire de l’EPR de Flamanville (1 650 MW) devrait toutefois compenser la perte de production électrique provenant de la centrale de Fessenheim.

Puissance électrique installée en France en 2012

Puissance électrique installée en France à fin 2012 (©Connaissancedesenergies.org)

Répartition de la production électrique en 2012

Répartition de la production électrique en 2012 (©Connaissancedesenergies.org)

Notons que la production électrique d’origine renouvelable est en forte hausse : +66,7% dans le cas du photovoltaïque entre 2011 et 2012, +23,1% dans le cas de l’éolien. Hors hydraulique, les énergies renouvelables génèrent toutefois moins de 5% de la production électrique totale en 2012.

Enjeux

Facture énergétique et importations de combustibles fossiles

La réduction de la facture d’énergie nationale constitue un des enjeux majeurs de la France. Cette facture s’est élèvée à 68,7 milliards d’euros en 2012, dont 54,5 milliards étaient imputables aux importations de produits pétroliers (brut et produits raffinés). L’électricité a été le seul poste créditeur de la balance énergétique nationale : + 1,9 milliard d’euros en 2012.

La France est fortement dépendante des importations de gaz, de pétrole et de charbon : en 2012, elle a importé près de 99% de sa consommation d’énergies fossiles Dans ce contexte, le pays se trouve confronté à deux grandes alternatives pour réduire sa facture énergétique : réduire la consommation nationale de ces combustibles ou recourir à des ressources disponibles sur le territoire comme le préconisent les partisans de l’exploitation des gaz de schiste en France. Lors de la conférence environnementale de septembre 2013, François Hollande a rappelé sa préférence pour la première option en fixant un objectif de 30 % de réduction des énergies fossiles dans la consommation d’énergie finale à l’horizon 2030.

Une troisième alternative consiste à négocier ponctuellement une baisse du prix de ces combustibles fossiles lorsque cela est possible : par exemple, en renégociant des contrats gaziers de long terme lorsque le prix spot du gaz baisse sous l’effet de l’exploitation des gaz de schiste. En 2012, les importations françaises de charbon ont augmenté en raison de la chute de prix du combustible dont d’importantes quantités étaient disponibles sur le marché. La production électrique française provenant de centrales à charbon a alors cru de 35,1% par rapport à 2011.   

Évolution du mix électrique et coût de l’électricité

La future part du nucléaire dans le mix électrique constitue un des points de discorde au sein de la société française malgré les coûts de production compétitifs de cette énergie. Les mesures de sûreté supplémentaires appliquées au secteur nucléaire et l’intégration croissante d’énergies renouvelables encore coûteuses vont avoir un impact important sur les prix dont s’acquittent les consommateurs finaux. Dans ces conditions, la lutte contre la précarité énergétique des particuliers et le maintien de la compétitivité des entreprises constituent deux enjeux centraux liés à l’évolution du mix électrique.

Efficacité et sobriété énergétiques

L’efficacité et la sobriété énergétique sont les thématiques phares de la transition énergétique en France, comme en témoigne l’accent porté sur la rénovation thermique des bâtiments. En septembre 2013, le président de la République a confirmé l’objectif de 50% de réduction de la consommation d’énergie finale d’ici à 2050. L’atteinte de cet objectif exige une importante sensibilisation des particuliers.

Acteurs majeurs

Les principaux acteurs du système énergétique français sont :

  • la Commission de régulation de l’énergie (CRE), autorité administrative indépendante veillant au bon fonctionnement des marchés de l'électricité et du gaz naturel en France : non entrave à la concurrence, indépendance des gestionnaires de réseaux, etc.
  • les gestionnaires de réseaux : RTE et ERDF pour les réseaux d’électricité, GRTgaz et GrDF pour les réseaux de gaz naturel.

Chiffres clés

©Connaissancedesenergies.org

  • PIB français : 2 808 milliards de dollars (5e rang mondial).
  • Population : 65,8 millions d’habitants début 2013(5) (avec une natalité forte par rapport aux pays voisins).

Zone de présence ou d'application

Origine des importations d’énergie

  • Les importations françaises de pétrole proviennent principalement, dans l’ordre, de Russie, d’Arabie Saoudite, du Kazakhstan, de Libye et de Norvège. A eux cinq, ces pays ont fourni 60,6% des importations françaises de pétrole en 2012.
  • Les importations françaises de gaz naturel proviennent principalement de Norvège, des Pays-Bas, de Russie, d’Algérie et du Qatar. A eux cinq, ces pays ont fourni 79,5% des importations françaises de gaz en 2012.
  • Les importations françaises de charbon viennent principalement des États-Unis, d’Australie, de Colombie, de Russie et d’Afrique du Sud. A eux trois, ces pays ont fourni 88,9% des importations françaises de charbon en 2012

L’uranium naturel importé par la France provient principalement du Canada, du Kazakhstan et du Niger.

Implantation des unités de production électrique en France

Les trois régions françaises produisant le plus d’électricité sont :

  • Rhône-Alpes avec 120,7 TWh produits en 2012 ;
  • Centre avec 84,3 TWh produits en 2012 ;
  • Haute-Normandie avec 57,3 TWh produits en 2012.

L’énergie nucléaire fournit la grande majorité de l’électricité générée dans chacune de ces trois régions. L’hydroélectricité contribue aussi à près de 23% de la production électrique de Rhône-Alpes.

Les trois régions françaises (Ile-de-France, Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais) consommant le plus d’électricité sont également les plus peuplées de France (avec Provence-Alpes-Côte d’Azur).

Passé

Historiquement, la France s’est longtemps appuyée sur le charbon pour satisfaire sa consommation d’énergie. De nombreux gisements peu profonds sont déjà exploités au XVIe siècle. Principale source d’énergie de la révolution industrielle au XIXe siècle, le charbon a connu un pic de production sur le territoire français en 1958 : 60 millions de tonnes de ce combustible sont alors extraits des mines du Nord-Pas-de-Calais, de Lorraine et du Centre-Midi. S’en suit un déclin de la production qui s’accélère à partir des années 1980, la dernière mine fermant en 2004.

La France a également produit beaucoup de gaz, jusqu’à satisfaire un tiers de sa consommation annuelle dans les années 1970, avec en particulier l’exploitation de son gisement de Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques. Suite au premier choc pétrolier de 1973, le parc de production électrique nucléaire français s’est très rapidement développé en France : 48 des 63 GW du parc nucléaire actuel ont été raccordés au réseau entre 1979 et 1990 (soit l’équivalent en puissance du raccordement de 3 EPR par an pendant 10 ans).

Évolution de la production française d’énergie primaire de 1971 à 2011 (©Connaissancedesenergies.org d'après l’AIE) 
Évolution de la production française d’énergie primaire de 1971 à 2011 (©Connaissancedesenergies.org d'après l’AIE) 

Présent et futur

Le Grenelle Environnement a fixé une feuille de route d’ici à 2020 en fixant un objectif de 23% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale française à cet horizon. Le pays est actuellement engagé dans une phase de « transition énergétique ». Cette notion encore assez floue  va dans le sens d’une intégration croissante des énergies renouvelables dans le mix énergétique français au détriment des énergies fossiles, voire nucléaire. Une loi de programmation énergétique est attendue en 2014. D’ici là, des mesures de sobriété et d’efficacité énergétiques devraient continuer à se développer afin de réduire la consommation nationale d’énergie.