Chez Ford France, 55 % des commandes d'avril portaient sur des voitures électriques

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les commandes de voitures chez Ford France en avril ont porté à 55% sur des électriques, a annoncé jeudi le président de Ford France Louis-Carl Vignon, qui a aussi confirmé des discussions avec le chinois Geely sur la vente partielle d'une usine Ford en Espagne.

Un virage « l'été dernier » au sein des entreprises

Sur l'électrique, "on a vu ces quatre derniers mois une vraie accélération en termes de prises de commandes", a-t-il dit sur BFM Business, avec "pour le mois d'avril chez Ford 55 % de véhicules électriques". "Ce virage a déjà été pris chez les entreprises l'été dernier" avec les fortes incitations fiscales - la hausse des avantages en nature déductibles - et "au niveau des clients particuliers, là aussi, on a eu une accélération et la crise dans le Golfe n'a fait qu'accélérer ce phénomène", a-t-il ajouté.

Côté utilitaires, alors qu'en 2025 les modèles électriques ne représentaient que 8 à 9 % du marché, "sur les premiers mois 2026 nous sommes autour de 20% de nos commandes en véhicules électriques", car "ça a mis du temps à prendre mais les artisans se sont aperçus que le véhicule électrique correspondait à leurs usages", a-t-il ajouté.

La filiale du groupe américain va comme ses concurrents proposer des modèles électriques moins chers en Europe: Ford a confirmé qu'il allait sortir en 2028 deux citadines électriques (segment B), qui seront produites dans des usines Renault en France. Elles seront vendues à un prix "légèrement inférieur" à la Puma Gen-E, son actuel modèle électrique d'entrée de gamme, produit en Europe et proposé à environ 30 000 euros avant bonus. 

Des « discussions en cours » avec Geely

Ces deux voitures seront produites dans deux usines Renault du nord de la France, "l'une à Douai, l'autre à Maubeuge" a-t-il précisé, et basées sur la plateforme technologique de Renault. Ce qui permettra, selon lui, de "répondre aux problèmes de surcapacités de production en Europe des constructeurs historiques".

Dans la même stratégie, il a confirmé que Ford avait "des discussions en cours" avec le groupe chinois Geely qui pourrait racheter une partie d'une usine Ford en Espagne, une information révélée par la presse espagnole et jusqu'ici non confirmée.

Alors que le marché européen a baissé d'environ 20 % depuis le Covid et que la concurrence chinoise s'intensifie, "trouver des partenaires qui vont venir peut-être prendre une partie d'une usine ou avec lesquels on va s'associer pour produire des véhicules, c'est mieux que fermer les usines", a conclu le président de Ford France.

Commentaires

Freudon Saké
En avril 2026, le marché automobile européen reste sous pression, marqué par un recul des immatriculations de voitures neuves, notamment en raison d'une baisse des ventes de flottes (-7,7%) et de résultats en berne sur des marchés clés.

Cette tendance s'inscrit dans un contexte de ralentissement économique global.
Points clés du marché automobile en Avril 2026 :Baisse des ventes : Le marché est orienté à la baisse, avec une forte contraction dans le secteur des flottes
.Contraste des motorisations : Alors que les ventes globales stagnent ou baissent, les voitures électriques continuent de progresser, avec une forte hausse en France (+48,2% sur les quatre premiers mois).
Situation en France : Les immatriculations ont légèrement baissé de 0,26% en avril.Performance des constructeurs : Le groupe Volkswagen progresse (+5,4%), tandis que des marques comme Toyota (-17,5%), Hyundai (-14%) et Ford (-22%) sont en difficulté.

Persée chinoise : Les marques chinoises, comme MG Motor (+59,5%) et BYD (+22,7%), poursuivent leur croissance grâce à une offre électrique agressive.
Facteurs de baisse : La baisse du marché est expliquée par une forte augmentation des prix des véhicules, une fiscalité automobile plus lourde (malus) et une baisse du pouvoir d'achat.

Conclusion : l'écroulement du marché automobile (en bourse, moins 20%, c'est un gros crash) est révélateur de l'ensemble de l'écroulement de l'économie européenne.
Mais c'est pas grave, on est des champions, on est des champions !
Les mensonges ne mènent nulle part.

Le marché automobile européen traverse une crise profonde depuis 2020-2021, caractérisée par une baisse structurelle des ventes (chute de 29 % entre 2019 et 2022), le retour à des niveaux d'immatriculation datant de 1995, et une chute de la production en Europe de l'Ouest.
Cette implosion est causée par la pénurie de composants, la crise énergétique, le virage forcé vers l'électrique et la perte de compétitivité en Chine.
Voici les points clés de l'effondrement du secteur automobile européen (2021-2026) :
Chute vertigineuse des ventes et bénéfices : En 2022, les ventes ont chuté de 5 %, atteignant un plancher de 9,2 millions d'unités, loin des standards pré-crise.
En 2025, la crise s'aggrave : le bénéfice d'exploitation de Porsche a chuté de 99 % en 12 mois, et le groupe Volkswagen a perdu une part massive de sa capitalisation boursière depuis 2021
.Perte du marché Chinois : Les constructeurs allemands (Audi, BMW, Mercedes, VW) ont vu leur part de marché s'effondrer en Chine, dépassés par les marques locales (BYD, Xiaomi) qui proposent des véhicules perçus comme technologiquement plus avancés.
Virage électrique difficile : La transition vers le tout-électrique (objectif 2035) désavantage les constructeurs européens face à la Chine.
Bien que les ventes d'électriques augmentent, elles peinent à remplacer la rentabilité des moteurs thermiques en déclin.
Problèmes structurels et géopolitiques : La pénurie de semi-conducteurs (depuis 2021) et l'explosion des coûts de l'énergie (liée à la guerre en Ukraine) ont durablement fragilisé la chaîne d'approvisionnement.
Conséquences industrielles : La production automobile européenne est en net recul, passant de 16 millions de véhicules en 2005 à environ 10 millions récemment.
En 2026, la crise se poursuit avec des baisses de ventes continues pour des constructeurs comme Renault (-16 %), Peugeot (-21 %) et Volkswagen (-21 %) en France.

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