La France, leader européen de l'injection de biométhane dans les réseaux

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La France a augmenté de 13 % ses capacités de production de gaz renouvelable l'an dernier, se hissant sur la première marche du podium en Europe, avec des capacités équivalentes à la consommation annuelle d'environ 1 million de foyers, selon le Panorama des gaz renouvelables 2025 publié jeudi.

15,5 TWh de capacités d'injection par an

"La France, en 2025, est devenue le leader de l'injection de biométhane dans les réseaux, devant l'Allemagne, devant le Danemark", s'est félicitée Sandrine Meunier, la directrice générale de NaTran, principal gestionnaire du réseau de transport de gaz, lors d'une conférence de presse.

Elle disposait de 803 sites d'injection de gaz renouvelables dans les réseaux gaziers à la fin de l'année dernière, qui ont permis de couvrir 3,9 % de la consommation de gaz en France en 2025, selon le rapport annuel de la filière (Syndicat des énergies renouvelables, Gaz et Territoires, GRDF, NaTran et Teréga).

Cela représente 15,5 térawattheures (TWh) par an de capacités d'injection en service, qui ont permis de produire 13,6 TWh de biométhane en 2025, précise le document.

Les gaz renouvelables sont majoritairement issus de la méthanisation de biodéchets (agricoles, ménagers, boues de stations d'épuration...) et injecté dans les réseaux gaziers. Le résidu après méthanisation, appelé digestat, est ensuite épandu sur les champs, en remplacement d'engrais chimiques.

Certificats de Production de Biogaz (CPB)

La filière se dit par ailleurs prête à répondre aux objectifs définis par la feuille de route énergétique de la France, qui prévoit une production de 44 TWh de biométhane d'ici 2030.

Elle demande néanmoins d'étendre au-delà de 2028 la trajectoire de restitution des Certificats de production de biogaz (CPB), un mécanisme de financement extrabudgétaire pour soutenir le développement du biométhane en France.

Il impose aux fournisseurs depuis le 1er janvier 2026 d'incorporer du biométhane dans leurs offres de gaz, à hauteur de 4% pour 2028, mais la trajectoire au-delà de cette échéance, qui conditionne les décisions d'investissement dans le biométhane, n'a pas encore été publiée par le gouvernement.

"On a une trajectoire 2026-2028, on a besoin d'une trajectoire supplémentaire" pour que les porteurs de projets puissent avoir de la durée pour effectivement investir, a expliqué Stéphane Gorisse, le directeur développement gaz verts de GRDF, lors de cette conférence de présentation du rapport.

Commentaires

CSNM
806 méthaniseurs pour 13 TWh !!! Donc 2500 pour 44 TWh ? Quelle biomasse et quelle surfaces gâchées ? Et quelle accidentologie ? Presque 800 accidents de méthanisation aujourd'hui, de quoi se poser des questions sur le bien fondé des subventions exhorbitantes allouées à cette filière. Et quels GES ? Le CSNM montre que la méthanisation émet 6 fois plus de GES que l'utilisation du gaz naturel ...
Silicate
le méthane, soit il part dans l'athmospère, Et le méthane a un pouvoir de réchauffement plus de 80 fois supérieur à celui du CO2) soit on le récupère pour en faire de l'énergie (qu'on importera pas) et du CO2 (qui est 80 fois moins réchauffant que le méthane). LA balance des avantages est considérable par rapport aux inconvénients
En 2 mots
Quelle manipulation!!! Le biogaz n'est pas renouvelable, en effet le processus chimique detruit la biomasse qui ne pourra plus jamais produire de nouveau du biogaz. De plus , comme le dit CSNM, les trés couteuses subventions font de cette source de gaz un produit fort couteux pour nos finances, sans parler des impacts déleteres sur le climat et la nature.
Silicate
vous préférez le laiser partir dans l'athmospère ? alors que le méthane a un pouvoir de réchauffement plus de 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone
En 2 mots
Si la biomasse retourne directement à la terre sous forme d'humus, comme le fait l'agriculture bio, la production de méthane est ridiculement faible, à l'opposé des méthaniseurs pour lesquels la production de méthane est le principal objectif. D'où l'interet de ne pas produire ce gaz dans des systemes industriels qui laisse partir directement jusqu'à la moitié de leur production dans l'athosphere, le reste est brulé et produit du CO2.
CSNM
Le méthane des bovins est éructé et pas récupéré. Celui des fermentations "en bout de champs" provient d'une mauvaise habitude: laissé en tas le méthane se forme, étalé, il ne se forme pas. Et provient surtout des élevages intensifs qui entrainent énormément d'autres émissions non comptabilisées. En revanche, les fuites de méthane sur méthaniseurs sont éloquentes, 4,8% du total produit, et si on comptabilise toute la chaine des émissions, c'est bien plus.
kaiox
Bonjour, parceque coté pollution c'est mieux quand ça vient du moyen orient, des USA ou de la russie? Sans coté les petits problèmes de dépendance que l'on redécouvre depuis 2022 (la même question se pose pour plein de métaux critiques qui vienne majoritairement de Chine) Et un revenu complémentaire pour nos agriculteurs Je vais pas dire que c'est le rêve mais dans le contexte actuel ça me parait plutôt à développer. Coté cout c'est cher mais si on a une pénurie de gaz, le gaz naturel peut finir par devenir plus cher, et une partie de l'aspect coût vient de la massification des installations (en france on n'aime pas mais les volumes contribue à faire les prix..)
En 2 mots
effectivement les agriculteurs devraient , au même titre que les paysans , avoir la possibilité de vivre pleinement de leur travail en produisant des produits alimentaires de bonne qualité sanitaire sans avoir besoin de revenu annexe , qui plus est produits par des pratiques de nature toxique. Le productivisme axé sur le quantitatif est pénalisant sur de nombreux plans et surtout socio-économiques. Ceci dit l'agrovoltaisme est beaucoup moins impactant que les méthaniseurs, celà pourrait etre un pis aller.
kaiox
Bonjour En 2 mots, vous ne répondez que sur une partie de ma réponse. Ne pensez-vous pas que moins dépendre de fournisseurs étrangers sur des matière primaire peut être utile? La maitrise de la consommation peut jouer, mais on ne descendra pas à 0, d'où l'intéret d'un gaz produite localement. Personnellement je serais plus rassuré si on n'était pas si vulnérable aux décisions d'un très faible nombre de personnes. ça touche les carburant mais pas que: les engrais, les médicaments, les platiques et composites (oui il en faut moins je sais mais dans certains domaines on n'a pas vraiment de substitut),... Ensuite le méthaniseur est il par essence toxique pour votre alimentation. A priori non, il utilise une partie des culture mais pas tous (et il y'a aussi d'autres source comme le gaz de décharge). Sur les effets toxique socio économique, ils sont plus favorable en utilisant du gaz de méthaniseur, ou du gaz russe, du gaz de shiste américain ou du moyen orient? On ne remplacera pas toutes les importations (question de ressource mais aussi de coût, car c'est plus cher que l'importer sauf très grosse crise comme au début de la guerre en Ukraine, mais ça peut faire un bon amortisseur.

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