Carburants: le gouvernement annonce une exonération de taxe pour le GNR agricole, "des miettes" pour la FNSEA

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le gazole non routier (GNR) agricole sera exonéré de "tout droit d'accise" en avril, pour atténuer le choc de la hausse brutale des coûts de l'énergie, a annoncé vendredi la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.

Cette exonération de taxe sur le GNR agricole représente "un effort budgétaire de 14 millions d'euros sur le mois" d'avril, a précisé la ministre.

Cet effort correspondra à une baisse de "4 centimes d'euros par litre", selon une source gouvernementale.

"Des miettes", a immédiatement dénoncé Luc Smessaert, un des vice-présidents de la FNSEA sur RTL.

"Donner à peine 4 centimes alors qu'on a eu une hausse de plus de 60 centimes par litre de GNR... c'est des miettes. Si j'étais moins poli, je dirais que c'est du foutage de gueule", a-t-il déclaré, promettant "des actions" si les agriculteurs n'étaient pas entendus.

Le GNR bénéficie d'une fiscalité allégée par rapport aux carburants achetés par les automobilistes ou les routiers.

La mesure annoncée ce vendredi soir s'ajoute au soutien dont bénéficie déjà le GNR, qui sert aux tracteurs et moissonneuses-batteuses, "représentant 1,3 milliard d'euros par an pour les finances publiques", a rappelé Mme Genevard.

Le GNR bénéficie d'une fiscalité allégée par rapport aux carburants achetés par les automobilistes ou les routiers.

Le sujet est sensible chez les agriculteurs: face à la colère agricole, le gouvernement avait finalement renoncé à la hausse prévue de la taxe sur ce carburant et promis, à partir de juillet 2024, l'application de l'avantage fiscal dont ils bénéficient dès la livraison, sans avoir besoin d'en demander le remboursement après coup.

La France demandera par ailleurs une "suspension ou une neutralisation" du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières européennes (MACF) sur les engrais, lors du conseil des ministres européens de l'agriculture et de la pêche de lundi.

Sur les marchés internationaux, les prix des engrais, dont 30% de la production mondiale transite par le détroit d'Ormuz, se sont envolés depuis un mois, augmentant de 20 à 30% selon les produits.

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