Capacité, calendrier et financement
Baptisé Neomat CAM, le projet vise le marché européen avec une capacité nominale de 40 000 tonnes par an, de quoi équiper jusqu’à 500 000 véhicules électriques selon l’entreprise. La première production est annoncée pour la fin de 2028, conformément au calendrier industriel présenté lors de la cérémonie de lancement.
L’investissement total s’élève à 500 millions d’euros. Orano indique qu’une partie de ce montant bénéficiera du crédit d’impôt pour l’industrie verte (C3IV). Institué par la loi de finances pour 2024, ce dispositif fiscal cible notamment les chaînes de valeur des batteries en France et a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2028.
Gouvernance, emplois et R&D
Neomat CAM est une coentreprise détenue à 51% par le chinois XTC New Energy, filiale de Xiamen Tungsten Company, et à 49% par Orano. Le site est implanté sur le port de Dunkerque, dans l’écosystème désigné comme « vallée de la batterie » des Hauts-de-France.
Selon Orano, le chantier mobilisera près de 400 personnes et l’exploitation générera 400 emplois directs à l’ouverture, avec un objectif de 90% de recrutements locaux. « Le projet inclut également un centre de recherche et développement à Dunkerque, dès la mise en service de notre usine », a déclaré à l’AFP Philippe Hatron, directeur du programme batteries d’Orano.
Ancrage dans la vallée de la batterie et débouchés
Les débouchés identifiés sont les gigafactories régionales. « Cette usine s’articule parfaitement bien dans cet écosystème de la vallée de la batterie, puisque nos clients sont les gigafactories, et nous en avons trois importantes dans la vallée », a souligné M. Hatron. Les fabricants de batteries installés en France sont concentrés dans les Hauts-de-France : ACC (coentreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies), AESC (groupe Envision), la start-up française Verkor et le taïwanais ProLogium.
Neomat CAM prévoit, sous réserve de conditions de marché favorables, de porter ensuite sa capacité à 80 000 tonnes par an. Cette montée en puissance permettrait d’équiper environ 1 million de véhicules, soit près de 10% du marché européen à l’horizon 2035, d’après les projections communiquées par Orano.
Signal politique et calendrier industriel
Le ministre de l’Économie Roland Lescure, présent à la pose de la première pierre le 29 mai 2026, a salué « un maillon essentiel de l’électrification ». Il a ajouté que cette coentreprise « va montrer qu’on peut travailler, la France et l’Europe d’un côté, la Chine de l’autre, de manière à être gagnant-gagnant, pas dans une logique de compétition délétère, mais dans une logique de collaboration, qui construira l’avenir ».
Au plan industriel, la trajectoire prévoit la mise en route opérationnelle fin 2028, après les phases d’ingénierie détaillée, de construction et de qualification produit. D’après les partenaires, la capacité de 40 000 tonnes de matériaux actifs de cathode constitue l’étape initiale avant une éventuelle duplication des lignes pour atteindre 80 000 tonnes, en fonction des commandes des constructeurs et équipementiers européens.
La dernière étape de la préparation du projet a été franchie début mars 2026 avec la décision d’investissement, préalable à la séquence de travaux ouverte par la cérémonie du 29 mai 2026.