Commandes réaffectées et coûts additionnels
Le 1er juin 2026, Renault a indiqué maintenir un partenariat de long terme avec Verkor, dont il détient 12 %, tout en invoquant ses « contraintes économiques ». Le groupe a confirmé ne pas retenir Verkor pour les batteries du nouveau Master électrique, une décision révélée la semaine précédente par l’hebdomadaire Marianne. Renault souligne que « les écarts de compétitivité de Verkor par rapport à des produits similaires fabriqués en Europe se sont fortement accrus ces derniers mois » et « ne peuvent pas être absorbés » par le constructeur.
Pour les contrats déjà conclus avec Verkor, portant sur l’Alpine A390 GT, une partie des Scenic électriques et le FlexEVan, Renault précise avoir dû, en raison de retards de livraison, s’approvisionner en cellules européennes du sud-coréen LG pour l’Alpine A390 GT, générant des surcoûts. Le groupe « demande à Verkor une feuille de route crédible et une gouvernance crédible, tenant compte du préjudice envers Renault ».
Calendrier industriel et capacités annoncées
Verkor a réaffirmé lundi soir viser le démarrage de la production en série au second semestre 2026, comme annoncé à l’inauguration de son usine le 11 décembre 2025 près de Dunkerque. Cette gigafactory a représenté environ 1,5 milliard d’euros d’investissement, dont près de la moitié d’aides publiques selon la communication relayée lors de l’inauguration.
Selon Verkor et la presse spécialisée, l’usine doit atteindre une capacité initiale de 16 GWh/an lors de la montée en cadence, avec un objectif porté à 50 GWh/an à l’horizon 2030. Par ailleurs, la Commission européenne a approuvé le 30 octobre 2023 une aide d’État française de 659,36 millions d’euros en soutien aux activités de R&D du projet Verkor, décision toujours en vigueur au titre des règles européennes applicables.
Soutiens publics en discussion et concurrence européenne
Alors que l’Union européenne cherche à consolider une filière batteries au nom de la souveraineté industrielle, Paris négocie avec Bruxelles de nouveaux prêts destinés aux gigafactories en phase de montée en cadence. Selon des informations de presse concordantes, Verkor et ACC pourraient chacune bénéficier, sous réserve d’accord, d’un soutien additionnel pouvant atteindre 500 millions d’euros sous forme de prêts.
Le recours ponctuel de Renault à des cellules LG « produites en Europe » s’inscrit dans un contexte où des acteurs asiatiques disposent déjà d’outils industriels significatifs sur le continent. Le site de LG Energy Solution à Wroclaw (Pologne) affiche une capacité d’environ 85 GWh/an en 2026 pour des applications véhicules électriques, selon un rapport publié au printemps 2026 par le think tank Transport & Environment.
La filière française sous pression, ACC se réorganise
La situation de Verkor intervient alors que la coentreprise ACC (Stellantis, Mercedes‑Benz et TotalEnergies) a elle aussi fait face à des retards de livraison. Pour accélérer la montée en cadence de sa production dans le Pas‑de‑Calais, ACC a nommé un nouveau directeur général, Allan Swan, ex‑dirigeant de Panasonic Energy USA, effectif au 1er mai 2026, en remplacement de Yann Vincent, d’après les annonces de l’entreprise et la presse spécialisée.
Renault insiste de son côté sur la nécessité pour Verkor de « démontrer sa capacité à redresser sa trajectoire industrielle ». Verkor indique conduire « très activement » avec Renault des actions destinées à renforcer sa compétitivité, et maintient l’objectif de lancer la production en série au second semestre 2026.