- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les prix du pétrole augmentent lundi, avec de nouvelles frappes contre des infrastructures pétrolières aux Moyen-Orient et le blocage persistant du détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du trafic mondial de pétrole.
Le cours du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, a avancé de 3,20% à 103,42 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en avril, a gagné 2,90% à 96,21 dollars.
Au 18e jour du conflit, "le marché pétrolier reste influencé par les perturbations observées au niveau de l'approvisionnement, auxquelles s'ajoutent de nouvelles attaques contre les infrastructures pétrolières", résume auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
Déjà touchée la veille, la zone industrielle pétrolière de Fujaïrah, sur la côte est des Emirats arabes unis, a été visée par une nouvelle attaque de drones qui a provoqué un incendie.
Ce hub pétrolier est essentiel pour le pays car il permet de détourner une partie des barils actuellement bloqués par la quasi paralysie du transport maritime dans le détroit d'Ormuz.
Le président américain Donald Trump a d'ailleurs appelé les pays de l'Otan à porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser cette artère maritime stratégique.
"Mais les réactions à ce sujet sont allées de la prudence au rejet catégorique", remarque Carsten Fritsch, de Commerzbank.
"Nous ne sommes pas partie prenante au conflit et donc jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel", a dit ainsi le président français Emmanuel Macron. Londres et Berlin se sont aussi montrés plus que réservés.
Donald Trump a reproché une "erreur vraiment stupide" aux pays de l'Otan, tout en assurant mardi n'avoir finalement "plus besoin d'aide".
Le président du Parlement iranien a, lui, avertit mardi que le détroit d'Ormuz ne retrouvera pas à son fonctionnement d'avant-guerre, sans plus de détails.
"À mesure que les jours passent, il devient de plus en plus difficile de compenser la perte de barils" liée à la guerre au Moyen-Orient, note Andy Lipow.
Si le conflit venait à se prolonger "pendant encore trois ou quatre semaines", l'analyste estime que le prix du baril pourrait atteindre les 120 dollars.
Pour palier les conséquences économiques du conflit, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé de débloquer 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques.
Une décision d'une ampleur sans précédent depuis un demi-siècle et l'AIE est prête à en débloquer davantage.
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