Raids israéliens, ripostes iraniennes et mesures de sécurité

Des explosions ont été signalées à Téhéran ainsi que dans les villes de Tabriz et d'Ispahan, tandis que l'armée israélienne indiquait avoir visé des « cibles militaires appartenant au régime terroriste iranien » dans l'ouest et le centre du pays. L’armée avait prévenu qu’elle frapperait « avec force » après deux salves de missiles tirées depuis l’Iran vers Israël, affirmant qu’elles avaient toutes été interceptées.

Téhéran a qualifié ses tirs « d’avertissement » en réaction à un bombardement israélien dans la banlieue sud de Beyrouth qui a fait deux morts et 20 blessés malgré une trêve théoriquement conclue entre le Liban et Israël. « Le régime terroriste iranien a commis une grave erreur en choisissant une nouvelle fois la voie du terrorisme », a déclaré le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin. Londres a appelé « les deux parties à la retenue et à une désescalade immédiate », selon la cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper sur X.

Israël a ordonné la fermeture de toutes les écoles. L’Irak a décidé de fermer temporairement son espace aérien, la Syrie l’ayant fait partiellement, tandis que l’Iran a fermé l’espace aérien de sa partie ouest. Les vols à l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre, selon l’agence iranienne Mehr. Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs annoncé avoir visé des « groupes terroristes » à Souleimaniyé, au Kurdistan irakien.

Pressions sur l’énergie et les routes maritimes

Après cent jours de guerre et deux mois d’un cessez-le-feu fragilisé, les deux pays se sont déjà affrontés à plusieurs reprises autour du détroit d'Ormuz, ce qui alimente les risques pour les marchés pétroliers et la navigation régionale. Washington affirme vouloir dissocier les fronts libanais et iranien, une position rejetée par Téhéran qui juge ces théâtres indissociables.

Le détroit d’Ormuz a acheminé en 2024 environ 20 millions de barils par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie. ([eia.gov](https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65504+&utm_source=openai)) En 2025, ce passage a aussi pesé fortement dans le commerce mondial de GNL, l’AIE estimant qu’environ 19 % des flux planétaires y ont transité, avec une forte dépendance du Qatar et des Émirats arabes unis. ([iea.org](https://www.iea.org/data-and-statistics/charts/share-of-strait-of-hormuz-flows-in-the-global-lng-balance-2021-2025?utm_source=openai))

Calculs diplomatiques et incertitudes

Selon Axios, Donald Trump s’est entretenu dimanche soir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour éviter une riposte susceptible de compromettre un accord en discussion avec l’Iran, sans compte rendu officiel à ce stade. Le président américain aurait répété que Washington et Téhéran étaient « très proches » d’un texte, tout en déplorant les frappes iraniennes jugées contre-productives pour les négociations.

Les points d’achoppement restent multiples : situation au Liban, sécurité du détroit d’Ormuz, programme nucléaire iranien et stock d’uranium hautement enrichi, ainsi que le devenir des avoirs iraniens gelés. Les échanges diplomatiques se poursuivent, le ministre pakistanais de l’Intérieur Mohsin Naqvi étant à Téhéran avec une « lettre spéciale » adressée au guide suprême Mojtaba Khamenei, tandis que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a consulté ses homologues britannique et turc ainsi qu’un médiateur pakistanais.

À Téhéran, l’incertitude économique pèse sur la population, et les autorités affirment avoir agi « après plus d’un mois de retenue » face à des « violations » du cessez-le-feu au Liban. Les vols à l’aéroport Imam Khomeini demeurent suspendus jusqu’à nouvel ordre, selon Mehr.