Le biogaz, une énergie bon marché pour réduire la déforestation dans l'est de la RDC

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Dans sa cuisine, Julienne Mukelenge ne craint plus les fumées toxiques ni les coupures de courant. Cette habitante de Goma, dans l'est de la RDC, s'est convertie au biogaz, une énergie meilleure marché et moins polluante, produite par une entreprise locale.

Makala

Dans la grande ville de l'est de la République démocratique du Congo(RDC), "le courant coûte cher, mais avec le biogaz, c'est très économique", assure Julienne Mukelenge, vêtue de son tablier de cuisine, devant une marmite enveloppée par des grandes flammes bleues où cuit le repas du soir.

Une grande partie des habitants de Goma, qui en compte près d'un million, sont trop démunis pour s'offrir un accès à l'électricité, et dépendent largement du charbon de bois, appelé "makala", pour leurs besoin quotidiens.

La résurgence du groupe armé M23 soutenu par le Rwanda, fin 2021 dans l'est de la RDC, a causé un afflux de déplacés en périphérie de Goma. Plusieurs centaines de milliers d'entre eux s'entassaient dans des camps de fortune en périphérie de la ville, accélérant la déforestation dans le parc national des Virunga voisin.

Après la prise de la ville par le M23 en janvier 2025, le groupe armé a interdit à Goma l'exploitation du bois dans le parc, une activité qui participe selon lui au financement de milices alliées à Kinshasa, faisant grimper le prix des sacs de charbon.

"Avant j'achetais un sac de +braise+ pour un mois", mais avec "la hausse du prix d'un sac, le gaz ici est moins coûteux", estime Romaine Kanyere, mère de deux enfants.

Une bouteille de 6 kg de biogaz, achetée 8 dollars, couvre les besoin d'un ménage de 3 à 5 personnes pendant près de deux semaines, contre 30 dollars par mois avec le charbon de bois.

Engrais écologique

Le biogaz, issu de la décomposition de matières organiques, est produit depuis 2016 à Goma par une entreprise locale, Umoja, qui dit vouloir proposer une alternative au bois de chauffe, destructeur pour les forêts.

Yves Rubarura, employé d'Umoja vêtu d'une combinaison et lunettes de protection, ramasse chaque semaines "trente charrettes" de fientes dans les poulaillers de l'entreprise et de partenaires locaux, pour remplir les "bio-digesteurs", des puits en ciment où les déchets sont transformés en méthane avant d'être mis en bouteille.

Selon lui, une cinquantaine de ces bio-digesteurs, faciles à construire et à mettre en oeuvre, ont été construits dans la région par l'entreprise, qui affirme distribuer mensuellement 720 kg de biogaz à ses clients.

Cette production artisanale, reste pour l'heure confidentielle. À Goma, les habitants manquent d'espace et de moyens pour construire leurs propres biodigesteurs, selon Victor Materanya, directeur de l'entreprise Umoja. Le stockage pose également problème, en l'absence d'outils adaptés pour pressuriser les bouteilles. Il espère néanmoins développer cette technologie dans les zones rurales, où les agriculteurs qui fournissent le compost peuvent ensuite récupérer l'engrais produit à l'issue du processus de méthanisation.

Serge Bashonga, environnementaliste à Goma, estime que la production de cet engrais peut limiter l'utilisation des engrais chimiques et leurs dégâts environnementaux. Selon lui, le biogaz permet également de réduire les "fumées toxiques liées à l'incinération des déchets" qui empoisonnent l'air de la capitale du Nord-Kivu et le quotidien de ses habitants.

Commentaires

Freudon Saké
Quant en France, les benêts corrompus du dit conseil constitutionnel, interdisent le gaz de houille.
C'est ballot, y'en aurait bien besoin en ce moment.
Preuve de leur nocivité et de leur inutilité, en plus de n'avoir aucune légitimité démocratique.
En 2 mots
Mr Saké, vous n'avez visiblement pas consulté le dossier technique dont les élements ont amené à rejeter l'exploitation du gaz de houille. Si vous etiez riverain de ce type d'exploitation , vous seriez aussi fermement opposés à cette méthode que les locaux le sont. Je vous invite donc à vous renseigner dans l'interet de vos lecteurs.
Freudon Saké
C'est un procédé qui consiste à aspirer les poches de gaz de houille, exactement le même que celui qui consiste à aspirer l'hydrogène blanc, qui lui est autorisé.

