Cessez-le-feu en Iran: pétroliers et gouvernement misent sur une baisse des prix à la pompe

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Industries pétrolières et gouvernement espèrent désormais une baisse des prix des carburants à la pompe, après l'annonce d'un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran, qui sera au centre d'une réunion de la filière avec des ministres jeudi à Bercy.

L'annonce d'une trêve de deux semaines entre Washington et Téhéran a entraîné une dégringolade des cours du pétrole, qui avaient atteint des sommets ces dernières semaines.

Si bien que les prix de l'essence et du gazole pourraient baisser de "cinq à 10 centimes" le litre "très rapidement", selon le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) Olivier Gantois.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a pour sa part mis la pression pour que les prix à la pompe baissent d'ici à la "fin du week-end" ou le "début de la semaine prochaine".

Car "nous avons déjà entendu des annonces de baisse à venir qui ne se sont pas nécessairement répercutées", a mis en garde la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Energie, Maud Bregeon, à la sortie du conseil des ministres.

Ministres concernés et acteurs de la filière, des raffineurs aux distributeurs, se réuniront à Bercy jeudi à 15H00.

"Personne en France ne doit profiter de cette crise, ni hier, ni demain", a ajouté M. Lecornu, en annonçant un plan de contrôle dans les stations-service.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a remarqué, lors d'une audition au Sénat, qu'au niveau mondial le mois d'avril s'annonce "difficile car il va falloir trouver 12 millions de barils par jour".

Toutefois, ce mois-ci, la France pour sa part "disposera de tous les carburants dont elle a besoin pour fonctionner normalement", a-t-il assuré, malgré "des tensions logistiques" concernant environ 15% des stations-service.

"Dès demain, nos prix à la pompe baisseront au fil des livraisons et du remplissage des cuves. Pas besoin d'attendre une consigne pour agir", a indiqué mercredi sur Linkedin le patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, en échos aux déclarations du Premier ministre.

Pour le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher, "il y aura des baisses de prix dans les stations dans les prochains jours" mais "il faut voir maintenant comment le marché va se stabiliser", a-t-il affirmé mercredi sur TF1.

Outre la pression insufflée pour une baisse rapide des prix à la pompe, Sébastien Lecornu a également évoqué "des mesures réglementaires" qui vont être prises par le ministre des Transports "pour permettre des acheminements logistiques exceptionnels la nuit, le week-end et permettre, ici ou là, de régler" les "problèmes d'approvisionnement" dans les stations-service.

Les contrôles seront menés par la DGCCRF (la Répression des fraudes, NDLR) "sur le même modèle que ce que nous avions réalisé les semaines passées", a précisé Mme Bregeon.

- "Baisse absolument historique" -

En forte hausse ces dernières semaines après le blocage du détroit d'Ormuz, par où transite quelque 20% du pétrole mondial, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, et son équivalent américain, le WTI, dévissaient de quelque 15% vers 16H00 GMT.

Les cours du brut restent toutefois nettement supérieurs à ceux d'avant la guerre en Iran.

Dans leur sillage, les prix des carburants restaient élevés: le litre de gazole, carburant le plus consommé en France, valait ainsi en moyenne 2,387 euros mercredi, selon les données fournies par 8.304 stations à un site gouvernemental, soit presque 39% de plus qu'avant le conflit, et celui d'essence SP95-E10 s'affichait à 2,022 euros, soit 17,6% de plus.

Face à la grogne déclenchée par cette hausse, le gouvernement, sous pression des oppositions mais contraint par des marges budgétaires serrées, a dit mardi prévoir un nouveau dispositif d'aides pour certaines professions les plus touchées, comme les "aides-soignantes", les "aides à domicile" et "certains agriculteurs".

Sébastien Lecornu a par ailleurs déclaré mercredi n'avoir "pas d'opposition de principe" à l'initiative prise par cinq pays européens pour la mise en place d'une taxe sur les bénéfices exceptionnels réalisés à l'occasion de cette crise par les entreprises énergétiques.

"Mais cela nous renvoie à nos discussions budgétaires de l'automne dernier: quelle est son assiette? Quel est son rendement? Comment ça fonctionne? Je pense qu'il ne faut pas qu'on mente aux Français sur les capacités, justement de cette initiative", a-t-il cependant ajouté.

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