- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'inflation au Brésil a accéléré à 4,14% en glissement annuel en mars, poussée par une forte augmentation du prix des carburants en pleine guerre au Moyen-Orient, selon les chiffres officiels publiés vendredi.
La hausse des prix à la consommation a atteint 0,88% sur un mois, la plus importante depuis février 2025, selon l'institut de statistiques IBGE.
Le prix de l'essence a fortement augmenté (+4,59%) et le bond est encore plus spectaculaire pour le diesel (+13,90%), essentiel pour le transport de marchandises au Brésil, la plupart des poids lourds utilisant ce carburant.
Le prix des aliments, sujet aux variations des coûts de transport, a également nettement augmenté (+1,56%).
Les marchés mondiaux de l'énergie ont été ébranlés par la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, artère stratégique pour les exportations de pétrole et de gaz du Golfe, bloqué par l'Iran dès le début de la guerre lancée par les États?Unis et Israël fin février.
"Pour certains aspects, notamment les carburants, l'effet des incertitudes sur la scène internationale se fait déjà sentir", estime Fernando Gonçalves, spécialiste de l'IBGE cité dans un communiqué.
Le plus grand pays d'Amérique latine est auto-suffisant en pétrole brut, mais il importe 30% de son diesel. Et le prix de ce carburant a bondi de près de 24% depuis le début de la guerre, selon l'Agence nationale de pétrole du Brésil.
Le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé cette semaine une série de mesures pour tenter de freiner cette hausse des prix des carburants, comprenant notamment une subvention aux producteurs et importateurs de diesel.
Le gouvernement va également venir en aide au secteur aéronautique, touché par la hausse du coût du kérosène qui renchérit les prix des billets d'avion.
Lula compte briguer un quatrième mandat lors de la présidentielle d'octobre.
Malgré la hausse de mars, l'inflation sur un an est demeurée à l'intérieur de la fourchette visée par les autorités, entre 1,5% et 4,5%.
Le taux directeur du Brésil, principal outil de contrôle des prix, est l'un des plus élevés au monde, mais la Banque centrale l'a abaissé pour la première fois en près de deux ans le 18 mars, à 14,75%.