L'extraction du gaz de houille (ou gaz de couche) consiste principalement à forer des puits (verticaux ou horizontaux) jusqu'aux veines de charbon pour dépressuriser la roche.
Ce procédé sans fracturation hydraulique, pompe l'eau contenue dans le charbon, libérant le méthane piégé qui remonte alors à la surface.
Principales techniques d'extraction :Forage et Dépressurisation (Méthode principale) : Des puits atteignant 1000 m ou plus sont forés pour atteindre le charbon.
L'eau naturellement présente dans les pores du charbon est pompée, ce qui réduit la pression et permet au méthane de se désorber et de remonter.Forage Horizontal (Dirigé) : Souvent préféré au forage vertical pour augmenter la surface de contact avec la veine de charbon et maximiser la production.

Très important, la production d'hydrogène par pyrolyse, afin d'économiser l'eau et d'émettre le moins de co2 possible, devrait être obligatoire.

Captage du Gaz de Mine (Grisou) : Pendant ou après l'exploitation minière, le gaz est récupéré via des tuyauteries dans les galeries pour sécuriser le site.Cavitation : Technique consistant à créer une zone de dépression autour du puits pour favoriser le dégazage.Caractéristiques :Le gaz ainsi obtenu est composé à plus de 90-95% de méthane.Il s'agit d'une technique de valorisation du "grisou" ou de production directe du charbon non exploité.

Le problème est constitué par les métaux lourds présents dans les eaux.
Les métaux lourds peuvent être récupérés, l'eau peut être transformé en vapeur par des incinérateurs et des centrales à concentration de proximité, accolé à des systèmes ETM pour réduire le coût de production de l'électricité et les métaux lourds vitrifiés par ces mêmes centrales pour produire des gravats pour les routes.

Après vous pouvez préférer un EPR qui va vous péter au nez et raser toute votre région et des déchets d'une durée de vie de 20 000 ans, qui finiront par contaminer les sols et les nappes phréatiques.

Ce méthane peut produire un gaz carburant sans co2 et de l'hydrogène au meilleur coût, le co2 et l'hydrogène peuvent produire un Efuel beaucoup moins cher que l'Efuel à l'électrolyse nucléaire, véritable but des autocrates de la république.

En attendant que les arbres qui sont à planter le long des clôtures poussent, ce gaz carburant sans co2 est un concurrent facile à mettre en place, face à l'essence qui est du pétrole importé.

Mais pour le moment, souciez-vous surtout des élevages extensifs de la PAC républicaine qui pourrissent vos nappes phréatiques et des produits pétrochimiques qui fabriquent des cancers dans toutes les campagnes, à tel point que la Sécu ruinée ne pourra même plus vous soigner..
En 2 mots
Merci mr Saké pour vos explications techniques qui sont entendables. Elles ne répondent cependant pas à l'explication des motivations avancées par le conseil d'état pour expliquer les raisons du rejet du projet d'exploitation qui portait essentielement sur les méthodes et technologies utilisées dans ce cadre particulier. Je rappele que celles ci avaient un impact insoutenable pour les populations locales.
David Du CLARY
@Freudon saké : le gaz de houille n'a pas la même origine que le biogaz. Que vient donc faire votre commentaire dans un article consacré au biogaz ?
Freudon Saké
C'est exactement la même molécule !

Le biogaz, c'est cher, mais c'est cool pour éliminer les déchets en le mélangeant à du gaz de houille carburant sans co2.

Par contre, les agriculteurs de la FNSEA qui produisent du maïs à grands coups de produits pétrochimiques importés, ça c'est pas cool du tout et c'est pas du tout bio.
Freudon Saké
Pouvez-vous préciser quel impact insoutenable et avec quelle technique ?
S'il s'agit de fracturation hydraulique, il est entendu que cette technique doit-être absolument interdite.
Mais ce n'est pas la technique dont je parle.